Algérie : Ce que nous devons au Covid 19

Tout en nous inclinant devant les centaines de milliers de morts à travers le monde, victimes de cette pandémie du Covid 19, il ne serait pas inopportun de relever ce que ce virus a apporté d’autre à l’humanité et dans notre cas, à la société algérienne.

Après 58 ans d’indépendance, de gouvernance quasi dictatoriale, de discours lénifiants, de fausses Constitutions taillées sur mesure pour le maître du moment… vint un mouvement populaire pour crier un « Basta » et contraindre les puissants et leurs cours à négocier un départ faute de se soumettre à la justice. L’élan du mouvement contestataire a été certes brisé à cause de cette pandémie mais a laissé les fondements d’une nouvelle Algérie dont tous les acteurs officiels de la scène politique nationale, revendiquent la paternité.

Les appels de la rue au changement, ont trouvé écho chez le virus (sic) qui en a imposé la réalisation aux décideurs.

En effet, il y a trois mois, nul n’aurait parié que notre système de santé pouvait -malgré un flottement compréhensible- réagir aussi promptement face à une crise d’une telle ampleur. Et pourtant, sauf à être de mauvaise foi ou ingrat, ce qui a été mis en branle par le ministère de la santé en un laps de temps très court est à applaudir même si comme diraient certains, il n’a fait que son travail.

Un mois après le début de cette crise sanitaire en Algérie, on en est à ramasser des sacs de semoule dans les poubelles alors qu’il y a quinze jours, les gens s’entretuaient pour le produit. Il en est de même pour les autres produits alimentaires de première nécessité.

L’huile, le sucre, la pomme de terre… inondent les marchés à des prix moins élevés pour certains articles.

Mieux encore, l’algérien a appris à se passer du cash et utiliser les cartes bancaires pour ses achats et entrer de plain-pied dans le e-paiement, qui a pourtant toujours existé. Il fallait juste un déclic et c’est dommage qu’il soit de cette nature-là. Mais passons !

L’hygiène individuelle et collective se sont invités dans notre quotidien induisant de nouveaux comportements du vivre-ensemble que l’on croyait pourtant innés ; ont fait évoluer comme par magie les relations sociales par le respect –entre autres- de la distanciation qu’imposent les mesures de prévention contre la pandémie.

L’algérien est devenu discipliné malgré lui, pour forcer le trait.

Ranimer le système de santé ou secouer celui bancaire et pousser les spéculateurs à jeter l’éponge en un laps de temps aussi court, on le doit à cette pandémie mais aussi et surtout aux hommes et femmes qui ont eu à gérer la situation à tous les niveaux.

Aussi, la menace sanitaire avec son lot de drames a permis à un gouvernement de moins de cent jours, de gérer une situation qui aurait pu être autrement plus meurtrière. Ceux qui s’écorcheraient la langue en admettant cette réalité ne peuvent pas nier que sous le règne de l’ex président ; Haddad aurait pris le marché des masques, Kouninef celui des respirateurs, Tahkout pour les ambulances… et on aurait compté des milliers de morts.

Les professionnels de la critique « académique » par médias ou réseaux sociaux interposés, gagneraient à changer de fusil d’épaule. Des millions de vies sont en jeu. Les leurs étant vendues au diable.

M.C

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Tags : Algérie, pandémie, covid19, coronavirus, Hirak,

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