Maroc : La découverte de pétrole c’est un bluff (experts)

Maroc : La découverte de pétrole c’est un bluff (experts) – Association des géologues et géophysiciens pétroliers espagnols, Espagne, Iles Canaries, AGGEP,

Des géologues et des géophysiciens nient la découverte de pétrole par le Maroc au large des eaux espagnoles : « C’est des conneries ».

L’Association des géologues et géophysiciens pétroliers espagnols (AGGEP) affirme que les gisements de « pétrole fantôme » sont du « bruit » et de la « publicité » pour les partenaires investisseurs impliqués dans le projet.

ALEJANDRO TENA

L’Association des géologues et géophysiciens pétroliers espagnols (AGGEP) a publié une déclaration pour démentir les découvertes de pétrole du Maroc au large des eaux espagnoles dans les îles Canaries. « Il n’y a eu ni ‘trésor’, ni ‘récif’, ni ‘sac’, ni aucune des autres bêtises publiées à ce sujet », indiquent les experts dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Maroc a annoncé la semaine dernière la découverte de plusieurs puits de pétrole. Deux d’entre eux dans la zone de Tarfaya, à moins de 100 kilomètres de la frontière maritime qui sépare les îles Canaries des eaux de Rabat. Les autres ont été annoncées directement par la société britannique Europa Oil & Gas, qui opère avec l’autorisation du régime alaouite et qui a découvert jeudi dernier un supposé « trésor » d’hydrocarbures au large d’Agadir, au nord-est de l’archipel des Canaries.

Pour l’AGGEP, ces annonces ne sont pas soutenues par la réalité physique des puits. « Tous les chiffres qui ont été publiés récemment sur le pétrole fantôme du Maroc entrent dans la catégorie des ressources non découvertes ou prospectives », peut-on lire dans la déclaration.

Dans une autre publication publiée par l’association professionnelle sur son compte Facebook, les experts qualifient de « fausse » la nouvelle de la découverte et la mettent sur le compte des intérêts des entreprises à générer du « bruit » et de la « publicité » pour les investisseurs. Ils pointent également du doigt le Maroc, qui parvient à « attirer l’attention sur l’attractivité du pays en matière d’investissement ».

L’AGGEP fait référence aux systèmes de définition, d’évaluation et de classification des ressources et des réserves d’hydrocarbures, qui établissent les paramètres sur la base desquels on détermine si un champ ou un puits est rentable ou contient suffisamment de pétrole ou de gaz pour être exploité.

Les rapports parlent de puits d’une capacité totale d’un milliard de barils de pétrole. Toutefois, ce chiffre apparemment élevé ne suffirait qu’à satisfaire pendant deux ans la demande de pétrole d’un pays de taille moyenne comme l’Espagne, qui consomme 1,3 million de barils par jour et environ 500 millions de barils par an, selon les données de l’industrie. À tout cela s’ajoutent les coûts d’extraction qui, en raison de la profondeur de la mer, risquent d’être élevés, ce qui compromet la rentabilité d’un tel projet.

Público, 25/04/2022

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