Les relations franco-algériennes après le départ de Le Drian

France, Algérie, Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron,

Les relations algéro-françaises se réjouissent du rôle que la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, pourra jouer dans le retour au calme de l’axe Alger-Paris, et dans quelle mesure elle saura supporter ce lourd fardeau, après le départ de ce qu’on a qualifié de « pompier », l’ancien ministre Jean-Yves Le Drian, du Palais du Quai d’Orsay.

Le Drian est considéré comme le manipulateur et le possesseur d’une personnalité calme, l’officiel français qui a su préserver « l’apaisement » dans les relations algéro-françaises, même dans leurs périodes les plus difficiles, notamment au temps du « Hirak ou mouvement populaire ». », quand les flèches étaient dirigées sur Paris en pratiquant « l’ingérence » dans les affaires intérieures de l’Algérie, et la seconde comme c’était des plus dangereux ; elle a été représentée dans les contrecoups des déclarations « irresponsables » du président français sur la nation algérienne en septembre dernier, qui ont conduit l’Algérie à convoquer son ambassadeur, Mohamed Antar Daoud, de Paris pour des consultations.

Quant à la nouvelle venue au ministère français des Affaires étrangères, elle est considérée comme l’un des visages les moins en vue de la scène politique française ces dernières années, même si elle a occupé pendant de nombreuses années des responsabilités au niveau de l’appareil diplomatique de son pays. ans, car elle n’a jamais occupé un poste au niveau qu’il est aujourd’hui, et c’est la dernière responsabilité qu’elle a occupée, à savoir celle d’ambassadrice de France dans la capitale britannique, Londres.

Les habitués des affaires diplomatiques en France ont lu dans l’affectation de Macron à Catherine Colonna, le portefeuille du ministère des Affaires étrangères, une tentative du premier homme à l’Elysée, de mettre la main sur ce secteur sensible, cinq ans après son premier plein mandat (2017/2022), au cours duquel l’ancien ministre des Affaires étrangères a pu, Le Drian, lui étendre sa vision, d’une manière que les empreintes digitales de Macron, dont la constitution du pays l’autorise à formuler la politique étrangère de son pays, sont absents.

Le Drian se distingue de son successeur au Palais du Quai d’Orsay, en ce qu’il est un diplomate politisé (appartenant au Parti socialiste), ce qui a fait que sa longue expérience et son sens politique l’ont emporté sur le président de son pays, contrairement aux nouveaux étrangers ministre, qui est un diplomate technique et non partisan, et aidera Macron à étendre son influence sur la politique étrangère de son pays, selon ce qu’a déclaré l’ancien diplomate et expert des affaires de la région du Sahel et du Sahara, Ahmed Laraq. « Echorouk ».

Et si Le Drian semblait avoir maintenu des ponts de communication entre l’Algérie et Paris dans les moments difficiles à travers ses visites en Algérie, mais il n’était pas populaire du point de vue de la diplomatie algérienne, comme l’a dit le diplomate, en raison des manœuvres qu’il a menées dans le région du Sahel, notamment au Mali et au Tchad, des pratiques néfastes que la partie algérienne n’a pas regardé avec satisfaction, car elles se sont souvent heurtées au point de vue algérien dans la résolution des crises de cette région.

Quant aux perspectives d’amélioration des relations algéro-françaises sous le nouveau ministre, l’ancien ambassadeur estime que la question est liée à la perception qu’a Macron du cours de ces relations, car le président français va redonner l’initiative dans la politique étrangère de son pays.

Le Drian, c’est lui qui a influencé le président et non l’inverse.

Compte tenu de la nature de la formation de la personnalité du nouveau ministre, qui reste diplomatique plus technique que politique, cela aiderait le président Macron, d’une part, à cristalliser une certaine vision pour l’avancement des relations bilatérales, selon Ahmed Kara, qui attend la président français pour réparer ce qu’il a gâché pendant son mandat.

En revanche, le diplomate ne voit pas de changements radicaux dans les positions françaises sur certains dossiers qui concernent l’Algérie, comme la question palestinienne ainsi que la question du Sahara occidental.

Mohamed Meslem

Echouroukonline, 23 mai 2022