Algérie : Le MAE répond au dérapage du consul du Maroc à Oran

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, avait convoqué l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Alger. L’objet de la convocation concernait des propos tenus par le Consul général du Maroc à Oran devant des ressortissants du royaume bloqués en Algérie et que Rabat refusait de rapatrier. Le diplomate avait qualifié l’Algérie de «pays ennemi» du Maroc.
La brouille diplomatique entre Alger et Rabat, consécutive aux propos, pour le moins déplacés, du consul général marocain à Oran affirmant que l’Algérie était un pays ennemi du Maroc, n’est pas prête de connaître son épilogue. Ainsi, au lendemain de la déclaration du ministre marocain des Affaires étrangères, le porte-parole du ministère algériens des Affaires étrangères a mis les points sur les « i », l’occasion d’une réponse à une question de l’APS, a clairement indiqué que le rappel du Consul général du royaume s’est opéré à l’initiative exclusive de son pays.

«Les démarches, conformes à la pratique diplomatique universelle, entreprises par le Gouvernement algérien pour dénoncer le grave dérapage du consul général marocain et appeler la partie marocaine, dans des termes appropriés et sans équivoque, à prendre les mesures qui s’imposent, lesquelles ne peuvent avoir une autre acception ni autre interprétation que celle du rappel par le Maroc de son consul à Oran», a rappelé le porte-parole du MAE. Cette déclaration vient corriger la déclaration faite à l’agence de presse marocaine (MAP) par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nacer Bourita, le 9 juin 2020, dans laquelle il affirme, entre autres, que le rappel dudit Consul était le fait de l’Etat marocain.

«Cette exigence de la partie algérienne a été réitérée dans des termes clairs et directs à l’occasion des entretiens téléphoniques qui ont eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, suite à cet épisode malheureux», a indiqué M. Benali-Cherif.

Rappelons que le 13 mai dernier, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, avait convoqué l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Alger. L’objet de la convocation concernait des propos tenus par le Consul général du Maroc à Oran devant des ressortissants du royaume bloqués en Algérie et que Rabat refusait de rapatrier. Le diplomate avait qualifié l’Algérie de «pays ennemi» du Maroc.

Il a été signifié à l’ambassadeur du Maroc que «la qualification par le Consul général du Maroc à Oran, si elle venait à être établie, de l’Algérie de “pays ennemi” est une violation grave des us et coutumes diplomatiques, qui ne saurait être tolérée. C’est également une atteinte à la nature des relations entre deux pays voisins et deux peuples frères, ce qui requiert des autorités marocaines la prise des mesures appropriées pour éviter les répercussions de cet incident sur les relations bilatérales», rapportait, en son temps, un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Quelques jours après cette convocation, Rabat a dépêché un avion à Oran pour rapatrier les Marocains bloqués en Algérie. Le Consul par qui la brouille est arrivée était logiquement sur la liste des partants. Le ministre conseiller à la communication auprès de la présidence de la République qui en est également le porte-parole a confirmé le départ du Consul général. C’est cette confirmation qui a fait réagir Rabat.

La réaction d’Alger clôturera cet énième épisode du long feuilleton de la brouille algéro-Marocaine ? L’avenir nous le dira.

Nadera Belkacemi

Ouest Tribune, 13 juin 2020

Tags : Algérie, Maroc, Consul du Maroc à Oran,

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