2021: Rétrospective d’une année contrastée

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Dans deux jours nous basculerons vers une nouvelle année. Douze mois se sont écoulés. Ils n’ont pas été de tout repos mais le pays a tenu le coup, difficilement certes mais on a évité le pire. Il faut dire que cette pandémie a bouleversé tous les objectifs. Elle a retardé les échéances et changé des perspectives. Toutes les espérances sont reportées à 2022 mais la prudence reste de mise.

On avait cru que le pire était passé avec 2020 mais on s’est aussitôt ravisé car 2021 a fait dans les prolongations. La pandémie avait repris de plus belle avec ses variants successifs et les confinements de la population ont continué bien que moins contraignants que celui que nous avions connu au cours de l’année 2020. Il n’en demeure pas moins que l’activité économique s’est considérablement ralentie, d’une part parce qu’elle subissait les contrecoups du ralentissement mondial de l’économie avec pour conséquence une baisse conséquente de nos exportations de pétrole et de gaz, principale source de devises et d‘autre part le plan de relance qui devait être lancé au cours de l’année qui s’achève ne pouvait pas être réalisé dans des conditions aussi négatives. Cette pause a quand même permis de conclure la réforme des institutions du pays.

C’est ainsi que les élections législatives ont pu se dérouler dans la plus grande sérénité faisant naître un parlement aux couleurs neutres qui mit fin aux majorités préfabriquées d’antan. C’est aussi le cas du remplacement du conseil constitutionnel par une cour ayant plus de prérogatives que l’instance précédente. Enfin il y a eu les élections locales et l’installation du conseil supérieur de la magistrature différent de tous ceux que nous connûmes de par le passé. Sur le plan institutionnel la mission est achevée. L’État de droit en Algérie n’est plus une fiction mais une réalité. Certes certaines mentalités passéistes persistent encore et rendent encore complexes certaines décisions qui sont en contradiction manifeste avec le fonctionnement fluide de cet État de droit mais le temps faisant son œuvre et l’arrivée au cours des prochaines années d’une nouvelle génération formée dans l’esprit républicain et une perception plus poussée du concept de la nation et des droits civiques éliminera progressivement toutes les carences que nous avions connues et qui avaient un rapport direct et fusionnel avec l’histoire politique et institutionnelle du pays. La nouvelle génération qui prendra la relève réalisera cette Algérie nouvelle, celle des citoyens, sans distinction de sexes ou d’identité culturelle.

2021 a ainsi permis de tourner la page d’un passé controversé qui a pris naissance au lendemain même de l’indépendance du pays. Ce long parcours parsemé de gloire, mais également d’erreurs stratégiques a forgé les esprits d’aujourd’hui, lesquels se sont ouverts sur le monde et compris que les interactions avec e monde qui nous entoure sont indispensables, voire vitales. L’ère de l’enfermement sur soi-même est irrémédiablement révolue. Cette nouvelle Algérie composée de femmes et d’hommes instruits et modernes commence déjà à faire parler d’elle.

2022 cette année qui prendra naissance samedi prochain sera différente de celle qui prendra fin vendredi à minuit, différente forcément car le pays a appris à faire face à des difficultés qu’il n’a jamais connues auparavant. Il a su et pu s’adapter avec un certain stoïcisme et cela lui donne de la force pour aller de l’avant en sachant désormais que rien ne s’acquiert par la facilité et que le compter sur soi est devenu la norme.

Djamel SAADI

L’Entreprise aujourd’hui, 30/12/2021