Au Maroc, la langue de Shakespeare grignote du terrain

Au Maroc, l’apprentissage de l’anglais séduit de plus en plus de jeunes. De nombreux jeunes Marocains sont attirés par la langue de Shakespeare, persuadés qu’elle leur offrira une meilleure éducation et des opportunités de travail.

Au Maroc, l’anglais grignote du terrain. Une étude du British Council intitulée « Shift to English » révèle que les jeunes Marocains jettent de plus en plus leur dévolu sur l’anglais. Ainsi, 65 % des personnes sondées préféreraient la langue de Shakespeare à celle de Molière. Elles estiment que l’anglais donnera accès à une meilleure éducation et à un poste à l’étranger.

Dans le pays, cette tendance est réelle, confirmée par la floraison d’établissements anglo-saxons dans les grandes villes, pour répondre à la demande croissante. À côté des écoles américaines cotées de Casablanca, Rabat et Tanger, des établissements se multiplient, comme la British International School de Casablanca ou la London Academy, ouvertes en 2017 pour capter une jeunesse pragmatique.

Une lutte avec le français
« On constate dans les couches moyennes et supérieures un réel attrait pour l’anglais. C’est la fonction économique de l’anglais qui attire les jeunes : l’anglais, c’est la langue des secteurs de pointe, des sciences, du business, de l’Internet… Les employeurs, au Maroc, demandent de plus en plus des profils trilingues »​, estime Leila Messaoudi, universitaire et linguiste.

Mais l’anglais est aussi présent dans l’éducation nationale, que ce soit dans les écoles primaires ou dans les lycées. Depuis 2014, le gouvernement a lancé la section internationale du bac marocain, option anglais, dans laquelle les matières scientifiques sont enseignées en anglais dans neuf lycées, dont six publics, qui regroupent 473 élèves… En arrière-fond, c’est une lutte larvée qui s’installe avec le français, langue historique au pays, pour former les jeunes.

Ouest-France, 23/10/2021