Maroc: Dur dur… d’être adolescent

Publié dans Jeunes du Maroc le 08 – 07 – 2005
L’adolescence est un passage obligé de l’enfance à l’âge adulte. Elle ouvre vers de larges horizons inconnus tels que l’affirmation de soi, le choix d’une orientation professionnelle, la découverte de la sexualité et aussi bien d’autres. Elle s’accompagne, en même temps, du renoncement à l’enfance et d’un détachement envers les parents.
C’est une période assez difficile. L’adolescent passe par des malaises, des perturbations… Pourtant, cette période délicate est celle au cours de laquelle le jeune bâtit pas à pas, en trébuchant parfois, son autonomie affective et relationnelle. L’adolescent, avant de rejoindre le monde des adultes, commence à se comporter, bien souvent, contre la volonté de son entourage, notamment ses parents. Et même dans la grande majorité des cas, cette étape que l’on considère une crise d’adolescence, peut mal tourner et mettre gravement la santé, voire la vie, du jeune en danger. Ainsi, l’entourage joue un rôle de grande importance, surtout à ce stade, et cela essentiellement en faisant preuve d’écoute et d’attention.
Cependant, plusieurs parents redoutent chez leur enfant l’arrivée de « l’âge ingrat ». Cette période charnière de sa vie, où l’enfant fait son entrée, souvent tumultueusement, dans l’adolescence. On remarque aujourd’hui la fillette qui était obéissante se met à claquer les portes, à la première contrariété. L’autre qui était une élève brillante dans son école, laisse tomber tout à coup ses devoirs pour sortir avec les grands du quartier. Sans oublier le garçon qui, était raisonnable, commence à fumer en cachette, la musique à fond dans sa chambre… Ces attitudes, devenant bizarres et anormales, marquent le passage de l’enfance à l’adolescence. Pendant cette période intermédiaire, le futur adulte montre le besoin d’être original, indépendant et de s’affirmer.
La puberté, vers 11-14 ans en moyenne, donne le départ de l’adolescence qui, avec l’arrivée de plus en plus tardive des jeunes dans la vie active, tend à s’installer dans le temps. Elle peut s’arrêter à 19 ans comme à 25, et peut être ressentie par le jeune de manière plus ou moins violente. Si difficile soit-il, cet « entre-deux âges » est caractérisé par l’ouverture avec une multitude de possibilités, c’est une recherche et une collecte de réponses et d’aventures. Donc, l’adolescent, à cette phase de sa vie, a tendance à changer ses comportements, parfois sans qu’il se rende compte. On peut citer qu’il devient introverti, s’oppose à tout, fait la tête et aussi commence à mentir. La puberté représente une étape essentielle dans la vie de l’humain. Elle a pour conséquence des changements de nature physique, l’acquisition de la capacité de procréation ; psychologique qui se remarquent dans l’apparition de pulsions et sentiments nouveaux ; ainsi que sociale et qui se voient dans la recherche de nouvelles relations en dehors de la famille.



Tous ces changements ne sont pas faciles à vivre et surtout chez nous au Maroc !
« Les sentiments et les réactions qu’ils suscitent sont divers, tantôt positifs, tantôt négatifs : sentiment de fierté, de voir se développer ses organes sexuels, sa pilosité, ses seins, plaisir de se sentir devenir adulte, homme, femme, goût de la comparaison et de la compétition (curiosité), qui permet la mise en valeur de son corps par la recherche d’un « look » personnel. Parfois, c’est le sentiment négatif qui domine : peur d’être différent des autres, de ne pas avoir de succès, d’être victime de moqueries, honte de son corps que l’on trouve mal proportionné. »
Et si on voit les choses de plus proches, plus particulièrement la réalité de l’adolescent au Maroc.
Que c’est dur d’être adolescent au Maroc !!
Ses études, ses relations, sa famille, son entourage… l’adolescent est perturbé. Concernant ses études, est-ce que l’adolescent suit l’orientation qu’il veut ? C’est la question la plus importante à se poser. On trouve tellement de jeunes qui sont mal orienté, pourquoi ? Manque de communication avec ses parents, manque de moyens financiers… Ayant un baccalauréat scientifique ou littéraire avec une moyenne de 10 ou 11, quelle voie le jeune va-t-il suivre, alors que les écoles demandent une moyenne de 14 et plus !! Pourquoi a eu-t-il cette moyenne et non pas plus ? … Tant de questions se posent mais le plus souvent LE MANQUE DE COMMUNICATION AVEC LES PARENTS est la réponse.
Quant aux relations des jeunes entre eux, l’ado s’en fait plusieurs.



L’adolescent passe par, soit disant, des étapes dans cette période. On peut les résumer on trois capitales étapes : La première est celle où le jeune est secret, renfermé. C’est l’étape de repliement sur soi ; La seconde est celle caractérisée par l’ouverture à autrui. C’est la création de liens sentimentaux forts avec certains camarades, c’est aussi la prise de conscience de sa singularité de garçon ou de fille, d’homme ou de femme, capable d’aimer et de séduire. « L’adolescent(e) acceptera, peu à peu, sa singularité d’homme (ou de femme), il (elle) cherchera à être quelqu’un en se référant parfois à des modèles idéaux : famille, copains, artistes, réels ou fictifs. » Et enfin la troisième est celle où l’adolescent affirme sa présence et son identité. L’adolescent désire partager ses sentiments, il ressent des attirances, des élans affectifs envers des camarades de l’autre sexe qui peuvent aller jusqu’à la formation d’un couple. Il s’initie à certaines valeurs comme le respect du partenaire ou la fidélité.



Une relation d’amitié peut durer des années et des années ou même pas une semaine parfois. L’adolescent peut parfois éprouver une certaine difficulté de trouver un ami convenable. Le plus dangereux c’est la mauvaise fréquentation. Celle-ci peut gravement influencer la vie du jeune, fille ou garçon. Elle peut engendrer les consommations des substances psychoactives, des rapports sexuels sans protection… par conséquent les maladies mortelles sont transmises, des grossesses non désirées sont fécondées… Cela est interdit et hchouma dans notre société marocaine, nous en parlons pas et résultat : La mère célibataire se trouve chassée par sa famille, ses voisins, son « petit copain » aussi ; le jeune garçon attaqué par le SIDA se trouve lui aussi chassé par tout le monde, pas de travail, pas de maison, pas de famille ni d’amis.
L’adolescence est le temps des expériences : Première cigarette, première ivresse, premier amour, première relation sexuelle. Le fait de fumer, est l’expérience la plus fréquente chez les adolescents et surtout chez les garçons. C’est une parmi d’autres que l’adolescent ne maîtrise pas son danger jusqu’à l’âge adulte. Il ne concerne pas une grande attention à long terme, quand il sera adulte, dans quel état de santé sera-t-il ? Quelle maladie atteindra-t-il ?
Le père qui fume ou qui est alcoolique, comment pourrait-il interdire à son fils la cigarette ou l’alcool ? Fumer, à titre d’exemple comme expérience de consommation, commence juste par plaisir, par le fait de passer un bon moment où le/la jeune va s’amuser avec ses camarades.
Egalement, on peut parler de l’influence qu’exercent des groupes de référence sur les jeunes. Ces groupes de référence comprennent les chanteurs/chanteuses, acteurs/actrices.. Les jeunes les imitent en tout. Surtout sur le coté vestimentaire : Les garçons avec des pantalons très larges, des tee-shirts avec les manches déchirés… Cette façon de s’habiller est-elle décente pour un élève ou étudiant ? Ou peut être pour un candidat qui se présente à un entretien d’embauche ? Cela montre le manque de responsabilité et de maîtrise de soi chez ces adolescents. Idem pour les filles. Les débardeurs à mi-ventre et les jupes toutes courtes ou les pantalons trop sérés… il faut passer aux magasins pour voir !!
Est-ce qu’on pourra changer ceci ? Oui bien sur !!
L’adolescent vit tant de problèmes, dans cette période de sa vie. Une période assez difficile ! Résoudre ces problèmes seul, pour un adolescent, paraît difficile. Il a besoin des parents, des amis, des professeurs, des voisins… de son entourage. Tous et avec de la volonté on changera cette situation.
L’adolescence est l’âge de tous les possibles, des expériences et des rencontres. Ce qui peut être vécu dans un moment particulier peut ne pas prendre un caractère définitif, et rien ne sert de dramatiser un essai ou une erreur. Dans une période de crise, il s’agira pour l’adulte de trouver le bon moment pour se faire entendre, et d’adopter une attitude appropriée. S’il n’y parvient pas, il peut rechercher l’appui de personnes compétentes.



Pour conclure, je dirai que LA COMMUNICATION demeure la principale solution. La première des choses, il faut que hchouma ou les sujets tabous disparaissent. Les parents doivent parler de TOUS LES SUJETS avec leurs enfants et leur rappeler qu’ils ne sont là que pour les écouter, les conseiller, leur montrer ce qui est bien ou mauvais _ce qui est hlal ou hram_ ou même les obliger s’il le faut.


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