Vers une europe fédérale Hamiltonienne(1) ou allemande ?

Vers une europe fédérale Hamiltonienne(1) ou allemande ? – Union Européenne, UE, Nord-Sud, convergence,

Dans mon article de la semaine dernière, je m’interrogeais, en analysant les relations franco-italiennes, à la faveur de la signature à Rome le 26 novembre du traité du Quirinal, sur le sort de l’Europe. L’autre partenaire de la France, l’Allemagne assiste à un changement de gouvernement et au départ de A. Merkel, qui part le devoir accompli. Mais si son action pendant 15 ans a été universellement saluée, elle laisse une Europe face à ses démons.

Devant l’intenable situation dans laquelle elle se trouve, l’UE se doit de surmonter une crise que la catastrophe sanitaire causée par le nouveau coronavirus ne peut durablement dissimuler.

Les divergences économiques, budgétaires, commerciales entre ses principaux membres ne peuvent leur permettre de conserver une monnaie unique au prix d’une fuite en avant en adoptant des mesures ad hoc, au coup par coup, qui laissent intacts les problèmes non résolus, ceux d’une Union mal conçue, une Union dont chaque membre détient un droit de veto dans un ensemble dans lequel règne une compétition féroce en matière fiscale et sociale.

Les joueurs de tailles et de moyens inégaux soumis à une compétition interne qui ne peut qu’accroître les inégalités et les inévitables risques de scissions.

Dans ces circonstances, on peut se demander si l’Europe courre vers une désagrégation tout comptes faits, très peu probable en raison des dommages qu’elle engendrerait pour tous ou vers une fédéralisation dont on ne voit pas les contours que certains souhaitent, que certains craignent et que d’autres refusent ?

« Fracture » nord-sud.

Le problème dont il est question ici n’est pas nouveau.

Il ne réside pas dans l’écart entre Europe du sud et Europe du nord que la politique de « convergence » imaginée au début des années 1990 (d’où les « critères de convergence » établis par les traités) était sensée réduire.

Le problème est le creusement tendanciel, irrépressible de cet écart que l’Union n’a pas réussi à juguler.

Non seulement la politique devant faire converger les économies a échoué (y compris d’ailleurs au sein des pays et entre l’Europe et le reste du monde), mais celles-ci n’ont pas cessé de diverger.

Pour l’observer, le mesurer et apprécier au mieux le format du problème, on peut comparer la situation entre les deux principaux pays qui composent les deux parties de l’Europe qui divergent menaçant la stabilité de l’ensemble de l’Union. A savoir l’Allemagne et la France.

Nous laisserons de côté les problèmes spécifiques liés à l’ex-Europe de l’Est, sous la forte influence des puissances extra-européennes, en particulier des Etats-Unis, qui contribuent à leur manière à tirer parti des confusions de l’Union.

Une Communauté mise en place par un général américain (G. Marshall) et pas à un économiste ou à un politique ès qualité, c’est dire à quelle hauteur elle était placée, aux lendemains de la guerre pour consolider le pouvoir américain, non pas seulement face aux « démocraties populaires », mais aussi -et surtout- pour subordonner les intérêts de l’Europe à ceux de leurs « libérateurs ».

L’URSS a disparu. L’OTAN est toujours là.

Césure franco-allemande.

Après une tournée d’adieu triomphale qui l’a menée dans de nombreuses capitales dans le monde, la chancelière Angela Merkel se retire cette semaine et laisse les rênes de son pays à un triumvirat tricolore (social démocrate, Vert et libéral).

Comme ses prédécesseurs, sans doute davantage, elle aura fait de l’Allemagne un pays puissant, pas seulement la première puissance économique et commerciale de l’Union, mais peu à peu le coeur décisionnel de l’Europe autour duquel gravitent tous les autres.

Mais attention, il ne s’agit pas ici de troquer des illusions contre d’autres illusions. L’Allemagne n’est pas un pays de cocagne qui ignore les inégalités et les déficits, les erreurs et les confusions.

Lorsque Charles de Gaulle avait tendu la main à Adenauer, ce n’était pas par bonté d’âme. Les hommes politiques à la hauteur de leur charge, cessent d’être des hommes et n’ont pas les moyens de verser dans la sensiblerie et les affections romanesques. Allemands et Français avaient des intérêts communs et trouvaient leur compte dans une alliance dont ils n’exigeaient pas davantage que ce qu’elle ne pouvait leur donner. En face et, de part et d’autre, les adversaires étaient puissants, sourcilleux et intelligents.

L’Allemagne cherchait à se relever de la tragédie de 1933-1945, discrètement, à l’ombre d’un général, coincé entre MRP (résolument atlantiste) et PC (populaire et électoralement influent), qui avait besoin d’autonomie et de marges de manoeuvre que les Etats-Unis lui refusaient avec l’aide de nombreux et zélés supplétifs Français qui gravitaient autour de l’Elysée.

A. Merkel a eu beaucoup de succès dans son pays mais n’a pas réussi à réduire l’abîme qui s’est élargi et approfondi entre son pays et la France. Naturellement personne ne pourrait le lui reprocher, parce que cet échec est une oeuvre commune.

De même que l’Allemagne est une obsession pour la France, la France n’a jamais cessé d’en être une pour l’Allemagne. En sorte que derrière le traitement des problèmes européens posés par les pays du « Club Med », c’est toujours la France et ses déficits qui préoccupaient Berlin.

Mai 2017. Lorsque E. Macron avait été élu président, les Allemands – qui avaient déjà une expérience du ministre de l’économie- ne s’étaient faits aucune illusion sur la politique et les procédés du nouveau président. La « une » du Spiegel, du 13 mai, l’exprime avec ironie et une pointe d’inquiétude qu’il ne cherchait pas à dissimuler.

Le Spiegel n’est pas daltonien : le jeu de couleurs sur la photo ci-dessous porte un message souligné par le texte.

Titre : « Cher (dans le sens de dispendieux) ami ». Commentaire : « Emmanuel Macron va sauver l’Europe et c’est l’Allemagne qui paiera la facture ».

Le message était direct et franc (pour ainsi dire). C’est rare de la part des Allemands qui préfèrent les échanges discrets, même de l’époque d’un Wolfgang Schäuble. Il ne l’est pas moins aujourd’hui. Le mythe du « couple franco-allemand » (« clé de voûte », « tandem »…), vocable inadéquat et erroné entretenu par les Français, a surtout servi a masquer le problème en mélangeant, en confondant -parfois sciemment- les registres.

Longtemps, avec subtilité et collaboration compréhensive de tous les partenaires, parmi lesquels l’Allemagne a joué un grand rôle, on a pris soin de ne pas amalgamer la situation française avec celle des pays notoirement et chroniquement en difficulté du sud l’Europe : la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, voire celle de l’Irlande.

Pourtant, l’UEM avait été conçue pour endiguer, pour maîtriser ce processus qui minait déjà depuis longtemps la stabilité économique et monétaire en Europe, en particulier entre France et Allemagne. Pour comprendre cette affaire un retour rapide aux conditions initiales s’impose.

Retour à la crise grecque.

Au cours de la crise grecque en 2015, il n’a pas été suffisamment pris garde aux vrais enjeux, au fait que se jouait plus que le maintien ou non de la Grèce dans l’euro-zone et même dans l’Union. Il est vrai que la situation financière grecque était alarmante et que le gouvernement de Syriza, dirigé par Alexis Tsípras, était cerné de tous côtés dans une situation ingérable, des fauves impitoyables qui en voulaient à sa légitimité et à son existence.

La crise dépassait le cas de la Grèce. L’Allemagne et les pays qui gravitaient autour d’elle, sommait de ne surtout pas céder aux pays membres de l’Euroland qui reniaient leur signature et ne respectaient plus les critères de l’UEM auxquels ils ont souscrit et les « réformes structurelles » qu’ils avaient promis de mettre en oeuvre. Tout indulgence à l’égard d’Athènes signifiait une remise en cause de tout l’édifice de l’UEM et, par-delà, l’ensemble de la construction européenne validée au début des années 1990. Il y a de plus, par-delà les intérêts, une dimension morale en cette affaire qui vient de loin. Céder aux pays déficitaires reviendrait à accepter un partage inique et immoral en ce qu’il punit les efforts fournis par les pays frugaux et gratifie l’incompétence, la paresse, l’indolence, le parasitisme.

Sous le titre « « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence » dans Le Monde, du 22 août 2015 Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, révèle ce que tous savaient mais ne disaient pas. « Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins. »

Est-ce peut-être pourquoi son homologue français (M. Sapin) ne lui apporta aucune aide.

Les enjeux financiers cachaient aussi des enjeux politiques et idéologiques. Ceux qui gouvernaient l’Europe à partir de Bruxelles et de Francfort craignaient des mouvements « populistes » qui fleurissaient un peu partout, en Grèce bien sûr avec Syriza, mais aussi en Espagne (Podemos), en France (les Insoumis)…

Au lendemain du référendum grec, M. E. Macron, ministre français de l’économie d’alors décrivait ainsi la situation lors d’une rencontre organisée dans les locaux du quotidien régional La Provence à l’occasion d’une visite à Marseille. « Le Front national est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême droite. Mais, d’ailleurs, vous voyez cette coagulation des contraires se faire : qui adore Syriza chez nous ? M. Mélenchon et Mme Le Pen. Avec qui s’allie M. Tsipras en Grèce ? Avec son extrême droite souverainiste » « Ces populismes sont le même symptôme d’un même mal». (AFP le lundi 06/07/2015)

Il est difficile de résister à l’exercice de la force, quand on en dispose, dans la défense effrénée de ses intérêts. Les Etats-Unis qui dépensent plus de la moitié des dépenses militaires de la planète en sont régulièrement « victimes » et font impunément de très nombreuses victimes.

Au cours de la crise grecque du premier semestre 2015, les représentants allemands se sont comportés avec une violence inouïe à l’égard des dirigeants grecs.

C’était d’autant plus surprenant qu’elle fut (surtout mais pas seulement) celle d’un ministre des finances allemand handicapé, mais orthogonal et intraitable, assis dans sa chaise, à partir de laquelle il a conduit les négociations avec une rigidité et quelquefois un cynisme cruel.

Cette violence était aussi destinée, c’était peut-être sa principale raison, à tous les autres pays, la France en premier, qui seraient tentés de violer les traités rigoureux auxquels ils avaient librement souscrits. La Grèce de A. Tsipras, abandonné par ses homologues méridionaux, était à l’évidence un exemple à donner à tous les autres Européens que les Allemands appelaient alors les « pays du club Med » (la référence à l’origine française du Club n’était pas fortuite).

La Chancelière allemande n’est ni modeste, ni réservée. La personnalité des gouvernants relève du cinéma ou de la com’. Elle n’entre pas en ligne de compte quand il s’agit de la conduite des affaires d’une nation. Les dirigeants et le peuple allemands ont intériorisé les conséquences historiques de leur hubris historique et en ont mesuré l’ampleur. Ils en ont aussi tiré les conclusions et déployé leur puissance dans un cadre économique, commercial et financier.

Via l’Europe de Maastricht, Berlin et ses industries dominent bien plus efficacement (et plus pacifiquement) l’Europe que ne l’avaient fait naguère les panzerdivisionen de la Wehrmacht.

Les morts d’aujourd’hui figurent dans d’autres rubriques : chômeurs, travailleurs indépendants, pertes de parts de marché, émigration des compétences, chute de l’investissement, déficits sociaux…

Dévaluations françaises successives et sans effet.

En 1968-1973 (Accords de la Jamaïque), les autorités américaines ont décidé de mettre un terme aux changes fixes, aux liens stables depuis l’été l944, aussi bien entre les monnaies qu’entre le dollar et l’or (une once d’or = 35$ et un dollar = 0.881 gr. d’or), ce qui revenait en fait à la fois à une privatisation des marchés de change.

La dépréciation des créances américaines qui en a résulté, dont le dollar, améliore la compétitivité-prix de leurs exportations mis à mal par les performances allemandes et japonaises qui ne cesseront de s’accroître et de gagner des parts de marché. La guerre avait changé de territoire.

Les Européens (V. Giscard d’Estaing, ancien ministre de l’économie et des finances du général de Gaulle, 1962-1966, a joué en cela un grand rôle) ont riposté en créant le SME (système monétaire européen). Ce dernier consistait, à défaut d’un ordre global, à rétablir un ordre local, à l’échelle européenne, par lequel ils tentaient de préserver une stabilité monétaire pour réguler leurs échanges économiques internes et les soustraire aux fluctuations erratiques de la monnaie américaine désormais sujette à des spéculations sauvages sur les marchés de change.

Marges de fluctuations fixées, concertations étroites et régulières, n’ont pas empêché une succession de dévaluations au sein du SME, précisément celles des monnaies des pays aujourd’hui pointées du doigt par leurs partenaires « frugaux » : la pesetas, la lire, l’escudo… et le franc français. Pour bien saisir cette évolution qui aujourd’hui prend l’allure d’une fracture gravissime que la naissance de l’euro ne parvient pas à occulter, examinons une hypothèse, un raisonnement fictif qui n’a ici qu’une valeur pédagogique.

– En 1960 (naissance du Nouveau Franc) 1 franc français était égal à un deutsche mark

– En 2000 (naissance de l’euro), 1 DM = 3.5 FF

Tout est dit. Le calcul fictif est le suivant : Si la France était à vendre en 2000, les Allemands pouvaient s’en porter acquéreurs à un prix 3.5 moins élevé que 40 ans plus tôt. Il ne s’agit pas ici d’offenser qui que ce soit. D’autant moins d’ailleurs que la comptabilité nationale est inapte à observer les nations qui échappent par nature à toute évaluation de cette sorte et ne retient que les flux entrées/sorties (TES). Ce qui remet à sa place les raccourcis caricaturaux des pays que l’on pourrait gérer comme des entreprises. La valeur des nations échappe à cette réduction, à cette grossière simplification qui distille un argumentaire factice emprunté aux vieilles idéologies du XIXème siècle.

Ce qui importe ce n’est pas -à un instant donné- d’établir une parité monétaire qui n’est qu’une facette mineure des comparaisons entre économies. Au reste, dans un régime de changes flottants, il suffirait d’une spéculation sur les monnaies ou un changement de monnaie de référence pour perturber les résultats nominaux des acteurs (Etats et/ou entreprises) et donc leur évaluation par les agences de notation et les marchés…

Ce qui importe, c’est de dévoiler, non un état, mais un processus relatif à la compétitivité différentielle des deux économies en évolution, dont la monnaie, parmi d’autres, est un indicateur, un repère qui ne doit pas être négligé.

Naturellement, l’analyse comparative devra intégrer l’organisation administrative, les modes d’arbitrages budgétaires, les décisions politiques concernant l’économie, le choix des acteurs, le régime de propriété, la politique fiscale, l’inflation, les taux d’intérêts (à long terme qui échappent aux Banques Centrales)… Depuis l’instauration de la monnaie unique, les différences n’ont cessé de s’accroître avec les problèmes qu’elles induisent, administrées avec de moins en moins de doigté et de discrétion.

– Croissance du PIB par habitant de 2000 à 2018 :

France : +13%

Allemagne : +30%

Suisse : +40%

– Déficits commerciaux d’un côté, excédents de l’autre.

Les autorités françaises ne peuvent plus cacher la nudité du roi.

François Bayrou, haut-commissaire au Plan en introduction d’un rapport en fait état publiquement ce mardi 07 décembre 2021. « Le commerce extérieur de la France n’a cessé de s’effondrer depuis vingt ans. Chaque année, nous constatons des déficits abyssaux, de l’ordre de 76 Mds€, quand l’Allemagne affiche un excédent de quelque 200 Mds€. »

Leader mondial de la culture et de l’exportation de pommes de terre, récapitule le rapport, la France est importatrice nette de chips et autres flocons… Il en est de même de l’exportation de bois et de l’importation de meubles. Ce qui autorise F. Bayrou à prendre un risque en ironisant : « Dans de nombreux secteurs, la France a une économie de pays sous-développés. »

Le Haut-Commissariat au Plan estime le montant du déficit annoncé pour le commerce extérieur en 2022 à 95 Mds€, soit 3,7% du PIB, après 86 Mds€ en 2021, selon les prévisions gouvernementales.

Traditionnellement, en excédent avec les pays moins développés qu’elle et déficitaire avec les plus performants, désormais « la France est en situation de déficit vis-à-vis de la plupart de ses partenaires européens ». Entre 2001 et 2019, ses exportations ont augmenté de plus de 54%, mais elles ont progressé de 76% en Italie, de 108% en Allemagne et de 133% en Espagne.

Le Brexit a mis à mal le commerce de la France : le Royaume Uni est un des rares pays avec lesquels elle est excédentaire.

Déficit commercial et déficit courant.

S’il lui arrive d’être chroniquement (et maintenant structurellement) déficitaire, le premier est traditionnellement compensé par le second. Ce n’est plus le cas et cela bien avant le Covid-19. La crise pandémique a fait très mal aux échanges extérieurs français. La pandémie a touché de plein fouet ses deux spécialités sectorielles, les deux domaines dans lesquels l’Hexagone possède un réel avantage comparatif (exportations aéronautiques et recettes touristiques). Conséquence : la balance des opérations (ou transactions) courantes, qui prend en compte le solde des biens et services importés et exportés, ainsi que toutes les autres rentrées et sorties de capitaux (dividendes rapatriés par les multinationales, investissements étrangers en France, transferts unilatéraux privés…), a fini l’année 2020 dans le rouge vif.

Le déficit extérieur a atteint 53,3 Mds€ l’an passé, contre 16 Mds€ en 2019. Cela représente un peu plus de 2 points de PIB, soit le niveau le plus élevé depuis 1951, alors que l’Allemagne, elle, affiche un excédent de près 7%. (Les Echos, le 05 février 2021)

Face au déficit commercial, la France accuse un excédent d’illusions.

Le rapport préconise une réindustrialisation, une relocalisation sans préciser comment et qui. Depuis le traité de Maastricht qui le tient pour perturbateur d’une concurrence loyale, l’Etat a disparu comme acteur, chassé du jeu économique. « L’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème. » déclarait R. Reagan lors de sa prise de fonctions, le 20 janvier 1981.

En souscrivant à ce traité et aux suivants, la France a perdu le principal avantage comparatif qu’elle possédait depuis Louis XIV (et sans doute remonte-t-il à plus loin dans le passé : Philippe Le Bel, Louis XI ont contribué à l’édification de l’Etat français et de son économie).

Une bonne partie du reste en découle. C’est la raison pour laquelle s’il est question pertinente de réindustrialisation et de relocalisation, il est peu probable qu’avec les instruments dont il dispose (fiscalité, réglementation, mesures non tarifaires, BPI…) l’« Etat stratège » puisse davantage que l’expression béate de voeux pieux. Le « patriotisme économique » des entreprises privées, sans faire injure aux convictions personnelles, est un mythe tenace qui ne convainc que les benêts.

Différences de culture politique.

Discrétion d’un côté, Commedia dell’arte de l’autre.

Mercredi 03 novembre. À Beaune (Côte d’Or), E. Macron a remis les insignes de Grand’Croix, la distinction la plus élevée de la Légion d’honneur à Merkel. Il a usé, comme Nicolas Sarkozy avant lui, des mêmes familiarités qui irritent les Allemands et en l’occurrence la chancelière, en ce qu’elles sont déplacées et entretiennent inutilement la confusion des registres. Ecoutons le président débiter ses sucreries, dans un bref discours qui a donné à la cérémonie un ton plus personnel, familier que certains jugeront déplacé.

« Merci de m’avoir tant appris (…) Merci d’avoir accepté ce jeune président impétueux qui voulait tout bousculer », « merci de cette patience et de cette indulgence à mon égard ». « Tu as accepté cette énergie, peut-être parfois cette insolence avec beaucoup de bienveillance et de sagesse et de cela j’ai appris ». « Depuis que tu es Chancelière, la France a appris à te connaître et à t’aimer », « durant toutes ces années, tu as contribué à garder l’Europe unie malgré tous les chocs », « c’est un magnifique destin européen ». « J’espère que cette leçon que tu as laissé, envers et contre tous les vents, se poursuivra », a-t-il poursuivi. (BFM, 03/11/2021).

Sans doute, les conseillers du président (cela n’aura sûrement pas échappé à A. Merkel qui a une longue expérience des extravagances rhétoriques françaises ), n’avaient en tête que la campagne présidentielle que E. Macron a déjà entamée depuis longtemps entremêlant, à son avantage, les activités du président et celles du candidat.

E. Macron se berce peut-être d’illusions lorsqu’il exprime le voeux : « Vous avez contribué à garder l’Europe unie, j’espère que la leçon que vous avez laissée se poursuivra », à spéculer sur les dispositions du prochain chancelier ou des membres de son gouvernement. La France a cru devoir trouver auprès de la patronne des Verts une alliée contre la Chine et aussi contre la Russie. Elle a cherché en vain à compromettre le projet du gazoduc Nord-Stream II que Washington a fini par accepter.

Dans un entretien au quotidien de gauche Taz le 26 novembre dernier (2021) , Annalena Baerbock (ministre des AE) a défendu la volonté de manifester une certaine fermeté à l’égard de la Chine en proposant de boycotter les jeux d’hiver prévus à Pékin en février. Il n’est pas sûr que le ministre de l’économie, Robert Habeck (Alliance 90/Les Verts) adopte ce point de vue.

Une autre erreur est de laisser entendre qu’en juillet 2020, il y a eu un « avant » et un « après », qu’il y a eu un changement de cap de 180°. Les pays débiteurs veulent faire croire à une rupture radicale, un abandon par l’Allemagne (et des pays « frugaux ») de ce qui fait les fondements des traités, de Maastricht à Lisbonne ratifiés par tous.

Le « Pacte de Stabilité et de croissance » n’a jamais cessé d’être en vigueur ni frappé de caducité. Les Français ont sûrement mesuré à quel genre de nouveau chancelier ils vont avoir affaires. Ses positions sont sans ambiguïté : « Je suis sobre, pragmatique et déterminé. » Traité d’automate il réplique : « On me posait toujours les mêmes questions et j’y apportais toujours les mêmes réponses. » Son credo est propre à épargner les méprises aux écornifleurs : « On ne donne que ce que l’on a ». (AFP, mercredi 08 décembre 2021)

Les États membres sont toujours contraints de garder sous contrôle leur dette et leur déficit publics. Les déficits publics ne devraient pas dépasser les 3% du Produit intérieur brut (PIB) et les gouvernements doivent respecter une trajectoire de retour à l’équilibre structurel. La dette publique, elle, ne devrait pas dépasser les 60% du PIB, à moins de se réduire suffisamment chaque année. La « mutualisation des dettes » décidée en juillet 2020 a un caractère strictement exceptionnel. Elle est temporaire et limitée (aux conséquences de la pandémie). Berlin a pesé de tout son poids pour que les pays frugaux acceptent la solution péniblement trouvée et adoptée pour éviter d’ajouter aux désordres financiers, économiques et politiques, ceux d’une pandémie dont personne ne pouvait prévoir les conséquences gravissimes préjudiciables à tous.

La mise au point de vaccins, à une vitesse inconnue dans l’histoire épidémiologique, donne du répit et de la visibilité. Si la situation à l’échelle mondiale continue de préoccuper, il est cependant possible d’envisager un retour progressif à la situation prépandémique, dans l’état proche de celui d’avant 2020.

Le « jour d’après » tend de plus en plus à ressembler au « jour d’avant ». En tous les cas, tous ceux qui y ont intérêt oeuvrent à ce qu’il en soit ainsi. Tous les apocalyptologues en herbe en seront pour leurs frais.

La désignation du prochain gouvernement allemand et du chancelier Olaf Scholz offre une autre occasion pédagogique de constater et de souligner le gouffre de différences de part et d’autre du Rhin.

Des négociations longues et sérieuses avec un contrat rigoureux en bonne et due forme entre les partenaires. Rien à voir avec l’atmosphère à la mode de la IVème République en France qui est de retour depuis que les présidences succédant au Général (notamment sous J. Chirac et N. Sarkozy) se sont appliqués à détricoter la Constitution de la Vème République.

Les décisions en Allemagne sont difficiles, prennent du temps, sont le produit d’un processus complexe qui associe une multitude d’acteurs (les entreprises, les banques, les assurances, les partis politiques -de la majorité et de l’opposition-, les Länder, les syndicats…) dont les intérêts diffèrent et divergent. Toutefois, lorsqu’un compromis est trouvé et validé, sauf contexte critique majeur, tous alors s’y tiennent.

On répète fréquemment en France avec un dépit compassé que les entreprises en France n’ont pas affaires à des syndicalistes allemands. On oublie d’ajouter que les travailleurs français n’ont pas affaires non plus au même patronat…

Des choix de politique étrangère orthogonaux

L’Allemagne et la France ont des bilans économiques, commerciaux, budgétaires… bien différents. Elles divergent aussi dans leurs relations avec le reste du monde.

Il en est de leur politique énergétique qui implique leurs relations internationales. La France fait l’éloge du nucléaire (67.1% du mix) que les Allemands ont abandonné en 2011 (12.1%). L’Allemagne tire 26.6% de son énergie des éoliennes, seulement 7.9% en France. Certes il y a le gaz et le charbon nécessaires à l’industrie allemande. Mais à l’horizon 2030 l’Allemagne promet de réaliser sa transition énergétique (Energiewende). Or, 2030, c’est demain. Cependant que la France aura un plus long chemin, plus compliqué pour y parvenir.

Le compromis trouvé à troquer le gaz contre le nucléaire est un subterfuge provisoire.

Les piques françaises contre l’Allemagne sont non seulement inutiles, mais aussi contre-productives. Exemple : lors de son déplacement récent en Polynésie (Manihi, Archipel des Tuamotu), E. Macron a cru opportun de plastronner. « La France a une chance quand on parle de l’émission de gaz à effet de serre, c’est le nucléaire. Nous sommes le pays d’Europe qui a le moins de tonnes de CO2 émises par habitants. Et pourquoi ? Parce qu’on a le nucléaire historiquement. Là où les autres pays ont des mines de charbon ou importent beaucoup de gaz, nous, on a la chance d’avoir le nucléaire historique ». (France info, mardi 27 juillet 2021).

Une critique à peine voilée contre le soutien indéfectible que l’Allemagne a apporté au gazoduc Nord-Stream 2.

– En matière migratoire les deux pays ont des positions opposées concernant leur attitude à l’égard des flux migratoires. Certes, la « générosité » allemande s’explique pour une part par sa dynamique économique et démographique.

De décennies après la fin des empires coloniaux, la France semble renouer avec des débats d’un autre temps. L’approche de son histoire coloniale la conduit à une dérive politique intérieure, à une atmosphère globale hostile à l’étranger venu du sud, à une surenchère en matière culturelle et cultuelle que ses partenaires européens observent avec étonnement et circonspection.

Au cours de la campagne électorale allemande, l’étranger n’a jamais été un objet de controverse. Le code de la nationalité allemande a évolué, ajoutant au droit du sang le droit du sol. Cependant qu’en France la campagne électorale portent certains partis influents à faire le chemin inverse.

– A l’égard de la Russie et de la Chine, ainsi que des Etats-Unis et de l’OTAN, il y a là aussi plus que des nuances.

Le choix du doublement du gazoduc russe à travers la mer Baltique déplaît à Paris. Berlin n’en a cure et l’a fait admettre par Washington. Même si les ruses américaines (en particulier via les ex-PECO et la crise ukrainienne) en retardent la mise en service effective. Nous reviendrons prochainement sur les enjeux géopolitiques de ce gazoduc.

Un trafic de plus en dense, plus sécurisé, plus fiable, plus rapide et moins coûteux commence à prendre le chemin de l’Arctique sous le contrôle et l’aide des brises glace russe.

L’Allemagne a tissé des liens de plus en plus complémentaires et profitables avec la Chine : l’une orientée compétitivité-qualité et pôles industriels spécialisés (mécanique, machine-outils, chimie, automobile haut de gamme…) et l’autre compétitivité-prix et production généraliste. La Chine a réalisé des progrès technologiques considérables dans des domaines jusque-là l’apanage des pays très avancés. L’« atelier du monde » dont les transnationales occidentales espéraient continuer à exploiter le travail et polluer impunément son environnement s’est profondément transformé et s’est mis à produire des biens technologiquement compétitifs que les sanctions pilotées par les Etats-Unis n’atteignent que très marginalement. Ainsi en fut-il par exemple de l’affaire Huawei.

Cette évolution ne semble pas perturber les échanges sino-germaniques. L’économie et l’industrie allemande résiste à ces mutations comme elle a résisté aux progrès accomplis par l’économie japonaise à partir du début des années 1970.

Depuis 5 ans, l’Allemagne est le plus gros partenaire commercial de la Chine qui est devenue le premier client de l’Allemagne.

Les ventes de l’Allemagne à la Chine (voitures, machines-outils, produits électrotechniques et chimique… essentiellement des produits à très haute valeur ajoutée) sont estimés à 96 Mds€.

Les investissements allemands en Chine se montent à 86 Mds€.

Les Nouvelles routes de la soie parcourent toute l’Asie Centrale pour acheminer les produits par train de Pékin à Duisburg. L’axe Berlin-Moscou-Pékin esquissé par la Russie vers l’échafaudage d’un monde eurasiatique commence peu à peu à prendre forme. Fondé sur des intérêts mutuels où chacun y trouve intérêt, sans être conditionnés par des adhésions idéologiques et politiques. A l’évidence, il échappe à la géostratégie atlantique et menace les intérêts américains en Europe continentale.

La France a fait d’autres choix. Elle marche dans les pas des Etats-Unis et de la Grande Bretagne et pas seulement quand il s’agit d’intervenir militairement un peu partout dans le monde. Paris calque imprudemment son approche sur celle de Washington sur presque tous les conflits que l’Amérique entreprend dans le monde : Biélorussie, Ukraine, Russie, Chine, Venezuela, Sahel, Turquie, Irak, Syrie, Palestine, Iran, Cuba…

La singularité de la voie tracée par le Général n’est plus qu’un écho lointain. Et Ch. de Gaulle n’est plus qu’une caricature récupérée-y compris par ceux qui l’ont combattu-, abusant ainsi des électeurs qui ne l’ont ni connu, ni lu.

Le problème est que si les Etats-Unis, même si leur puissance régresse, ont les moyens de se tromper avec des marchés financiers mondialisés, une monnaie de référence (de transaction et de réserve), une industrie militaire dominant, des GAFAM qui contrôle les communications mondiales, des normes juridiques, linguistique, juridiques imposées à tous… il n’en est pas de même de la France soumise à des décisions unilatérales, espionnée, bafouée en ses intérêts et en son autorité. La récente affaire du contrat de sous-marins franco-australien torpillée (c’est le mot) par son « allié » américain illustre cette singulière subordination qui participe à la déstabilisation politique française.

Vers une Europe Hamiltonienne ou une Europe allemande ?

Comment a-t-il été possible de lancer une monnaie unique, à pouvoir d’achat identique pour tous les partenaires si différents sans mécanisme coercitif à même de réguler la création monétaire par le crédit ? Il y a la vitrine et il y a la réalité qui a imposé que la solution à ce problème ait été cachée aux peuples européens. La centralisation du contrôle budgétaire, c’est-à-dire des dépenses publiques et de la fiscalité déplace le centre de gravité du pouvoir politique et le soustrait aux Etats. Mais pas à tous les Etats. Les négociations discrètes à Bruxelles sont plus « efficaces » pour l’Allemagne que les tractations bilatérales sous les feux des caméras.

C’est d’ailleurs ainsi que l’économie française, via les directives européennes, a, peu à peu intégré des règlements et des lois qui sont passées au Palais Bourbon via le Parlement européen et la Commission à Bruxelles. C’est ainsi qu’après avoir repoussé par référendum en mai 2005, la France a accepté l’essentiel du contenu du Projet de Constitution Européenne giscardien.[10]

Croire que le fédéralisme va égaliser et réinitialiser la situation, effacer les « ardoises » est une illusion commune à ceux qui se toisent de profil et n’osent regarder la réalité en face. Il en sera des pays européens de ce qu’il en a été de la réunification allemande. Les Ossis ont très vite compris qu’il n’y a pas eu de réunification mais une OPA lancée par la RFA sur la RDA.

L’éclatement de l’Union n’est absolument pas une option.

Devine-t-on ce qu’il en serait de la flambée des taux d’intérêt et sa conséquence sur les dettes et leurs coûts pour les pays débiteurs hors de l’Euroland ? Et le contrecoup (contre-coûts) pour les créanciers ? A-t-on idée de l’Himalaya de dettes insolvables accumulées dans le monde ?

En sorte que la domination allemande en Europe, est non seulement inéluctable et logique, mais peut-être salutaire pour l’Union dans un premier temps. Le partage des pouvoirs viendra plus tard, lorsque les nations retrouveront le crédit de leur parole, honoreront leurs dettes et leurs signatures. Toute la question reviendra à se demander, dans un poker menteur à chaque échéance renouvelé, à chaque crise qui fera le plus peur à l’autre, qui persuadera l’autre que la rupture sera plus dommageable pour l’un qu’elle ne le serait pour l’autre. Vieux procédé.

Les arbitrages prendront le temps nécessaire et exigeront subtilité et finesse, (à quoi d’autre servirait la diplomatie ?) mais l’issue est claire : le débiteur conviendra que ses intérêts le portent à écouter le créancier et inévitablement à payer le prix de ses dérèglements.

Les « déraisonnables » expansions monétaires de ces dernières années, sous divers prétextes, ont accru les inégalités entre les nations et en chacune d’elle. Elles ont aussi déversé un océan de liquidités sur les marchés financiers, à des taux d’intérêts très faibles, voire négatifs, sans relations avec le monde « réel », sinon à une extrême minorité qui fait flamber les actifs immobiliers et boursiers. Le jour approche où une compensation nécessaire s’imposera inévitablement : le « jour où la mer se retire, on verra ceux qui se baignent nu » (W. Buffett).

Ce sera l’occasion de tester la solidité des liens qui unissent les membres de l’UE.

1- En 1790, Alexander Hamilton, alors premier Secrétaire au Trésor, a instauré la fédéralisation des dettes des 13 nouveaux Etats américains, réalisant ainsi leur unification politique par leur unification budgétaire. Ce qui a permis au président Thomas Jefferson de déclarer hautement : « La prospérité d’une nation dépend en premier lieu du commerce, qui dépend entre autres de la volonté d’autres nations à nous prêter de l’argent. La première étape est de créer une dette nationale. Plus grande sera la dette, plus large sera le crédit. C’est pourquoi je vous recommande en tant que Président du Congrès, d’endosser toutes les dettes prises par les autres Etats, à travers la création d’une banque nationale. Si c’est l’Etat fédéral qui garantit l’emprunt, les autres seront plus enclins à nous prêter ; et plus grande sera la responsabilité du gouvernement, plus grande sera son autorité. »

2- On ne peut concevoir des « conditions initiales » pour les sociétés humaines et les « sciences » qui se chargent d’en rendra raison que sous un angle méthodologique qui consent explicitement à un arbitraire inévitable. Raisonner en « base » est une simple convention. Même en cosmologie, les astrophysiciens soucieux de cette question précisent que le « big bang » n’est pas un « début » de quoi que ce soit. Les controverses à ce propos sont partagées entre théorie de la relativité générale, mécanique quantique et théorie des cordes (modèle ekpyrotique). Je recommande à ce sujet l’article très accessible de Gabriele Veneziano physicien italien du CERN : « L’Univers avant le Big Bang » Pour la science, 320, 30 novembre 1999.

3- Yanis Varoufakis relate avec des détails d’entomologiste les mois d’affrontement qui l’ont opposé, derrière les partenaires de l’Eurogroupe et les représentants des institutions financières européennes et internationales, au seul adversaire qu’il avait réellement en face de lui : le ministre allemand des finances. Cf. Yanis Varoufakis (2016) : Et les faibles subissent ce qu’ils doivent ? Comment l’Europe de l’austérité menace la stabilité du monde. Ed. Les liens qui libèrent 437 p.

Yanis Varoufakis (2017) : Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe. Ed Babel Essais. 539 p. Ce dernier livre, conçu comme une sorte de verbatim relate les négociations de 2015 dans le cadre de l’Eurogroupe. Ce livre a servi de scénario à un film avec le même titre. « Adutls in the room » Costa-Gavras (2019).

4- Début des années 1960. La parité du franc avec le dollar est fixée par les accords de Bretton Woods à = 4,937 FF ±1%. Comme le deutschemark fait lui aussi parti du même système avec une parité fixe de 1 USD = 4,2 DEM, le franc est la monnaie ouest-allemande sont eux aussi liés à hauteur de 1,1755 FF pour un deutschemark (aux marges de fluctuation près). http://ordrespontane.blogspot.com

5- En 2014, la France a perdu une place dans la hiérarchie des nations classées selon leur PIB. Il a suffi que la 1ère ministre britannique annonçât le 02 oct. 2016 le retrait de son pays de l’Union Européenne. Cela entraîna la chute de la livre sterling. Et aussitôt, de la 6ème place, la France retrouva la 5ème. Cf. A. Benelhadj : « La France redevient la 5e puissance mondiale. Grâce au Brexit. » (Le Quotidien d’Oran, J. 09 octobre 2016).

6- Les Français sont toujours prompts à se mesurer à tout propos avec ce qui se pratique ou qui réussit (ou pas) à l’étranger pour faire valoir une décision, un projet ou un argument. Mais la référence cardinale dont ils sont obsédés demeure les performances de leurs voisins allemands. Il y a de bonnes (et de moins bonnes) raisons à cela.

7- Elle sait que ni N. Sarkozy, ni E. Macron ne souffre d’excès de modestie ou d’humilité. Bien le contraire.

8- Ce qui explique pourquoi sa déclaration de candidature est repoussée le plus tard possible. Cela, avec une précision : il n’y a rien que très normal dans le comportement du président. Entamer une campagne inutilement trop tôt n’est dans son intérêt ni dans celui de son pays qui perdrait en autorité aussi bien à l’intérieur que dans ses relations avec ses partenaires. Surtout dans un contexte pandémique difficile et avec la présidence française de l’Union dès le mois de janvier 2022.

9- https://www.tagesschau.de/inland/baerbock-aussenpolitik-101.html

10-Intitulé exact : « Projet de traité instituant une Constitution pour l’Europe remis au Conseil européen réuni à Thessalonique le 20 juin 2003. » 165 p. V. Giscard d’Estaing a été le président de la convention européenne qui l’a rédigé. Il fut rejeté par la France (référendum organisé le dimanche 29 mai 2005) et aussi par les Pays-Bas le 1er juin de la même année.

par Abdelhak Benelhadj

Le Quotidien d’Oran, 09/12/2021

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