De l’arbitrage à l’outrage

De l’arbitrage à l’outrage – mondial, Qatar, Slimani, but, Algérie

par El Hassar Saad*

L’arbitre en football jouit, encore aujourd’hui, d’un pouvoir absolu. Il est désigné par ses instances comme juge d’instruction de l’éventuelle faute commise et comme juge d’applications de la peine, en toute pérennité. L’exécution de la peine est immédiate, il n’y a alors de place ni au doute ni à la tergiversation. Il est facile de comprendre sur un plan général que quand « le magistrat instructeur est en même temps bourreau, la tête du prévenu est déjà sur le billot ».

Le football depuis sa création presque bicentenaire est passé de l’amateurisme tout venant au professionnalisme conquérant. Les fautes autrefois pouvaient se juger facilement sans inconvénient majeur par un arbitrage solitaire ou classique et sans grand dommage pour le récalcitrant.

Aujourd’hui, le football professionnel est devenu mondial. Il est très actif et puissant. Les litiges n’ont pas les mêmes dimensions qu’autrefois. Les médias en font un programme permanent et leurs publics nombreux et fidèles attirent beaucoup d’investisseurs. Les budgets et hiérarchisées sur leurs résultats obtenus dans cette spécialité. Un arbitrage fragilisé peut mener jusqu’à l’outrage proclamé. Il est déjà entré en usage entre des mains peu recommandables et un esprit tourmenté.

Aujourd’hui fort heureusement existe l’assistance vidéo accompagnée d’équipements nouveaux et d’experts en la matière. Encore faut-il qu’elle en fasse usage, au bon moment, de manière appropriée, que l’objet du litige soit parfaitement identifié sous tous ses angles et les contacts attentivement étudiés ne relever d’aucune imagination ou simulation. Il en est de même de la relation arbitre-experts qui doit exclure toute subordination.

Un cas récent, proche de la machination nous est apparu durant la phase éliminatoire, éligible à la Coupe du monde de football 2022 au Quatar. Il réunit tous les inconvénients du passé et attire l’attention sur le présent. Disons aussi qu’il est encore temps de mieux l’étudier et d’y remédier. Le but marqué par Slimani, de la tête de la 99e minute de jeu fut validé puis annulé sans aucune image exposée. En pareil cas, on entend souvent la maréchaussée dire : « circulez, il n’y a rien à voir… »

L’arbitre s’est dirigé lentement vers la VAR ce qui nous paraissait encourageant mais l’a-t-elle consultée. Telle est la question, puisqu’il n’a jamais montré au public ni la main, ni son contact avec le ballon, ni toute déviation du trajet du ballon en rapport avec cette main en sachant qu’ici il s’agit d’un coup de tête et que le buteur, était grand de taille. On a toujours vu dans les cas ayant fait appel à la VAR des images centres sur le litige répétées et les ralentis aussi. Ce qui ne fut pas le cas ici, pourtant cette compétition était internationale et l’enjeu celui d’une Coupe du monde. Le doute s’est désormais installé et le public était désabusé.

La main gauche de Maradona et la main droite de Thierry Henri avaient été « innocentées » et leurs buts validés.

Même si la VAR n’existait pas, les spectateurs ont vu la main de Maradona posée sur sa tempe, accompagner le ballon. Celle de Thierry Henri, posée à hauteur de la hanche droite soulève le ballon et le présent au pied qui lui fit franchir la ligne de but. Les 2 mains, séparément ont accompagné le ballon grâce aux doigts de la main, uniques qualités humaines sur ordre de son cerveau qui ont permis à la main d’effectuer un geste volontaire. Tout autre segment du membre supérieur, avant-bras, coudes, bras, épaule ne témoignent d’aucune volonté d’action. Ils sont passifs et subissent l’impact qui se réfléchi sur eux. On ne peut les accuser d’en avoir usé.

Aujourd’hui, la VAR a apporté quand elle était appropriée, beaucoup de sécurité et calme le public en montrant l’objet incriminé. Dans le cas de Slimani, la VAR qui a été mal engagée, peut être revisitée par de nouvelles expertises approfondies. Malheureusement de nombreux cas litigieux n’ont pu être maîtrisés tant les interprétations étaient tendancieuses devant la même image 2 experts répondaient différemment. Les deux autorités principales la FIFA maîtresse des lois du jeu et de leurs qualités et le Qatar le maître des lieux et de leur probité doivent faire rejouer le match dans de nouvelles conditions appropriées. Cette compétition est mondiale. Le football a besoin d’être protégé d’autant que les budgets engagés sont colossaux que leur public est planétaire que les compétiteurs sont des nations. Leur arbitrage ne doit pas les mener jusqu’à l’outrage.

*Professeur

Le Quotidien d’Oran, 28/04/2022

#Algérie #football #mondial