Maroc-Israël: Le baiser de Judas qui emportera l’Afrique

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Alger ne cesse de prévenir sur le danger de la présence sioniste en Afrique, mais ses alertes ne semblent pas avoir l’écho souhaité. Cela rappelle étrangement les mises en garde de l’Algérie lorsqu’elle luttait seule et isolée face au terrorisme.

Le monde entier tremble pour le variant Omicron, pourtant le virus sioniste est encore plus grave. Car, c’est tel un virus que l’État sioniste s’infiltre dans toute l’Afrique après y avoir été invité par le Royaume chérifien. Le roi s’accroche à l’illusion que fort du soutien sioniste, il va remporter haut la main la bataille du leadership dans la région et asseoir définitivement sa mainmise sur le Sahara occidental. Or, en introduisant le loup dans la bergerie, Mohammed VI sera le premier à en pâtir car on ne peut cacher le soleil avec un tamis, encore moins occulter l’objectif premier d’Israël qui est d’exploser la stabilité de toute l’Afrique et le Maghreb, Maroc y compris. En acceptant de recevoir le baiser de Juda, Mohammed VI et ses conseillers auront perdu sur tous les fronts. Le premier est le front interne avec le fossé qui se creuse entre le régime monarchique et le peuple marocain. Des manifestations contre la visite du ministre israélien de la Défense au Maroc viennent d’être sévèrement réprimées alors qu’au moins une trentaine de villes se sont enflammées, hier, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Une démonstration grandiose de la rue, de sa désapprobation du pacte de la honte que le roi a signé avec Israël troquant la cause palestinienne contre l’utopie d’une «marocanité du Sahara occidental».

En scellant sa communion avec les sionistes, Mohammed VI a souscrit son divorce avec les Marocains. Pas seulement, le roi a livré son pays, pieds et poings liés, à Israël, pour s’implanter durablement avec la construction d’une base militaire près de Melilla et pomper le pétrole de Dakhla. L’État israélien, lui, ne fait que renforcer sa présence en Afrique. Il se rapproche de la Libye où il veillera à apporter son soutien à Haftar pour garantir un nouveau allié dans la région, mais aura un oeil également sur le conflit malien et soudanais.

En fait, l’Etat hébreu cherche à placer ses pions dans toute l’Afrique comme il l’a déjà fait au Cameroun, au Togo ou au Tchad et ailleurs. Israël, allié des Etats-Unis, vise certes, à contrer la présence russe et chinoise en Afrique dont les potentialités du sous-sol aiguisent tant de convoitises, mais aussi à créer un axe géopolitique, comme l’un de ses responsables l’a déclaré sous le sceau de l’anonymat «Israël et le Maroc sont une partie importante d’un axe pragmatique et positif dans la région face à un axe qui va en sens inverse et qui inclut l’Iran et l’Algérie».

En fait, l’Algérie sait qu’elle est le premier pays visé à travers le pacte israélo-marocain en raison de son soutien à la cause palestinienne et sahraouie et ses relations avec l’Iran. Israël s’est attaqué à l’Algérie, en août dernier via son ministre des AE qui se trouvait sur le sol marocain, affichant ses «inquiétudes au sujet du rôle joué par l’Algérie dans la région, son rapprochement avec l’Iran et la campagne qu’elle a menée contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine».

Il semble bien que le plan d’Israël de déstabiliser l’Algérie a été ficelé bien avant la conclusion de la normalisation avec le Maroc. Car, à bien voir, les deux pays n’ont pas perdu de temps pour franchir en moins d’une année les étapes dans le processus de rapprochement jusqu’à parvenir à conclure un accord militaire. Chose qui n’a pas été faite en plus de 30 ans de relations avec les anciens alliés comme l’Égypte ou encore la Jordanie. Il faut se demander aussi pourquoi Israël a opté pour un accord militaire avec le lointain royaume du Maroc et non pas les voisins avec lesquels l’État sioniste partage les mêmes soucis sécuritaires?

Cela prouve que les deux pays ont un ennemi commun qui est l’Algérie. Les premiers responsables du pays en ont conscience et hier, Ramtane Lamamra n’a pas manqué d’affirmer, dans un entretien au quotidien Al Qods Al Arabi, que l’Algérie «se sent aujourd’hui comme un État qui fait face à l’entité sioniste (…) maintenant qu’il est à nos frontières et signe des accords militaires, sécuritaires et de renseignements avec le voisin, le frère et l’ami».

Alger ne cesse de prévenir sur le danger de la présence sioniste en Afrique, mais ses alertes ne semblent pas avoir l’écho souhaité. Cela rappelle étrangement les mises en garde de l’Algérie lorsqu’elle luttait seule et isolée face au terrorisme. Il aura fallu les attentats contre les tours jumelles du 11 septembre 2001 pour que le monde prenne conscience du fléau transnational.

L’histoire se répète et l’Algérie se retrouve seule face à l’invasion sioniste au Maghreb et en Afrique.

Hasna YACOUB

L’Expression, 30/11/2021

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