Maroc Leaks : Note diplomatique sur la situation en Centrafrique

Le déploiement, en Septembre prochain des casques bleus, conformément à la résolution 2149 du Conseil de Sécurité des Nations Unies contribuera certainement au retour de la sécurité et de la stabilité en RCA. Cependant, si des opérations de désarmement des différents groupes armés (Ex-séléka, anti-balaka et autres groupes armés qui s’activent dans l'illégalité totale) ne sont pas meneées, les troubles actuels que connaît le pays ne cesseront pas, même au-dela des délais prévus pour la tenue d'élections législatives et présidentielles (Février 2015)

Résumé

Le rapport présente une analyse approfondie de la situation en République Centrafricaine en mai 2014, marquée par une instabilité profonde et une crise humanitaire.

Les principaux points abordés sont :

  • Conflit armé: Les affrontements entre les groupes armés Séléka et Anti-balaka persistent, malgré la présence de forces internationales.
  • Intervention internationale: Le déploiement prévu d’une mission de maintien de la paix des Nations Unies est accueilli avec un mélange d’espoir et de scepticisme.
  • Crise humanitaire: La population civile souffre énormément, avec des déplacements massifs et une détérioration des conditions de vie.
  • Menace de partition: La haine entre les communautés musulmane et chrétienne alimente les craintes d’une partition du pays.
  • Divisions internes: Les groupes armés sont eux-mêmes divisés, ce qui complique la recherche d’une solution politique.

Le rapport souligne l’urgence d’une action internationale coordonnée pour:

  • Mettre fin aux hostilités: Un cessez-le-feu durable est nécessaire pour permettre la reconstruction.
  • Protéger les civils: Une meilleure protection des populations civiles est indispensable.
  • Favoriser le dialogue: Un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes est essentiel pour parvenir à une paix durable.

En conclusion, la situation en Centrafricaine reste extrêmement préoccupante, nécessitant un engagement soutenu de la communauté internationale.

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Synthèse des principaux événements récents survenus en Centrafrique / observations

Ambassade du Maroc
Bangui
Réf : N° 50/209/POL/14 Bangui, le 06 Mai 2014

A Monsieur le Ministre des Affaires EtrangeresSR et de la Coopération| – RABAT –

Destinataires principaux : Cab/1-DG7/3
Destinataires CC :Cab/2 -S5G/4- DG8/1

Pour info : Mission Permanente du Maroc a New-York

Objet : Synthèse des principaux événements récents survenus en Centrafrique / observations

I. Présentation des événements : E

1. Mission Multidimensionnelle intégrée des NU en Centrafrique : L’annonce de l’adoption par le Conseil de Sécurité des NU de la résolution 2149 autorisant le déploiement en Centrafrique, à partir du 15 Septembre 2014, d’une Opération de Maintien de la Paix (OMP) a suscité de nombreuses réactions dans le pays. Ainsi, le gouvernement centrafricain qui avait sollicité une telle opération s’est félicité de la réaction positive du Conseil de Sécurité. Il en est de même de certains partis politiques et particulierement ceux réunis dans le cadre de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition en République Centrafricaine (AFDT) présidée par Martin ZIGUELE, ancien Premier Ministre du gouvernement du défunt Président Ange-Félix PATASSE (2001-2003). Bien évidemment, ceux qui n’ont aucun intérêt à ce que les casques bleus agissent pour faire sortir le peuple centrafricain de la souffrance multiforme et du chaos dans lesquels il est plongé, à savoir les forces de la Séléka et des Anti-balaka n’ont pris aucune position claire à ce sujet car, une telle action s’oppose avec leurs intéréts propres : L’accession au pouvoir et ce, à n’importe quel prix.

2. Dés son retour du Cameroun et du Nigéria, en Centrafrique (Non pas à Bangui mais dans le Nord-Est du pays où est implantée une forte majorité musulmane), le Général Noureddine ADAM, N° 2 du pouvoir du temps du gouvernement Séléka du Président DJOTODIA (Cf. M/L N° 37/209/INFO/14 du 10 Avril 2014), a fait une déclaration sur la crise centrafricaine. Dans ladite déclaration, ce dernier “souffle le chaud et le froid” employant tantôt un style conciliant tantôt proférant des menaces contre les anti-balaka et l’opération “Sangaris”, pilotée par les Francais. Par ailleurs, le leader Séléka se défend contre les attaques portées contre lui et réclame notamment dans cette déclaration :

» L’application des accords de N’Djamena ;

» L’organisation d’un dialogue national pour la paix et la réconciliation sous l’égide des NU ;

» L’indémnisation des victimes des événements survenus pendant la crise et la réhabilitation des lieux sacrés détruits ;

» La réinsertion de tous les militaires dans l’armée centrafricaine, la garantie sécuritaire et la liberté de circulation de tous les Centrafricains.

3. Le Président du Burundi, Pierre NKURUNZIZA a effectué, le 29 Avril 2014, une visite officielle en Centrafrique. L’entretien entre le Président Burundais et Mme Catherine SAMBA-PANZA, Chef d’Etat de la Transition a porté sur les questions sécuritaires. La présence d’un contingent burundais au sein de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA) et le travail de ses militaires est fortement apprécié par les autorités centrafricaines. Ce sont les burundais qui assurent la sécurité rapprochée de la Présidente centrafricaine, du Président du Conseil National de Transition (CNT), du Premier Ministre, Chef du Gouvernement et des principales banques à Bangui.

4. L’idée d’une partition de la RCA, qui avait germé il y a bien longtemps en raison de l’évolution négative de la situation du pays, semble se dessiner clairement puisqu’elle s’installe de plus en plus dans les esprits des populations centrafricaines, musulmanes et chrétiennes.

Le gouvernement centrafricain ainsi que la communauté internationale s’opposent à un tel dessein mais l’attitude des Anti-balaka à l’égard des musulmans ne laisse pas le choix à ces derniers d’opter pour une telle solution. La haine entre les deux communautés est si grande et le fossé qui les sépare est si large et profond qu’il devient difficile d’envisager un “vivre ensemble” dans l’avenir. Seules des initiatives politiques, à travers le dialogue et la reconciliation pourraient remédier à un tel probléme dans le moyen et le long terme.

5. Contrairement aux Anti-balaka qui se sont officiellement engagés, par la voix de leur leader, ancien Ministre du Président BOZIZE, Patrice Edouard NGAISSONA, à cesser toutes hostilités durant la période de transition et à accompagner, selon leur porte-parole Sébastien LAMBA, le processus jusqu’au retour de la légalité constitutionnelle (les élections de Février 2015) ; au sein de la Séléka, par contre, chacun de ses membres veut prendre la commande de cette coalition. D’un côté, Moussa DHAFFANE (Ancien Ministre d’Etat sous le gouvernement DJOTODIA, arrêté et emprisonné par le même B DJOTODIA, puis libéré) ; revendique la présidence politique et de l’autre, ce sont les autres leaders Séléka (Généraux et autres) qui prétendent être les Chefs puisqu’ils controlent l’aile militaire (Général Noureddine ADAM, Général Abacar SABONE, le porte-flambeau de la partition du pays… etc.).

6. Il a été remarqué ces derniers temps, le déclenchement d’une opération de déplacement des populations musulmanes vers l’arriére-pays, (Nord et Nord-Est), menée unilatéralement par quelques organisations internationales (Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés -HCR) avec l’appui des forces françaises de la “Sangaris” et de la MISCA et ce, sans concertation aucune avec les autorités gouvernementales. Ceci a été à lorigine d’un scandale qui a été dénoncé par la Ministre centrafricaine de la Communication et de la Réconciliation Nationale, Mme Antoinette MONTAIGNE. En effet, aussi bien le gouvernement que la société civile désapprouvent de tels agissements qui ne font que renforcer les revendications de partition du pays par les populations musulmanes centrafricaines.

De leur côté, les organisations humanitaires ainsi que la MISCA et Sangaris, justifient leurs actes par l’impossibilité qu’il y a à assurer une sécurité totale aux musulmans qui vivent cantonnés dans des espaces réduits sous la menace des Anti-balaka. C’est pourquoi ils ont opté pour une solution d’évacuation provisoire vers le Nord et le Nord-Est, en attendant l’amélioration de la situation pour assurer leur retour a leurs lieux de départ, leurs lieux d’origine (Quartiers et arrondissements).

A l’invitation de M. John Ging, Directeur des Opérations du Bureau des NU pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), j’ai assisté à une réunion d’information sur la situation de crise humanitaire que connaît la RCA. M. J. Ging est venu de New-York pour s’enquérir des effets de cette crise, en recenser et évaluer les besoins, et “écouter les Représentants des pays accrédités à Bangui ainsi que les ONG”.

Etaient présents à cette rencontre, du côté diplomatique, les Ambassadeurs du Maroc, de Russie et le Chargé d’Affaires du Cameroun. La mission à Bangui de M. J. Ging fait suite à celle effectuée par ce dernier en Janvier 2014.

II- Observations :.

Les événements précédemment décrits appellent les observations suivantes:

1. Le déploiement, en Septembre prochain des casques bleus, conformément à la résolution 2149 du Conseil de Sécurité des Nations Unies contribuera certainement au retour de la sécurité et de la stabilité en RCA. Cependant, si des opérations de désarmement des différents groupes armés (Ex-séléka, anti-balaka et autres groupes armés qui s’activent dans l’illégalité totale) ne sont pas meneées, les troubles actuels que connaît le pays ne cesseront pas, même au-dela des délais prévus pour la tenue d’élections législatives et présidentielles (Février 2015). En effet, sans mesures prises dans ce sens, le pays ne connaîtra pas de sitôt la paix.

2, Le Général Noureddine ADAM, considéré comme l’un des éléments essentiels de la coalition Séléka et un des hommes clefs de la scène politico-militaire centrafricaine, n’a pas fini de faire parler de lui; Les généraux Séléka Moussa DHAFFANE et Abacar SABONE semblent également renforcer leur rôle pour récolter ultérieurement des bénéfices politiques.

3. Au sujet de la menace de partition du pays, tout le monde s’accorde à dire que les rebelles n’ont pas les moyens d’agir ainsi. La présence de Sangaris et de la MISCA pourrait les dissuader à concrétiser leur projet. Cependant, ladite menace est interprétée comme étant “une pression” dont l’impact se renforce et constitue une “source de nuisance quotidienne ”. C’est aussi peut-être le but des auteurs de cette menace, car enfin de compte, les rebelles Séléka ne cherchent qu’à accéder au pouvoir, en être associés pour participer au prochain gouvernement résultant du scrutin de Février 2015. —

Haute Considération.

L’Ambassadeur Mostafa HALFAOUI

Source :


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