France : Mascarade

Alors que le coronavirus était uniquement confiné en Asie, la ministre de la Santé française, Agnès Buzyn, avait été contrainte de quitter son poste pour remplacer au pied levé début février le candidat à la municipale de Paris, Benjamin Griveaux. Le départ de son ministère avait alors été accompagné de beaucoup de larmes, et semblait être un déchirement pour cette parisienne de 57 ans.

À la suite de son arrivée en troisième place, bien derrières ses adversaires, Anne Hidalgo et Rachida Dati, au premier tour des élections municipales, l’ex-ministre de la Santé a laissé son amertume prendre le dessus et s’est déchaînée dans un interview publié dans «Le Monde» contre le président Emmanuel Macron et le gouvernement.

La candidate LREM à la mairie de Paris revient sur les conditions dans lesquelles elle est partie du ministère de la Santé. «Quand j’ai quitté le ministère, assure-t-elle, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu».

Durant la campagne du premier tour des municipales, Agnès Buzyn a été très critiquée pour avoir quitté le ministère en pleine crise du coronavirus. Mais à chaque fois, elle répondait qu’elle voulait être maire de Paris. Lundi, Agnès Buzyn, arrivée troisième du premier tour, a annoncé qu’elle arrêtait sa campagne. Son équipe a d’abord tenté de temporiser en disant qu’elle ne faisait que la suspendre mais qu’elle ne se retirait pas. Mais la candidate a précisé peu après que «dans les semaines qui viennent, je ne peux être que médecin», balayant la suite de la campagne alors que le second tour n’est pas annulé mais simplement reporté.

Dans «Le Monde», elle insiste encore : «Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting». Pire, l’ancienne ministre assure avoir été une des premières à comprendre ce qui allait se passer. Elle raconte avoir averti le Premier ministre dès «le 30 janvier que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir». Ses confidences risquent de jeter encore plus le trouble chez LREM et au gouvernement.

Devant le tollé, Agnès Buzyn a réagi dans un communiqué, mais sans renier ses propos. «Agnès Buzyn regrette la tonalité de cet article et l’utilisation qui en est faite en cette actualité où tout le pays doit être tourné vers la gestion de crise. Elle considère que le gouvernement a été pleinement à la hauteur des défis pour affronter ce virus», est-il écrit dans ce message. Reste que le mal a été fait, et que les premières déclarations, certainement provoquées par l’amertume d’une défaite au premier tour des municipales, ont lourdement impacté la crédibilité d’un gouvernement qui patine déjà face à cette crise inédite et qui devra, une fois la pandémie surmontée, répondre de ses (trop ?) nombreux manquements et faux pas, même si la France, et loin s’en faut, n’est pas le seul pays à avoir mal géré la propagation du Covid-19.

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