Algérie : Tebboune hausse le ton

Le combat de tous

Le président de la République a décidé une série de sanctions à l’encontre de fonctionnaires et d’élus locaux qui se sont rendus coupables de comportements délictueux à l’endroit de la collectivité dont ils sont censés avoir la charge. Cela a un nom et le chef de l’Etat n’a pas hésité à le prononcer. C’est la corruption. A travers cette manière très différente d’opérer, si on le comparait à ses prédécesseurs, Abdelmadjid Tebboune n’hésite pas de descendre personnellement dans l’arène et aller chercher le corrompu où qu’il se trouve.

Par cette façon d’agir, le président de la République met clairement en évidence la volonté politique, au plus haut de l’Etat dans la lutte contre la corruption.

Il faut dire que ces dernières années, cette tare qui pourrit la vie de la République fait régulièrement parler d’elle. Les occasions ne manquent pas. Les procès retentissants témoignent de la gabegie et de l’impunité dont bénéficiaient certains pontes de l’ancien système. Et les couvertures médiatiques «tonitruantes» remettent systématiquement le sujet au devant de la scène. Il est même arrivé que des organisations nationales de promotion et de protection des Droits de l’homme aient eu des propos assez dures, mais tout de même nécessaires à dire, pour tirer la sonnette d’alarme et mettre le pays à l’abri de groupes mafieux qui représentent une réelle menace contre la nation.

C’est dire que la corruption a atteint des niveaux susceptibles de constituer un danger pour la stabilité du pays. N’était-ce la maturité de la société algérienne qui a mené son mouvement populaire pacifiquement, de bout en bout, l’Algérie aurait peut être précédé le Liban dans l’instabilité que vit ce pays présentement.

Il faut dire que même si les critiques se font nombreuses, il serait exagéré de dire que l’Etat avec toutes ses institutions, ainsi que la société, sont coupables de grave négligence. Il est vrai qu’on ne peut pas laisser les choses s’empirer de la sorte dans un pays qui a vu plus d’un million et demi de martyrs donner leur vie. Le « carton rouge » brandi par les Algériens à partir du 22 février 2019 et le positionnement plus qu’honorable de tous les corps de sécurité qui ont protégé le mouvement populaire, témoignent de la vitalité d’une nation qui ne veut pas sombrer sous les coups de boutoirs des corrompus et des corrupteurs. L’Algérie, c’est bien plus grand que ça, ont dit les Algériens dans leur élan «libérateur ».
Par Nabil.G

Ouest Tribune, 14 août 2020

Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, corruption,

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