Le Maroc n’est pas prêt de laisser tomber Ceuta et Melilla (ex-chef des services secrets espagnols)

Pour l’Espagne, Ceuta et Melilla est un défi diplomatique au Maghreb, selon Jorge Dezcállar, ancien directeur du CNI et ancien ambassadeur au Maroc

Dans un contexte géopolitique marqué par la tension en Afrique du Nord et au Maghreb, Ceuta et Melilla restent deux points de friction clés dans les relations entre l’Espagne et le Maroc. Ces deux villes autonomes espagnoles, situées sur la côte nord-africaine, ont été historiquement l’objet de revendications territoriales du Maroc, qui les considère comme faisant partie de son territoire. Cette revendication est restée vive depuis l’indépendance du Maroc et, bien que son intensité varie, elle n’a jamais disparu.

Jorge Dezcállar, ancien directeur du CNI et ancien ambassadeur au Maroc, a déclaré dans une interview au journal La Razón que cette question est une question éternelle. Les pressions sur Ceuta et Melilla fluctuent en fonction du contexte de la relation bilatérale, mais la revendication reste un pilier de la politique étrangère marocaine. « Si quelqu’un pense qu’un jour le Maroc va renoncer à ces revendications, il se trompe, c’est une question aussi enracinée que celle de Gibraltar dans le cas de l’Espagne », assure Dezcállar.

La fermeture des frontières de Ceuta et Melilla depuis 2019 est un autre aspect qui souligne la complexité de la situation. L’Espagne n’a pas trouvé de solution définitive pour rouvrir ces points de passage frontaliers, qui sont essentiels tant pour l’économie des villes que pour la vie quotidienne des habitants. Dezcállar, comme d’autres analystes, déplore que l’Espagne ait fait une concession concernant le Sahara sans obtenir de garanties claires concernant la normalisation des frontières. Le mécontentement grandit en constatant que le Maroc adopte une stratégie d’asphyxie économique envers Ceuta et Melilla, utilisant la fermeture des frontières comme un outil de pression.

L’ancien ambassadeur critique également l’inaction du gouvernement espagnol pour s’assurer que les autorités marocaines acceptent la proposition d’une solution plus équitable permettant de rouvrir ces frontières. « Le Maroc n’acceptera jamais un référendum sur l’autodétermination au Sahara, et c’est quelque chose que le gouvernement espagnol aurait dû prendre en compte lors de la prise de ses décisions », souligne Dezcállar.

Défi pour la diplomatie espagnole

La permanence de la question de Ceuta et Melilla comme l’un des points les plus chauds de la diplomatie espagnole souligne le défi auquel est confronté le gouvernement de Pedro Sánchez dans sa relation avec le Maroc. Le manque de consensus interne en Espagne sur le virage de la politique étrangère concernant le Sahara occidental a généré des frictions. Cette désorganisation interne pourrait affecter la capacité de l’Espagne à gérer avec succès la relation complexe avec le Maroc, en particulier sur des questions sensibles telles que l’autonomie de Ceuta et Melilla.

Dezcállar réfléchit également à la paradoxe que représente la situation à Ceuta et Melilla, en indiquant que le changement de position espagnole sur le Sahara a laissé l’Espagne dans une position vulnérable. « On ne peut pas s’attendre à ce que les problèmes de Ceuta et Melilla soient résolus sans un travail diplomatique plus efficace », commente-t-il.

Un avenir incertain : vivre avec les différences

L’évolution de la situation de Ceuta et Melilla reste incertaine. La revendication marocaine, loin de disparaître, semble se consolider dans un contexte régional plus large. Cependant, la clé de la diplomatie espagnole sera de savoir comment vivre avec ces différences, comme le souligne Dezcállar, qui rappelle une réflexion du roi Hassan II du Maroc : « Il ne faut pas insulter l’avenir ». Malgré les frictions, la relation entre les deux pays restera cruciale, et la gestion des conflits à Ceuta et Melilla restera un défi diplomatique à long terme.

#Maroc #Espagne #Ceuta #Melilla #JorgeDezcallar #SaharaOccidental

Visited 47 times, 1 visit(s) today

Be the first to comment on "Le Maroc n’est pas prêt de laisser tomber Ceuta et Melilla (ex-chef des services secrets espagnols)"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*