Bruxelles entre dans le champ de mines politique : plus de migration légale en raison du manque de personnel

Bruxelles entre dans le champ de mines politique : plus de migration légale en raison du manque de personnel

La Commission européenne veut ouvrir plus largement la porte aux travailleurs migrants d’Egypte, du Maroc et de Tunisie dès la fin de cette année. Il faut davantage de migration légale de main-d’œuvre pour réduire les pénuries sur le marché du travail européen et lutter contre la migration illégale.

Marc Peeperkorn

Le projet de proposition « Apporter des compétences et des talents à l’UE », que la Commission européenne devrait présenter mercredi, stipule que des « partenariats de talents » doivent alors également être conclus avec le Sénégal, le Nigeria, le Pakistan et le Bangladesh. La Commission ne commentera pas le nombre de travailleurs migrants que l’Union européenne devrait admettre dans les années à venir. C’est une compétence nationale. Ce serait un « suicide politique » pour n’en citer que quelques-uns, déclare un responsable européen inquiet. « L’enthousiasme parmi les États membres pour parler de migration légale n’est déjà pas grand maintenant qu’il y a des millions de réfugiés ukrainiens en Europe. »

La Commission souhaite créer un vivier de talents pour ce dernier groupe cet été. Les réfugiés ukrainiens peuvent lister leurs diplômes, compétences, expériences et souhaits, afin que les États membres et les employeurs puissent mieux voir qui ils accueillent. Les pays de l’UE ont convenu en mars que tous les réfugiés ukrainiens pouvaient travailler ici.

La proposition tant attendue de la Commission sur la migration légale souligne l’importance des travailleurs migrants. Pour l’UE, car il y a déjà des pénuries de personnel dans d’innombrables secteurs : soins, transports, tourisme, construction, TIC. Le vieillissement de la population accroît encore le besoin de travailleurs migrants. De plus, la promesse d’une migration légale est un moyen de pression pour lutter contre la migration illégale. Bien que le nombre d’immigrants illégaux qui arrivent en Europe (entre 125 et 200 000 par an) soit bien inférieur au nombre de migrants légaux (2,2 à 3 millions par an), le premier groupe reçoit plus d’attention des médias et provoque des troubles politiques et sociaux .

Pour les pays africains et asiatiques, la migration est positive car elle offre aux citoyens des opportunités, une éducation, une expérience de travail et des revenus. La Commission souhaite que la migration légale s’accompagne d’une aide au développement dans les pays d’origine pour éviter que tous les travailleurs qualifiés ne partent. Pas une «fuite des cerveaux», mais un «gain de cerveaux», selon la proposition de conception. La Commission adoptera les plans mercredi, les responsables concernés ne s’attendent pas à des changements majeurs.

Volontairement

Les « partenariats de talents » que la Commission entend mettre en place, à commencer par l’Egypte, la Tunisie et le Maroc, énoncent des souhaits et des obligations réciproques. Les États membres participent sur une base volontaire. La Commission souligne qu’il ne s’agit pas seulement de migrants bien formés. Ce n’est pas un hasard si ces trois pays sont en première ligne : certains États membres ont déjà des accords migratoires avec ces pays, et de nombreux migrants illégaux viennent de ou via ces trois pays vers l’Europe.

Outre les partenariats, la Commission a l’intention de créer une réserve de talents de l’UE. Les futurs migrants intéressés peuvent enregistrer leurs qualifications ici, ce qui permet aux employeurs de recruter plus facilement du personnel. Cette plateforme internet devrait être opérationnelle à partir de mi-2023. Un pool de talents similaire pour les réfugiés ukrainiens doit être lancé un an plus tôt.

La Commission souhaite également que les permis de travail soient obtenus plus rapidement et plus facilement. Selon les règles actuelles, le permis pour un court séjour de travail doit être délivré dans un délai de quatre mois, mais ce délai n’est souvent pas respecté en raison de la lenteur des procédures dans les États membres. Cela laisse aux employeurs des postes vacants supplémentaires non pourvus. Outre plus de rapidité, la Commission souhaite que le travailleur migrant puisse travailler pour plusieurs employeurs.

Le titre de séjour de longue durée devrait pouvoir être utilisé dans plusieurs États membres. La Commission ne répond pas à la demande du Parlement européen d’accorder ce permis après trois ans de résidence dans l’UE au lieu de cinq ans.

De Volkskrant, 26 avril 2022