Espagne : Plus de 200 mobiles »piégés » avec Pegasus

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Une nouvelle fuite de données révèle l’ampleur du scandale de la surveillance avec le logiciel du groupe israélien NSO. Qui étaient les clients potentiels des Israéliens ?

Plus de 200 téléphones portables d’hommes politiques espagnols, militants, avocats, etc. auraient été sélectionnés pour être « piégés » par le logiciel de surveillance du groupe israélien, NSO, au nom du gouvernement marocain à la suite d’une nouvelle fuite de données entourant le tristement célèbre scandale Pegasus.

Parmi les « infectés » par les logiciels espions NSO figuraient ceux du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et de la ministre de la Défense Margarita Robles. La révélation du scandale a été faite lundi dernier par le ministre compétent Felix Bolanios lors d’une conférence de presse extraordinaire, au cours de laquelle on a appris que le téléphone portable du Premier ministre Sanchez avait été pénétré à deux reprises en mai 2021 et que l’appareil du ministre de la Défense avait été également ciblé une fois en juin 2021. Une enquête a déjà été ordonnée par la Cour suprême d’Espagne sur la manière dont les appareils de Sanchez et Robles ont été « infectés ».

Le gouvernement espagnol s’est jusqu’à présent abstenu de spéculer sur qui était le « client » du NSO israélien pour « ingérence extérieure et illégale », comme Felix Bolanios a décrit les interceptions.

Selon le « Guardian » britannique, le Premier ministre espagnol était « visé » à une période particulièrement mouvementée de la scène politique espagnole. C’était l’époque où le gouvernement socialiste préparait le terrain pour la grâce de neuf dirigeants catalans du mouvement séparatiste, qui avaient été emprisonnés après l’échec de la tentative d’indépendance de la Catalogne en 2017. Dans le même temps, l’Espagne était également plongée dans une tension dilemme avec le Maroc. Une nouvelle fuite de données montre que le Maroc est le client le plus probable de NSO.

La publication britannique, citant une analyse d’Amnesty International, indique que le numéro du téléphone portable espagnol appartenant à Aminatu Haidar, une militante des droits de l’homme bien connue du Sahara occidental, a été inclus dans la base de données divulguée et s’est avéré être la cible du logiciel Pegasus en 2018. Il a également été retrouvé sur un deuxième numéro de téléphone appartenant à Haidar en novembre 2021. Par ailleurs, le téléphone portable du journaliste espagnol Ignacio Tempero, spécialisé dans les reportages sur la région du Maghreb, a été enregistré dans la base de données Pegasus. Cependant, il n’a pas encore été prouvé que les 200 appareils espagnols ou plus prétendument sélectionnés pour la surveillance depuis le Maroc ont été ciblés ou piratés, selon le « Guardian ».

Pendant ce temps, le Canadian Citizen Lab a révélé que plus de 60 personnes liées au mouvement séparatiste catalan ont été ciblées par le logiciel espion Pegasus. À la suite d’allégations d’espionnage par des membres du mouvement séparatiste catalan, le principal allié du gouvernement minoritaire au Parlement, le Parti indépendantiste catalan (ERC), de gauche, a déclaré qu’il ne soutiendrait pas le gouvernement tant que Madrid n’aurait pas pris des mesures pour rétablir la confiance. Gabriel Roufian, député et porte-parole de l’ERC, a déclaré sur Twitter: « L’État a espionné, espionne et espionnera. »

De son côté, le groupe NSO insiste sur le fait que les informations entourant ces allégations sont erronées. La société israélienne affirme que le fait qu’un numéro apparaisse dans la liste des données divulguées n’indique en aucun cas si un numéro était destiné à être suivi via Pegasus. Le NSO a également déclaré que la base de données n’avait « rien à voir » avec l’entreprise.

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