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Alors que le monde retient son souffle face aux tensions croissantes entre grandes puissances, l’Afrique redevient, discrètement mais sûrement, un théâtre central d’ambitions croisées. La
Russie et la
Chine y mènent une offensive simultanée, mêlant économie, défense et influence, avec une intensité renouvelée depuis 2023. Ce mouvement, apparemment coordonné dans ses effets, redessine en profondeur les équilibres stratégiques sur le continent.
La
Chine, fidèle à sa stratégie d’ancrage par les infrastructures, a consolidé son rôle de partenaire économique privilégié de nombreuses capitales africaines. Ports, chemins de fer, autoroutes, zones industrielles, la présence matérielle de Pékin est omniprésente. En 2025, plus de 1 500 entreprises chinoises opèrent en Afrique, appuyées par des lignes de crédit généreuses, des projets clés en main, et une rhétorique rassurante : “zéro ingérence, coopération gagnant-gagnant”.
Ce déploiement économique est aussi un acte politique. En s’appuyant sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Pékin entend faire de l’Afrique non seulement un débouché commercial, mais aussi un levier diplomatique dans les forums internationaux. L’Occident, lui, semble affaibli, entre repli stratégique et perte de crédibilité postcoloniale.
occupe les vides, lentement mais sûrement, et façonne une image de puissance amie, bâtisseuse, patiente.
La
Russie, en revanche, agit sur un autre registre. Moins présente dans les tableaux de chiffres, elle s’impose dans les zones de turbulence sécuritaire. Depuis le retrait partiel de la
France au Sahel,
a renforcé son ancrage dans plusieurs États fragilisés — notamment le
Mali, la
République centrafricaine, ou le
Burkina Faso — par l’envoi de “conseillers militaires”, la signature de contrats d’armement, ou le recours à des sociétés de sécurité privées. Le souvenir de Wagner flotte encore, mais a cédé la place à d’autres entités, plus discrètes, tout aussi efficaces.
Cette projection russe repose sur une équation simple : sécurité contre silence. Elle séduit des gouvernements en quête de stabilité immédiate, lassés des conditionnalités occidentales, et peu enclins à faire de leur gouvernance un sujet de débat international. Cette dynamique nourrit une dépendance nouvelle, où la protection se paie souvent d’un alignement implicite sur les intérêts russes dans les votes onusiens ou les prises de position diplomatiques.
À cette influence militaire et économique s’ajoute un troisième front : celui de l’information. Les canaux médiatiques
et
amplifient leur présence en Afrique. Chaînes satellitaires, contenus traduits en swahili, en haoussa ou en arabe, comptes viraux sur les réseaux sociaux, tout concourt à installer un récit alternatif. Ce récit célèbre la souveraineté, la tradition, la résistance aux normes occidentales, et trouve un écho croissant auprès des jeunesses africaines.
Mais cette double offensive n’est pas sans conséquences. Elle fragilise les mécanismes collectifs du continent : l’Union africaine, la CEDEAO ou la SADC se trouvent parfois marginalisées au profit d’accords bilatéraux négociés à huis clos. La cohésion continentale s’effrite, au risque de voir les rivalités interafricaines s’exacerber, selon les affinités géopolitiques de chacun.
Face à cette montée en puissance du pôle russo-chinois, les
États-Unis s’efforcent de reprendre pied sur le continent. Le 10 juillet 2025, Donald Trump a convié cinq chefs d’État africains à
Washington pour sceller de nouveaux partenariats. Sous couvert de “deal équitable”,
mise sur le secteur privé, promettant des investissements massifs dans l’énergie, les télécoms et les infrastructures. Mais ces offres s’accompagnent d’exigences strictes : alignement sécuritaire, ouverture des marchés, et transparence des régimes.
entend également contrer l’influence médiatique adverse en relançant des initiatives de soft power ciblées, notamment à travers la création de fonds pour les médias indépendants africains, la multiplication des bourses d’études, et le renforcement des programmes culturels bilatéraux. Si l’approche américaine diffère dans la forme, elle vise, elle aussi, à s’imposer dans l’esprit des élites et des jeunesses africaines. La bataille pour l’Afrique se joue désormais autant sur les câbles à fibre optique que dans les chancelleries.
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