Espionnage de Pegasus: le gouvernement espagnol sous écoute

Espionnage de Pegasus: le gouvernement espagnol sous écoute – Pedro Sanchez, Margarita Robles, Arancha Gonzalez Laya, indépendantistes catalans,

La question de l’espionnage par le programme israélien « Pegasus » est revenue sur le front européen, après qu’il a été découvert que le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, la ministre de la Défense Margarita Robles et un certain nombre de responsables de l’Union européenne ont été victimes de ce programme.

Les Européens entendent durcir le programme, comme les Etats-Unis l’ont fait pendant des mois. Il s’agit du deuxième défi d’espionnage auquel l’Union européenne est confrontée, après le scandale Echelon.

Lundi, le gouvernement de Madrid a révélé qu’il avait déféré le piratage des téléphones des responsables espagnols à la Cour suprême espagnole pour ouvrir une enquête sur le processus d’espionnage, et a pointé du doigt des forces extérieures sans préciser leur identité.

Malgré les discours du gouvernement sur les forces extérieures, certains partis d’opposition, dont les nationalistes de Catalogne, et même le partenaire du gouvernement dans la coalition, le parti « Podemos », insistent sur la nécessité de former un comité pour rechercher et enquêter sur l’espionnage que le parti catalan militants ont été soumis à par “Pegasus” par les renseignements espagnols, Après que le gouvernement l’ait admis.

Le chef du Parti républicain catalan, Oriol Juncras, a déclaré que ce qui se passe de l’espionnage extérieur pourrait être une couverture pour dissimuler l’espionnage par l’État espagnol de 75 responsables catalans.

Pendant ce temps, les services de renseignement européens ont commencé à exprimer leur grande inquiétude quant au fait que ceux qui avaient été espionnés étaient de hauts chefs d’État et de gouvernement tels que le britannique Boris Johnson, le français Emmanuel Macron et l’espagnol Pedro Sanchez, ainsi que des responsables de l’Union européenne.

On pense que les chefs et autres responsables européens ont été espionnés, mais ils refusent de le divulguer.

L’inquiétude est due à la qualité des informations diffusées par les responsables européens, notamment sur l’OTAN et les plans de l’Union européenne, notamment à la lumière des développements internationaux violents actuels caractérisés par la guerre russo-ukrainienne et le conflit occidental avec la Chine.

Début novembre dernier, Washington a accusé la société productrice de Pegasus, « NSO », de menacer la paix mondiale, et l’a placée sur la liste noire. L’Union européenne est restée réticente à prendre une décision, notamment au niveau du Conseil de l’Europe, composé des chefs d’Etat et de gouvernement. Cette réticence est due à l’acquisition par un certain nombre de pays européens de ce programme d’Israël, comme l’Allemagne, l’Espagne, la Hongrie et la Pologne.

Le Parlement européen a pris l’initiative de former une commission d’enquête sur ce scandale, et la commission travaillera à deux niveaux : le premier est l’implication des pays européens dans l’acquisition du programme d’espionnage intérieur, puis l’Union européenne est exposé à l’espionnage par des tiers.

Le Parlement européen entamera le débat en séance publique sur le sujet à partir de mercredi de cette semaine.

C’est la deuxième fois que le Parlement met en place une grande commission d’enquête sur les activités d’espionnage, après celle qu’il avait mise en place dans les années 1990 pour enquêter sur le programme d’espionnage anglo-saxon « Echelon ». Washington et Londres ont supervisé le programme « Echelon », qui espionnait des pays du monde entier, y compris l’Union européenne, en particulier la France et l’Allemagne.

Les questions des experts ont commencé à proliférer sur le scandale de l’espionnage, et vont dans les directions suivantes, le programme Pegasus met en avant la fragilité et le retard du renseignement européen dans le domaine numérique, puis il peut porter sur un programme très sophistiqué difficilement contrôlable des plus grands experts en espionnage numérique, et enfin l’hypothèse d’un programme similaire à l’israélien utilisé par un pays tiers puissant dans le domaine du numérique et d’Internet.

L’Événement, 03/05/2022

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