Algérie. Maire sans pouvoir

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Sitôt closes, les élections communales sont déjà dans l’impasse. En effet sur les 1541 communes que compte l’Algérie, seules 500 ont dégagé une majorité absolue.

Ce qui veut dire que les autres communes qui sont au nombre de 1041, auront du mal à constituer leurs exécutifs. Ce qui les contraint à recourir à des alliances pour pouvoir faire fonctionner les APC dans ce cas de figure.

Le président de l’ANIE, Mohamed Charfi , estime quant à lui , que ces communes font face de facto au risque de blocage.

Concernant les assemblées populaires de Wilaya ( APW), le président de l’ANIE précise que dans 14 APW, toutes les listes sont ex-æquo. D’où la aussi le recours aux alliances et concessions pour gérer les affaires de ces wilayas.

Pourquoi est-on arrivé à ces situations ? Les constitutionnalistes estiment, que c’est la nouvelle loi électorale, qui a créé ces situations d’absence de majorité dans des centaines d’assemblées communales et wilayales.

Question : les dés sont-ils déjà pipés pour les maires qui se voient fragilisés par le jeu des alliances et quid du fonctionnement optimal des APC ? Car qui dit alliance dit rapport de force.

« On n’est pas sorti de l’auberge »…nous a affirmé un ancien secrétaire général d’une APC de la capitale.

Finalement , poursuit-il, « la mairie est toujours ce lambeau de la cité que personne n’arrive à faire fonctionner ». « Et le maire, juste un titre avec le pouvoir d’un planton » !

Faut- il désespérer de la mairie , cette immense imprimante des papiers d’état-civil, assiégée chaque jour par des administrés devenus de voraces paperassiers ?

Chaque jour que dieu fait, la mairie devient le confessionnal des désespérés…venant raconter leurs misères quotidiennes a qui veut les entendre.

Le maire est en réunion, disent les vigiles. Le ton monte mais tant pis les âmes perdues feront sans l’édile. Et c’est profusion d’ histoires de toit sur les têtes, de maisons inondées, d’oubliés de la Rahla, de la rente et tutti quanti.

La mairie, unique fenêtre d’une providence qui se refuse à certains, donne à la plainte quotidienne de ces désespérés, la dimension allégorique d’une institution qui ne sert à rien et sans secours pour personne.

Et si on supprimait la mairie ?

La Nation, 02/12/2021

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