Sahel : Flambée des prix et famine

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Afrique de l’Ouest Key Message Update: De nouveaux records de prix attendus au Sahel pendant la soudure, limiteront davantage l’accès à la nourriture par les ménages pauvres, mai 2022

Messages clés

La saison des pluies, débuté en fin février/début mars dans la zone bimodale du Golfe de Guinée, est caractérisée en mai par des précipitations modérées à intenses. Au cours du même mois, elles ont été régulières et modérées dans les zones soudaniennes, et ont également intéressé le sud du Mali, du Burkina Faso et du Tchad La préparation des sols est en cours dans les zones sahéliennes tandis que les semis sont en cours dans celles soudaniennes. Selon les prévisions du NMME, de l’OMM et du C3S, des précipitations inférieures à la moyenne sont attendues dans le golfe de Guinée, y compris le sud et le centre du Nigeria et le sud du Cameroun de juin à août 2022. Elles seront supérieures à la moyenne dans le Sahel, y compris le nord du Nigeria, le centre et le sud-est du Mali, le sud du Niger et l’extrême nord du Cameroun, entre juin et août 2022. Les centres climatiques régionaux (AGRHYMET, ACMAD) prévoient ces mêmes conditions jusqu’en septembre, mais avec des précipitations moyennes à inférieures à la moyenne dans le Golfe de Guinée.

Ces prévisions pluviométriques suggèrent de bonnes perspectives de récoltes 2022/23 qui pourraient être atténuées par la hausse des prix des intrants agricoles, et par l’insécurité et les conflits armés qui continuent d’entrainer des déplacements de populations et un accès très réduit aux terres de cultures dans le bassin du Lac Tchad, la région du Liptako-Gourma, le nord-ouest et le centre-nord du Nigéria et les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Les moyens d’existence typiques, les activités en lien avec les marchés et le commerce, la transhumance ainsi que l’accès aux services sociaux de base y sont fortement perturbés. Au Burkina Faso, l’on assiste, entre février et mai 2022, à un accroissement sans précédent des attaques perpétrées par les groupes terroristes contre les forces armées régulières et les populations civiles, et des actions pour exercer un blocus et isoler davantage de communautés locales.

Les prix des produits de base ont continué d’augmenter dans toute la région et sont restés nettement supérieurs à la moyenne quinquennale. En plus de l’épuisement saisonnier des stocks et du Ramadan, ces tendances inflationnistes sont dues aux approvisionnements et aux disponibilités inférieurs à la moyenne, à la dépendance accrue du marché et à l’insécurité dans certaines parties du Sahel ; forte demande d’exportation et dépréciation des monnaies nationales (hors pays XOF) dans les pays côtiers ; et les effets persistants du COVID-19 sur le transport maritime, les restrictions commerciales transfrontalières, la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et du carburant et la flambée des coûts de transport dans la région. Une soudure difficile avec de nouveaux records de prix est attendue dans la plupart des zones du Sahel. De plus, la flambée des prix des engrais, qui ont presque doublé dans plusieurs pays, est également très préoccupante pour la campagne agricole en cours dans la région.

La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en septembre 2022 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines. Dans la région de Diffa et l’extrême sud de celle de Maradi au Niger affectés par l’insécurité civile, le Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) demeurera jusqu’en septembre 2022 grâce aux assistances alimentaires. La Crise (Phase 3 de l’IPC) justifiée par la persistance de l’insécurité/conflits armés et de l’insuffisance des récoltes hivernales en 2021, et qui affecte les provinces du Lorum, Yatenga, Soum, Seno, Yagha, Komondjari, Bam, Sanmatenga au Burkina Faso, la région du Lac au Tchad, la région de Ménaka, l’Est de la région de Mopti, Sud de celles Gao et Tombouctou au Mali, le Nord et l’Ouest de la région de Tillaberi et l’Ouest de celle de Tahoua au Niger, et le nord-ouest et le nord-est du Nigeria persistera jusqu’en septembre. Au Burkina Faso, au Tchad et au Nigeria, elle s’étendra à d’autres zones à partir de juin.

La Crise (Phase 3 de l’IPC) qui prévaut actuellement dans l’Extrême Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun et en Centrafrique du fait de la persistance des conflits, persistera jusqu’en septembre 2022. Cependant, dans le nord des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun, la situation alimentaire connaitra une légère amélioration à partir de Juin/Juillet grâce aux nouvelles récoltes, permettant aux ménages d’évoluer en Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans de l’Oudalan et le nord du Soum au Burkina, le nord et l’ouest de Borno au Nigeria, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) qui est en cours du fait des conflits armés persistera jusqu’en septembre 2022 à toute la province du Soum et à d’autres LGAs de Borno avec des conditions de sécurité alimentaire pour les PDI et les ménages hôtes ayant un accès à la nourriture et aux revenus très limité.

Reliefweb, 31 mai 2022

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