Algérie: Français et membre de la légion étrangère devenu député

Algérie: Français et membre de la légion étrangère devenu député – Mohamed Bekhadra, APN, communauté algérienne établi à l’étranger,

Il aurait servi dans la légion étrangère, combattu dans plusieurs pays d’Afrique du Sahel au nom de la France puis naturalisé en 2006, il devient ensuite député à l’issue des législatives de juin 2021 pour la communauté algérienne établi à l’étranger dans la circonscription de Marseille (Zone 2).
C’est le parcours plus au moins étrange de Mohamed Bekhadara depuis quelques semaines sous la loupe de l’assemblée nationale populaire (APN) qui a obtenu des documents confirmant le passé militaire de ce député, activant sous la houlette du Front national algérien (FNA).

Sur la base de ces “preuves” l’APN, aurait annulée mercredi 13 avril la carte du député installé à Bordeaux avec interdiction de rentrer dans l’enceinte du parlement en attendant son exclusion lors de la prochaine plénière”, a indiqué au Jeune Indépendant qui a précisé que le Conseil constitutionnel a été saisi de son cas.
Selon la même source, Mohamed Bekhadra s’est engagée de 2002 à 2007 dans la légion étrangère à Aubagne dans le département des Bouche-du Rhône. Il est muté ensuite au 4ème Régiment de la légion étrangère basé sur la route de Pexiora à Castelnaudary dans le département de l’Aude dans le sud-est de la France.

Il sera détaché au sein du régiment français d’interventions au Tchad. Au terme de sa mission, il obtient une médaille de bronze. A son retour en France, il est envoyé  1er Régiment étranger de génie situé à la rue du Général Rollet, dans Laudun-l’Ardoise dans le sud-est de la France.

Il obtient alors un permis de conduire pour véhicules “poids-lourd” et  un certificat de démineur, un permis de tractopelle avec un grade de caporal. Il a été bien noté par ses supérieurs dans ce régiment grâce  à  la médaille qui lui a été décernée pendant l’intervention au Tchad. En 2006, il est naturalisé français.

La haute autorité de surveillance des élections chargée de collecter les candidatures ne pouvait rejeter sa candidature compte tenu du faite qu’il était détenteur de la nationalité algérienne et résidait légalement en France et remplissaient les conditions exigées pour prendre part aux législatives.

Le Jeune Indépendant a obtenu une copie de la solde de Bekhadra en tant que soldat mais il n’était pas possible de confirmer son authenticité. Cela d’autant que Bekhadra était injoignable depuis mercredi 13 avril pour répondre aux questions du Jeune Indépendant.

Exclu du FNA
Contacté par le Jeune Indépendant, le président du FNA, Moussa Touati, a d’abord précisé que ce député a été exclu du parti l’an dernier car il lui a été reproché de s’exprimer en son nom personnel et non pas au nom de la plateforme politique du parti.

Interrogé sur son passé au sein de la légion étrangère, le leader du FNA a indiqué que lorsque Bekhadra s’est engagé  dans les élections législatives au nom du FNA, le parti n’avait ni les prérogatives, ni les moyens pour enquêter sur le passé des candidats sauf à vérifier, sur la base des documents exigés par la loi, s’ils n’ont pas des démêlés avec la justice algérienne, de ne pas avoir agi contre la révolution et de fournir une déclaration de patrimoine”.

L’ancien candidat à la présidentielle en 2009 et 2014, a ajouté que ce député a été cautionné par des cadres du FNA qui avaient reçu des de nombreuses candidatures manant  de l’immigration en France.

Selon Moussa Touati, “les adhésions au FNA et à tous les partis se font sur la base de législation et si le militant est reconnu d’avoir violé cette législation, il sera cependant exclu”.

Le leader du FNA ajoutera que les enquêtes sur les députés ne sont pas du ressort des partis mais d’autres organes de l’Etat et que la direction du parti ignorait le passé de cet ancien soldat de la légion étrangère.

S. Ould Brahim