Algérie: l’Espagne joue avec du feu près d’un champ gazier

Algérie: l’Espagne joue avec du feu près d’un champ gazier – Maroc, Sahara Occidental, gaz, gazoduc Maghreb-Europe, Pedro Sanchez, autonomie,

La crise n’en finit pas entre Alger et Madrid, après les déclarations du président algérien à la presse, faisant état d’une relation bilatérale au plus bas avec la monarchie parlementaire espagnole voisine.

En effet, après qu’Albares eût de nouveau maladroitement aggravé la crise en qualifiant de “polémique stérile” les positions algériennes sur le Sahara qui pointent justement la responsabilité qui en incombe au royaume d’Espagne en tant que puissance administrante. La tension est encore montée d’un cran alors même qu’Alger rassurait au niveau des livraisons de gaz pourtant.

Par le biais de son délégué aux affaires maghrebines (Amar Belani) Ramtane Lamamra qui ne s’adresse plus directement à son homologue espagnol depuis le début de la crise et le rappel de l’ambassadeur algérien à Madrid; celui-ci lui fait savoir de la vive protestation d’Alger au sujet de ses dernières déclarations outrancières.

Déclarations, qui n’ont pas manqué de remonter jusqu’au parlement espagnol qui voit le ministre Albares se prendre un savon monumental par les membres de l’opposition et les autres de son propre parti comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous.

C’est assez surréel, dans une jeune démocratie d’assister à une volte-face pareille et qui va contre les intérêts de son propre pays rajoutaient les observateurs internationaux.

Mais comme apparemment l’agenda de Madrid est le fruit d’une longue réflexion, tout ne s’arrête pas là. Pour encore plus se mettre en porte-à-faux avec Alger, Madrid vient d’annoncer le renversement du flux du gazoduc GME en direction du Maroc. Afin d’aider le royaume du Maroc voisin récemment réconcilié sur le dos des sahraouis à traverser la crise énergétique sans nom qu’il traverse depuis la décision d’Alger de couper les fournitures de gaz.

Il n’en a pas fallu plus pour déclencher une réaction officielle qui sonne comme un coup de semonce en bonne et due forme à l’heure où Madrid dépend d’Alger pour 40 % de ses livraisons de gaz naturel.

“Le ministre de l’Energie et des mines, Mohamed Arkab, a été informé ce jour par message électronique, par son homologue espagnole, Mme Teresa Ribera, de la décision de I’Espagne d’autoriser le fonctionnement, en flux inverse, du Gazoduc Maghreb Europe (GME).

Selon la ministre espagnole, cette opération interviendra ce jour ou demain”, précise le communiqué.

A cet effet, ajoute la même source:

“le ministère de l’Energie et des mines tient à préciser que tout acheminement de “quantités de gaz naturel algérien livrées à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols”.

Il nous reste juste maintenant à attendre que Madrid nous explique quel gaz naturel les autorités espagnoles comptent faire transiter dans ce GAZ-O-DUC sachant que les autres approvisionnements internationaux (USA, Qatar, Russie) sont majoritairement du GNL qui lui se vend sous forme liquide et se livre par méthanier qui requiert du regazéification coûteuse.

Une chose est sûre, si l’Espagne s’avise de jouer avec le feu, elle doit d’ores et déjà prévoir de payer son futur gaz … en roubles.

Mohamed Mezouar

Aldjazair.org, 28/04/2022
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