Sanchez espionné via Pegasus : Le Maroc suspect principal

Sanchez espionné via Pegasus : Le Maroc suspect principal – Espagne, Pedro Sanchez, Margarita Robles, Gonzalez Laya,

Il y a une année, les téléphones portables de Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, et de sa ministre de la Défense Margarita Roblès ont fait l’objet d’écoutes « illégales » et « externes », via l’utilisation du logiciel espion israélien Pegasus.

Le gouvernement a annoncé avoir reçu deux alertes du centre de cryptologie l’informant de ces attaques qui se sont déroulées successivement en mai et en juin 2021 et durant lesquelles près de 11 GO (2,6 gigas de données du téléphone de Pedro Sanchez et neuf mégas de celui de Margarita Robles) d’informations ont été extraites. Le ministre de la Présidence, Félix Bolanos, a parlé de faits « d’ »énorme gravité » et a affirmé avoir «la certitude absolue qu’il s’agit d’une attaque externe» (…) en expliquant qu’elle n’est pas le fait d’organismes d’Etat et qu’elle n’a pas été autorisée par la justice. L’espionnage du téléphone portable du Premier ministre, Pedro Sanchez, avec Pegasus s’est produit à deux reprises, les 19 et 31 mai 2021. L’espionnage du ministre de la Défense, Margarita Robles, a été infecté en juin, selon des informations du Centre national de cryptologie espagnol.

Au plus fort de la tension avec le Maroc

Aux dates où l’espionnage a eu lieu, l’Espagne vivait l’un de ses plus grands moments de tension avec le Maroc lorsque, les 17 et 18 mai, deux jours après que plus de 8.000 mineurs marocains, eurent franchi la frontière avec Ceuta en raison de la passivité du royaume alaouite. C’était la réponse du Maroc à l’admission dans un hôpital espagnol du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, avant le virage à 180 degrés de la politique sur le conflit du Sahara menée par Sanchez ce même 2022, acceptant les plans d’autonomie marocains et refusant le référendum d’autodétermination aux Sahraouis. Les observateurs relèvent, dans ce sens, que cette affaire d’espionnage du PM Sanchez intervient au fort de la crise avec le Maroc, selon un rapport d’Amnesty International qui assure que Rabat a utilisé le logiciel espion pour surveiller les politiciens et les journalistes en mai et juin 2021.

L’implication possible du Maroc dans l’espionnage sur les téléphones portables de Pedro Sanchez et Margarita Robles est dénoncée par le bureau du procureur de l’État, selon des sources juridiques et de renseignements consultés par le journal espagnol El Debate. Et s’il se confirme que l’espionnage a été ordonné par le royaume alaouite dirigé par Mohamed VI, l’image du Premier ministre sera fortement compromise, un mois et demi seulement après que Sanchez a reconnu le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental.

Sanchez a-t-il fait diversion ?

Pour le moment, le gouvernement préfère rester prudent avant de lancer un doigt accusateur, et s’en tenir aux procédures qui seront désormais ouvertes devant le tribunal numéro 4 de l’Audience nationale, où une plainte a été déposée. Mais on relève qu’il s’agit d’un pays étranger, puisque le système Pegasus n’est commercialisé qu’entre États souverains. Certes, cette affaire affaiblit le gouvernement mais profite aussi aux Catalans. Les indépendantistes espagnols doutent de la véracité de ces informations en accusant Sanchez de faire diversion pour faire oublier le scandale «Catalan Gate». «Il s’agit d’un mensonge», estime-t-on, qu’alors que le président régional catalan, Pere Aragonés Garcia, accuse Madrid de doubles standards. «Quand l’espionnage massif est à l’encontre des institutions catalanes et de l’indépendantisme, c’est silence et excuses », a tweeté le président du gouvernement régional catalan, Pere Aragonés. « Le deux poids deux mesures est évident. Contre l’indépendantisme, tout est bon ».

Lundi, le principal parti politique de Catalogne et allié du gouvernement a, en rappelant que le gouvernement est lui-même impliqué dans une affaire d’espionnage présumée de 65 dirigeants indépendantistes catalans, appelé à la démission de Mme Robles, la ministre de la Défense, alors que d’autres séparatistes plus radicaux, appellent à mettre fin au soutien à la coalition gauche-centre de M. Sanchez au Parlement. Et ce, au moment où le gouvernement minoritaire de gauche de Pedro Sanchez a besoin du soutien du parti de Pere Aragonés pour rester au pouvoir jusqu’au terme de la législature, fin 2023.

A. R.

L’Algérie aujourd’hui, 04/05/2022

#Maroc #Espagne #Espionnage #Pegasus #PedroSanchez #MargaritaRobles #GonzalezLaya