La France accusée d’exacerber le conflit algéro-marocain

La France accusée d’exacerber le conflit algéro-marocain – Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Israël,

Une tribune mise en ligne par le journal L’Humanité, est venue incriminer directement la France dans l’exacerbation des tensions entre Alger et Rabat, et pouvant même dégénérer en conflit armé. Elle commence d’abord par battre en brèche tous les clichés éculés visant à expliquer doctement ces conflits.

Les raisons objectives et réellement motivées sont en effet liées à la poursuite de l’occupation illégale du Sahara Occident, mais aussi les nombreux actes hostiles et criminels du Maroc, dont son recours aux drones tueurs ainsi que l’installation d’une base militaires sioniste non loin des frontières algériennes.

Cette alliance stratégique entre deux entités colonisatrice, génocidaire et ségrégationniste ne passe en effet pas du tout. « La vérité est que la guerre a déjà commencé en raison de l’incapacité de la communauté internationale, et de l’absence de volonté claire de la France en particulier, à faire valoir le droit international dans la région.

En novembre 2020, dans un relatif silence complice de nombreux médias, la République Arabe Sahraouie Démocratique (Front Polisario) a dû reprendre les armes, après avoir attendu pendant près de 30 ans le référendum d’autodétermination sur le Sahara Occidental, conformément à la résolution 690 du conseil de sécurité de l’ONU du 29 avril 1991 ; et qui n’a jamais eu lieu », lit-on notamment dans cette tribune.

Elle enchaine pour évoquer les récents crimes de guerre marocains : « Ce nouveau conflit armé a déjà généré ses crimes de guerre : entre autres, trois commerçants civils algériens tués par une attaque au drone attribuée au Maroc dans la bande libérée du Sahara Occidental, le 1er novembre 20212 ; 11 victimes civiles sahraouies le 17 novembre et, le 27 novembre, un adolescent sahraoui, tous bombardés par des drones de l’armée marocaine (El Pais, 27 novembre)3 .

Nous avions averti, en avril 2018, l’opinion publique et le Président de la République de la lourde responsabilité de la France dans la non-décolonisation du Sahara Occidental (L’Humanité, 18 avril 2018)4 ». or, s’indigne ce document, « Plutôt que de se conformer au droit international et tout en reconnaissant la colonisation comme un crime contre l’Humanité (déclaration du candidat .

Macron à Alger en février 2017), les autorités françaises soutiennent la colonisation marocaine de ce territoire non-autonome des Nations unies, entre autres en installant une délégation de la chambre française de commerce et d’industrie à Dakhla, dans la partie illégalement occupée par le Maroc (1er mars 2019), en permettant la mise en place via l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de partenariats scientifiques maroco-français couvrant le Sahara Occidental5, en ouvrant une antenne du parti présidentiel, LREM, à Dakhla également (8 avril 2021) et en soutenant le pillage des ressources naturelles au Sahara Occidental (comme en témoignent les arrêtés de la Cour de justice de l’Union européenne du 29 septembre dernier ; la France apparaissant avec le Maroc dans la partie défenderesse)6 .

Ce positionnement, de fait, en faveur du Maroc, pour des raisons purement économiques et politiques, a conforté la monarchie marocaine dans ses velléités expansionnistes et illégales : opération militaire du Maroc dans la zone tampon de Guerguerat, le 13 novembre 2020, événement déclencheur de la reprise des hostilités armées au Sahara Occidental ; ‘normalisation’ ou ‘accord entre colons’ avec Israël en soutien à la colonisation du Sahara Occidental ; espionnage tous azimuts du Maroc via le logiciel israélien Pegasus (révélé en juillet 2021) ; appui et instrumentalisation du groupuscule MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, dont le chef est domicilié en France), par la monarchie du Maroc, pour impulser un séparatisme en Algérie.

Face à ces provocations, les autorités algériennes ont réagi avec retenue, de manière diplomatique et économique (non renouvellement du contrat du gazoduc GME passant par le Maroc).

Mais pour combien de temps encore, sachant que le Maroc s’apprête à bâtir, en coopération avec Israël, une base militaire près de Melilla, à quelques encablures de l’Algérie ». cette retenue algérienne est donc reconnue par ces scientifiques émérites, ce qui n’est pas peu dire.

Or, elle n’est pas éternelle. Elle a en effet ses limites et sa ligne rouge. Aujourd’hui, c’est notre sécurité qui est menacée. Des répliques proportionnelles ne sont pas à exclure.

Le texte de la tribune enchaine de la sorte : « Nous alertons à nouveau les autorités françaises, ainsi que la société civile en France, et les mettons face à leurs responsabilités.

Que voulez-vous ? Davantage de guerre ou le droit ? À n’en pas douter, si la Monarchie marocaine continue d’être soutenue par les autorités françaises dans ses velléités actuelles, en dépit flagrant du droit international, la situation risque de s’aggraver encore davantage au détriment de la stabilité de la région et, surtout, de la paix entre les peuples ». Personne ne pourra dire dès lors qu’il ne s’avait lorsqu’à dieu ne plaise, le pire adviendra.

Les premiers signataires de cette tribune sont Yazid Ben Hounet, Anthropologue, Chercheur Sébastien Boulay, Anthropologue, Maître de conférences Mark Drury, Anthropologue, Lecturer et Larbi Mehdi, Sociologue, Professeur

Ali Oussi

La patrie news, 17/12/2021

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