Algérie-France: Le sens d’un rapprochement

L’occasion de l’Aïd El Adha fait immanquablement réagir une catégorie de Français qui mettent en évidence certains aspects de la fête religieuse et tentent de stigmatiser les musulmans en ciblant spécifiquement les Algériens. «Le mouton dans la salle de bain» de l’ancien président Nicolas Sarkozy est entré dans le lexique de ceux qui veulent édifier un mur culturel infranchissable entre les Algériens et les Français, deux peuples qui se font face, qui ont besoin de solder le passé et se projeter vers l’avenir.

L’Aïd El Adha n’est peut être pas la meilleure opportunité pour évoquer la question algéro-française, mais il est clair que ça reste « l’arme favorite » des nostalgiques de l’Algérie française et des racistes. On entendra donc des vertes et des pas mûres sur les Algériens, histoire de masquer les crimes coloniaux commis par la France en Algérie.

Mais cette catégorie de Français que le président Tebboune a su identifier, ne retardera pas indéfiniment le « nouvel âge » entre les deux pays et que l’ancien président français, François Hollande, en avait fait l’une de ses priorités. Ces derniers jours et à travers la désignation de deux historiens, algérien et français, pour plancher sur le passé commun, relancent la perspective d’un « nouvel âge », même si rien n’est véritablement acquis. La charge récente contre Benjamin Stora en dit long sur les relents de haine, tapis dans certains esprits étroit de l’Hexagone.

A voir l’attitude responsable du président français en exercice, Emmanuel Macron, la France a bien compris que son intérêt est dans un traitement d’égal à égal de son voisin du sud et néanmoins ancienne colonie. D’ailleurs, les officiels français ont bien saisi l’attachement des Algériens à leur souveraineté et leur dignité et que la seule manière de faire des affaires avec l’Algérie, c’est de changer de logiciel des rapports qu’ils entretiennent avec leur homologues.

Faire rencontrer les deux historiens les dossiers mémoriels et historiques, tout en consolidant la coopération économique suppose qu’il y a une réelle détermination à construire un pont sur la Méditerranée et de le renforcer pour le rendre très résistant à toutes les attaques d’où qu’elles viennent. Cet «empressement », du reste positif, se traduit par cette invitation adressée au président Tebboune de visiter la France dans le cadre d’une visite d’Etat, dès que les conditions sanitaires le permettent. La France est donc décidée d’aller au fond de sa nouvelle logique de coopération et l’Algérie saisit l’occasion pour refonder les relations entre les deux pays. Une nouvelle page qu’aucune critique des «ultras» sur l’Aid El Adha ne saurait déchirer.
Par Nabil.G

Ouest Tribune, 30 juil 2020

Tags : Algérie, France, mémoire, colonisation,

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