Contribution/ Quel tourisme pour l’Algérie ?

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Montagnes, littoraux, déserts, forêts, … et un riche patrimoine culturel, notre pays-continent offre une multitude de paysages aux décors variés, plus fascinants les uns que les autres.

Tous les voyageurs, qui ont eu l’occasion (le privilège oserons-nous dire) de visiter le plus grand pays d’Afrique, ont été saisis par ses lieux d’une ineffable beauté, aux cadres irréels.

Jusqu’aux diverses spécialités culinaires et traditions de nos 58 wilayas qui invitent à une odyssée gustative et culturelle. Un véritable dépaysement et un exquis voyage des sens attendent le touriste étranger mais également les nationaux tant l’étendue du territoire et ses distances sont démesurées et demeurent encore pour beaucoup inconnus.

Tous s’accordent sur le potentiel touristique extraordinaire de l’Algérie (paysages, gastronomie, vêtements traditionnels, chants, danses, mariages, vestiges historiques, sources thermales, etc). Toutefois nous considérons que l’offre devrait être orientée principalement vers la diaspora, le tourisme intérieur et culturel. Car tout d’abord, il faut considérer que ce secteur est fortement tributaire de nombreux facteurs externes (pandémie, notation de pays tiers en fonction de considérations politiques ou stratégiques, aléas internationaux, climatiques, etc).

Quant au tourisme de masse, ses effets sur l’environnement se soldent par un bilan plutôt négatif : dénaturation du paysage, pollution, voire risques de dévoyement des comportements des concitoyens, etc. En outre ses infrastructures (hôtelières notamment) exigent une exorbitante consommation d’eau et d’énergie (douches journalières des estivants souvent exagérées, etc).

Nous connaissons un grand nombre de nos émigrés qui passent leurs vacances en Espagne ou au sud de la France ou en Loire-Atlantique, car ces destinations leur offrent des villas avec piscine (pour un minimum de 500 euros, parfois plus, la semaine), qui leur procurent la possibilité de profiter en famille des bienfaits de l’eau à l’abri de regards. Une source de devises à laquelle pourrait prétendre l’Algérie. Ainsi une baisse des prix du billet serait non seulement largement compensée par le nombre de voyageur, mais également perçue comme un geste positif des pouvoirs publics à l’endroit des ressortissants algériens à l’étranger, montrant qu’on tient compte de leurs préoccupations.

Comme (on l’aura compris) il s’agit essentiellement de tourisme familial, une offre diversifiée de parcs de loisirs doit être proposée : parcs d’attractions, parcs aquatiques, accrobranches, parcs scientifiques, aquariums, parcs animaliers, zoos, etc. Ces moments de détente ne manqueront pas d’imprimer des souvenirs indélébiles tant aux enfants émerveillés qu’aux parents enchantés. Car la pérennité du succès passe tout d’abord par des chérubins conquis.

Nous considérons par ailleurs que le tourisme saharien doit être un tourisme de luxe en raison de la fragilité de l’environnement. Des excursions par hélicoptères (issus de l’usine Augusta en cours de finalisation ?) pourraient être proposées afin de profiter d’une vue imprenable de notre désert pour les bourses pouvant se l’offrir, également parapente, escalade pour les plus sportifs, etc.

Mais le facteur ultime et déterminant qui fait en définitive la différence, c’est la population locale, son accueil (il ne s’agit pas là des troupes folkloriques à la descente de l’aéroport dans certains pays de la région, nous parlons d’authenticité), son hospitalité, etc. Car ce qui a davantage marqué les touristes dans notre pays, c’est précisément son authenticité, l’attitude des Algériens, qui ne les considèrent pas comme des « porte-monnaie ambulants », ne les harcèlent pas pour leur arracher une pièce ou deux, et ne cherchent pas à marchander à tout bout de champs ou à les arnaquer. En d’autres termes, l’Algérien(ne) est honnête et digne, des qualités inestimables qu’on lui reconnaît et qu’on apprécie.

Ainsi, le contact avec les locaux étant un atout décisif, des formules existent pour une immersion efficace dans les populations et doivent être multipliées : séjours chez l’habitant, location particuliers à particuliers, etc. Ceux-ci doivent être encadrés par des textes, enregistrés au niveau administratif local, les loueurs doivent être assurés, etc.

Nul besoin de spots publicitaires pour promouvoir la destination Algérie. Son charme parlera de lui-même. Et chaque voyageur dont la bonne étoile l’amènera sous nos cieux aura le privilège de découvrir un joyau dans un écrin de beauté.

Miloud Boumaza
Né à Chlef
Comptable
Résidant en France, en région parisienne

La patrie news, 30 mai 2022