Un juge veut interroger le chef du groupe qui a créé Pegasus

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Le juge chargé d’enquêter sur l’espionnage du président et de plusieurs membres du gouvernement espagnol a demandé à se rendre en Israël pour recueillir la déposition du directeur général de la société NSO Group, qui a créé le logiciel Pegasus, a indiqué mardi un tribunal de grande instance.

Ce magistrat de l’Audiencia Nacional – qui est la juridiction chargée des affaires d’importance nationale ou internationale – a convoqué le ministre Félix Bolaños, très proche du président du gouvernement, Pedro Sánchez, pour qu’il témoigne le 5 juillet dans le cadre de son enquête sur cette affaire très sensible.

« Le magistrat a accepté de prolonger la commission rogatoire envoyée en Israël afin qu’une commission judiciaire dirigée par lui puisse se rendre dans ce pays pour prendre à témoin le PDG de la société qui commercialise le programme Pegasus », a indiqué l’Audiencia Nacional.

Ce type de demande doit toutefois être approuvé par les autorités israéliennes, ce qui peut prendre des mois.

Jusqu’à présent, la commission rogatoire a seulement demandé des informations à l’ONS « sur différents aspects de cet outil logiciel ».

« NSO opère dans un cadre juridique strict et est confiant que ce sera la conclusion de toute enquête gouvernementale », a déclaré à l’AFP un porte-parole de NSO.

Pegasus – qui peut accéder aux données ou aux services de messagerie d’un téléphone mobile, et même activer ses caméras et ses microphones – et NSO ont fait l’objet d’allégations d’espionnage ces dernières années.

Le juge José Luis Calama a ouvert son enquête à la suite d’une plainte du gouvernement espagnol le 2 mai, lorsqu’il a révélé que les téléphones du président et de la ministre de la défense Margarita Robles avaient été espionnés avec Pegasus.

L’exécutif, qui a ensuite inclus le téléphone portable du ministre de l’intérieur parmi les appareils touchés, a affirmé qu’il s’agissait d’une « attaque externe », mais qu’il ne savait pas qui en était l’auteur.

Plusieurs médias espagnols ont ensuite pointé du doigt le Maroc, qui traversait une crise diplomatique complexe avec l’Espagne au moment de l’incident.

Dans son communiqué, l’Audiencia Nacional a également indiqué que le juge avait déjà entendu le témoignage de l’ancien chef des services de renseignement espagnols (CNI), Paz Esteban, qui a été licencié le 10 mai à la suite de la controverse.

Le scandale a explosé le 18 avril, lorsque Citizen Lab, un projet de cybersécurité de l’Université de Toronto, a publié un rapport identifiant plus de 60 partisans indépendantistes dont les téléphones portables avaient été attaqués entre 2017 et 2020 avec le logiciel israélien.

Peu après, le gouvernement a reconnu que M. Sánchez et le ministre Robles avaient été espionnés en mai et juin 2021 dans le cadre de ce programme.

Metro libre, 07 juin 2022

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