Ralph Boussier: avocat et lobbiste du Maroc payé par la DGED

Ralph Boussier: avocat et lobbiste du Maroc payé par la DGED – Joseph Tual, Ben Barka, services secrets, Israël, Mossad,

Un avocat français au service de l’espionnage marocain

Le hacker Chris_Coleman24 qui distille depuis octobre dernier via son compte Twitter des documents confidentiels sur la diplomatie marocaine, diffuse aujourd’hui une série de documents concernant Ralph Boussier, un avocat français travaillant pour le compte de la Direction générale des études et de documentation  (DGED), le service marocain du renseignement extérieur dirigé par Yassine Mansouri.

Dans un mail datant du 23 novembre 2009, Chris_Coleman24 révèle que l’avocat français Ralph Boussier du Cabinet Normand et Associés demande à son officier traitant marocain de transférer « un compte rendu d’audience » à « Monsieur Le directeur Général », qui n’est autre que le patron de la DGED, Yassine Mansouri.

Le compte rendu concerne une affaire de faux billets bahreinis  imprimés en Argentine et échangés en France pour une valeur de 300 millions d’euros disséminés au Niger, au Tchad, au Liban, en Belgique, en Suisse et en France ! Le mail fait référence à Hicham Mandari, un marocain abattu par balles au sud de l’Espagne en aout 2004 . Selon le mail signé par Aurore Francelle, avocate associée de Ralph Boussier, Mandari aurait effectué la première opération de change d’envergure de ces faux billets à Paris. La présence du nom d’un marocain dans cette affaire aurait-elle à elle seule justifié que la DGED soit mise au parfum?

Dans un autre document datant du 13 avril 2010, l’avocat rend compte de deux réunions tenues respectivement avec l’ancien ambassadeur de France au Maroc, Bruno Joubert et l’ancien secrétaire marocain d’Etat à l’Intérieur, Saad Hassar où il est question d’organiser les visites au Maroc de Jean François Copé, alors président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale et le Ministre de la Culture de l’époque Fréderic Mitterrand. On apprend dans ce document que Ralph Boussier suggère au patron de la DGED de transformer la « Maison de Lyautey » en musée après l’avoir rénovée, ce qui ressemble à une proposition d’affaire immobilière juteuse qui profiterait évidemment au premier à en avoir  eu l’idée !Dans un autre document datant du 12 août 2010, on apprend qu’une réunion de travail est prévue entre l’avocat et le patron de la DGED. Celle-ci avait été précédée d’autres rencontres avec l’ancien conseiller royal et actuel patron de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), Fayçal Laraichi et des juristes américains pour tenter de rallier Barbara Lee, congresswoman démocrate de Californie et Keith Ellison, congressman musulman à la cause nationale de la marocanité du Sahara. Dans sa lettre, Ralph Boussier exprime également ses prétentions salariales sur la base « d’un règlement mensuel au temps passé» dans cette mission!
Le marrant dans l’histoire, c’est que les mails confidentiels sur l’affaire des faux billets bahreinis qu’il recevait de sa collègue avocate comportaient la mention suivante: « ce courrier électronique est envoyé par un cabinet d’avocats et peut contenir des informations personnelles et confidentielles. Si vous n’en êtes pas le destinataire, veuillez en informer l’expéditeur et effacer ce message de votre système ». En violant les règles de confidentialité et en transférant ces courriers à de tierces parties, l’homme de loi ne pensait pas être pris dans son propre jeu quelques années plus tard en voyant son histoire éclater au grand jour par un simple clic !

Source : Blog de Reda Ben Othman, 6 déc 2014

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Selon quelques correspondances avec la DGED, les renseignements extérieurs du Maroc, Maître Ralph Boussier a été envoyé aux Etats-Unis en vue

De : hakim sayah hakim.sa@gmail.com
À : amine aminee aaamine145@yahoo.fr
Envoyé le : Sam 18 décembre 2010, 5h 31min 30s
Objet : Re: Tr : TR: DSCC Swearing-In Breakfast on January 5

La mobilisation d’une délégation marocaine pour prendre part au petit déjeuner qu’organisent les sénateurs Harry Reid et  Patty Murray ne semble pas constituer une initiative probante.  
 Il s’agit en effet d’un événement considéré comme mineur sur le plan politique et dont le principal objectif est de collecter des fonds. Les sénateurs du Caucus démocrate ne seront d’ailleurs représentés dans leur quasi majorité que par leurs staffeurs.

Les principaux concernés par cette initiative restent des acteurs locaux (investisseurs, groupes de pression , hommes d’affaires américains …)  qui tablent sur le  Caucus démocrate pour servir leurs propres intérêts et qui suivent dans ce cadre assidument les activités de cette institution.
La présence d’une délégation étrangère sans projet concret susceptible de capter l’intérêt de leurs convives  pourrait  ainsi paraitre insolite. Le temps pour engager  un début de discutions fructueuses risque en outre d’être trop limité,  la rencontre devant durer moins d’une heure.

La présence de M l’Ambassadeur et ses diplomates en charge des relations avec le sénat pourrait toutefois être justifiée.  Elle s’inscrit en effet dans la continuité d’un travail de sensibilisation récemment entrepris par son équipe auprès  des sénateurs Herber Kohl, Sherrod Brown, Jesse Francis “Jeff” Bingaman Jr  et Thomas Stewart Udall, tous membres dudit Caucus. Ces derniers qui subissaient l’influence néfaste du sénateur  pro-polisario Patrick Leahy tendent depuis à prendre une position plus équilibrée concernant l’affaire du Sahara. 

Quant à l’implication de maitre Boussier, la  contribution du consultant Tobby Moffet semble plus appropriée. Il s’agit en effet d’un produit du terroir qui en tant qu’ancien congressman, connait le langage à tenir devant ses comparses politiques du sénat. En outre, la notoriété et l’estime que lui vouent plusieurs représentants démocrates font de lui une source d’intérêt crédible et appréciée des sénateurs et staffeurs.

A la lumière de ce qui précède , en termes de rentabilité tant sur le plan financier qu’opérationnel , la présence d’une délégation composée de  M l’Ambassadeur, son équipe de diplomates en charge des relations parlementaires,  du  lobbyiste Tobby Moffet et de son Vice Président for International Business auprès du groupe Moffett,  Talal Belghiti, suffirait amplement pour effecteur le travail de promotion nécessaire auprès des staffeurs et autres personnalités  qui assisteront à cet évènement.

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De : « rboussier@galilex.com » rboussier@galilex.com
À : Aminee AMINE aaamine145@yahoo.fr
Envoyé le : Mer 2 mars 2011, 19h 26min 34s
Objet : Tr: U.S. Under Sec. of State Says U.S.-Morocco Partnership ‘More Important’ Than Ever, Reiterates… — WASHINGTON, March 1, 2011 /PRNewswire-USNewswire/ —

Pour information.
Cordialement.
——Message d’origine——
De: M. Thomas M. WOLF
À: M. Ralph BOUSSIER
Objet: U.S. Under Sec. of State Says U.S.-Morocco Partnership ‘More Important’ Than Ever, Reiterates… — WASHINGTON, March 1, 2011 /PRNewswire-USNewswire/ —
Envoyé: 2 mar 2011 16:57

http://www.prnewswire.com/news-releases/us-under-sec-of-state-says-us-morocco-partnership-more-important-than-ever-reiterates-support-for-western-sahara-autonomy-plan-cites-moroccan-reforms-117190463.html

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RALPH BOUSSIER
Avocat à la Cour
SCP Normand & Associés
7, place de Valois-75001 PARIS

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BEN BARKA : UN JOURNALISTE DE FRANCE 3 DANS LE VISEUR DU RENSEIGNEMENT MAROCAIN ?
Wikileaks marocain : de nouveaux documents fuitent

49 ans après l’enlèvement du principal opposant au roi Hassan II à Paris, en 1965, l’affaire Ben Barka continue d’occuper la justice française et les services de renseignement marocains. Ce mardi 16 décembre 2014, le tribunal correctionnel de Paris examinait la plainte déposée par un journaliste de France 3 à l’encontre du magazine Maroc Hebdo. L’affaire remonte à 2007 : au lendemain d’un reportage de France 3 à propos d’un nouveau rebondissement judiciaire dans l’affaire Ben Barka, l’auteur du reportage, Joseph Tual, a fait l’objet de nombreuses attaques de la presse marocaine. Des tentatives de déstabilisation de la part du Maroc ? Une thèse validée par la publication de nouveaux documents de la part de @chris_coleman24, à l’origine du Wikileaks marocain.
Ce mardi 16 décembre 2014, au tribunal correctionnel de Paris, il était question d’une affaire qui remonte à sept ans, en marge d’une affaire qui date… de 1965. Cette année-là, Mehdi Ben Barka, principal opposant au roi du Maroc, Hassan II, est enlevé en plein Paris. Par qui ? Où se trouve son corps ? C’est tout l’enjeu de l’enquête judiciaire, toujours en cours en France.

Les 22 et 23 octobre 2007, alors que Nicolas Sarkozy est en voyage officiel au Maroc, France 3 fait le point sur l’enquête Ben Barka. Et révèle que le juge d’instruction français en charge du dossier, Patrick Ramaël, a délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de cinq dignitaires marocains, dont le général Benslimane, chef de la gendarmerie royale, et un certain Miloud Tounzi, identifié comme étant le fameux Larbi Chtouki, le principal organisateur de l’enlèvement de Ben Barka, condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en 1966 lors d’un procès à Paris.

Le journaliste de France 3, Joseph Tual, qui enquête sur l’affaire Ben Barka depuis plus de vinqt ans, rappelle dans les deux sujets l’existence d’une ancienne prison secrète à Rabat, baptisée PF3. Ce serait là que Ben Barka pourrait être enterré, ainsi que près de 250 opposants au régime, notamment des étudiants de grandes familles marocaines. Selon nos informations, la justice française aurait même demandé une surveillance satellitaire afin de s’assurer que le terrain vague d’aujourd’hui, propriété de la gendarmerie royale marocaine, reste en l’état, à défaut pour la justice française de pouvoir se rendre sur place pour faire des fouilles. Un sujet très sensible. La preuve ? Pour avoir filmé ce centre de détention secret, Tual est désormais indésirable sur le sol marocain.

« La prison PF3, c’est le tabou absolu, assure Tual, contacté par Arrêt sur images. Tous mes ennuis partent de là ». Des ennuis ? Au lendemain de la diffusion de ses deux reportages, le journaliste fait l’objet de nombreuses attaques de la presse marocaine, comme l’a rappelé Le Point. Le quotidien Assabah le qualifie d' »agent des services secrets algériens ». Tual le fera condamner pour diffamation. Maroc Hebdo International va plus loin et publie un article intitulé « profession fouille-merde », dans lequel on peut lire des retranscriptions d’une conversation entre Tual et l’un des cinq Marocains sous mandat d’arrêt, Miloud Tounzi. D’après les retranscriptions de cette conversation téléphonique qui s’est tenue le 19 octobre 2007, Tual prévient Tounzi qu’il va faire l’objet d’un mandat d’arrêt dans quelques jours et il lui suggère de quitter le territoire marocain car sa vie serait en danger. Un extrait de la conversation pour le moins gênant pour le journaliste de France 3 : cela sous-entend qu’il est de mèche avec le juge d’instruction français.

A la suite de la publication de cet article, Tual dépose plusieurs plaintes. En 2008, le directeur de la publication de Maroc Hebdo, Mohamed Selhami, est condamné pour injure publique. En 2009, Tual porte également plainte pour « atteinte au secret des correspondances » et « atteinte à l’intimité de la vie privée », la conversation n’ayant pas vocation être rendue publique. A l’époque, Tual assure à l’AFP que cette conversation a été « tronquée » et que ses propos ont été « dénaturés afin de manipuler l’opinion ». C’est ce volet de l’affaire qui vient d’être examiné par le tribunal correctionnel de Paris.

Une nouvelle étape judiciaire qui s’inscrit dans une longue liste de procès opposant Tual et Tounzi, lequel a lui aussi porté plainte contre le journaliste, notamment pour atteinte à la présomption d’innocence et injure publique. Jusqu’à présent, Tual a gagné tous ces procès.

L’AVOCAT DE MAROC HEBDO, PAYÉ PAR LES RENSEIGNEMENTS MAROCAINS ?
Ces procès auraient un objectif bien précis : « Le but du jeu est de me déstabiliser, de me mettre la pression », nous assure Tual. Qui précisément ? Des documents diffusés dans le cadre du Wikileaks marocain, dont Arrêt sur images a déjà parlé, apportent peut-être un début de réponse. Celui qui se fait appeler Chris Coleman a publié des documents attestant que l’avocat de Maroc Hebdo est payé par… les services de renseignement marocains, visiblement bien décidés à mener la vie dure au journaliste de France 3.

Parmi ces documents figure notamment une note de frais d’avocat en date du 27 décembre 2011, adressée par le cabinet d’avocats Normand & Associés à Yassine Mansouri, directeur de la DGED, les services secrets marocains. Ces frais d’avocat s’élèvent à 3 900 euros et mentionnent une « facture de Me Bosselut ». Bosselut ? C’est précisément l’avocat de Maroc Hebdo dans l’affaire contre Tual, déjà en cours d’instruction en 2011.

Le document est-il authentique ? Après vérification des données du fichier PDF, il semble que ce document n’ait pas été trafiqué. En revanche, plusieurs interrogations demeurent : pourquoi le cabinet d’avocat Normand & Associés aurait-il édité une telle facture alors qu’aucun de ses avocats n’a travaillé pour Maroc Hebdo dans les multiples affaires judiciaires qui opposent Tual, Maroc Hebdo et Tounzi ? Pourquoi Me Bosselut apparaît-il sur ses factures alors qu’il ne travaille pas pour le compte de Normand & Associés ? Le cabinet Normand & Associés sert-il ici de paravent pour brouiller les pistes afin de masquer les liens entre Bosselut et les renseignements marocains ?

Détail supplémentaire : l’avocat Ralph Boussier, dont la signature figure au bas de la note d’honoraires de Normand & Associé, est « l’un des membres du collectif d’avocats franco-marocains qui représentent le royaume chérifien », dixit RFI. C’est lui qui est monté au créneau en début d’année, au nom du patron de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain (DGST), Abdellatif Hammouchi. Accusé de tortures, notamment par un militant sahraoui qui a reçu le soutien d’une ONG française, Hammouchi a mandaté Boussier pour porter plainte pour dénonciation calomnieuse en France. Voilà pour la connexion Boussier-Maroc. De là à considérer que le document Normand & Associés est crédible et n’est pas un faux…

Contacté par ASI pour savoir si ce document était authentique, le cabinet Normand & Associés a vérifié le numéro de dossier (20071097) figurant sur la note d’honoraires. « A priori, ça ne vient pas de chez nous », nous a-t-on dit au bout de quelques minutes. L’avocat Ralph Boussier, dont la signature figure au bas de cette note d’honoraires, n’était pas disponible à l’heure où nous publions cet article. Tout comme Me Rodolphe Bosselut, l’avocat de Maroc Hebdo.

Arrêt sur image, 18/12/2014

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