Egypte Leaks: L’Elysée porte plainte

France, Opération Sirli, Disclose – Egypte Leaks: L’Elysée porte plainte

Fuite de l’opération en Egypte : la France intente une action en justice pour violation du secret de la défense
Cette décision intervient après les révélations d’un site Web d’enquête selon lesquelles la France a facilité les meurtres parrainés par l’État dans le désert occidental égyptien

Le ministère français de la Défense a déposé mercredi une plainte pour « violation du secret national », après des révélations suggérant qu’une opération antiterroriste française en Egypte était utilisée à des fins de répression interne, a annoncé jeudi le ministère.

L’enquête menée par Disclose, un site d’investigation français, a indiqué que la France avait fourni des renseignements aux autorités égyptiennes, qui ont été utilisés par Le Caire pour « tuer des civils » soupçonnés de faire passer la frontière avec la Libye en contrebande, plutôt que des terroristes, comme convenu.

Le gouvernement français n’a pas démenti les révélations.

Selon un rapport publié dimanche par Disclose – basé sur des documents divulgués – les pays ont coopéré dans une mission nommée Opération Sirli, qui visait à l’origine à fournir des renseignements sur les menaces militantes le long de la frontière ouest de l’ Égypte .

Selon ces documents, l’armée française a été impliquée dans au moins 19 frappes aériennes contre des civils entre 2016 et 2018.

Un document note qu’au cours de l’opération le « problème terroriste n’a jamais été soulevé ».

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L’opération Sirli a débuté en février 2016 sous la présidence de François Hollande.

Elle s’est poursuivie malgré les réserves exprimées à la fois par le renseignement militaire français (DRM) et l’armée de l’air sur la manière dont l’Égypte utilisait le renseignement, a déclaré Disclose.

L’une de ces notes a été adressée à la ministre française de la Défense Florence Parly le 22 janvier 2019, avant la visite officielle du président français Emmanuel Macron en Égypte.

En réponse aux révélations, Hervé Grandjean, porte-parole du ministère de la Défense, a déclaré qu’il « a intenté une action en justice après cette fuite massive de documents classifiés », sans préciser qui était visé par la plainte.

« Il y a eu une fuite de documents couverts par le secret de la défense nationale. Cette fuite est une violation de la loi… extrêmement grave, car ce qui peut être révélé peut dire des choses sur les méthodes de fonctionnement de l’armée, peut mettre en danger la sécurité des personnes impliquées », a-t-il déclaré.

Contacté par l’AFP, le média Disclose a indiqué jeudi à la mi-journée n’avoir reçu aucune notification de la justice.

Le site Internet reconnaît que les révélations sont couvertes par le « secret de la défense nationale » mais affirme avoir publié les rapports « au nom d’un principe fondamental de la démocratie : le droit à l’information ».

Le ministère a également lancé une « enquête interne pour vérifier que les règles ont été appliquées » par leurs homologues égyptiens.

« Les contours de cette mission de renseignement répondent à des exigences extrêmement strictes : il s’agit de la lutte contre le terrorisme, à l’exclusion des questions intérieures », a déclaré Grandjean.

« Nous attendons les résultats de l’enquête pour en tirer les conséquences », a-t-il conclu sans plus de précisions.

Disclose cite des notes transmises en 2017 par le renseignement militaire et l’armée de l’air, qui s’inquiètent de la dérive de l’opération de renseignement, que les Égyptiens utiliseraient pour cibler des civils soupçonnés de trafic.

Malgré les efforts de Paris pour déplacer ses exportations d’armes vers l’Europe, l’Egypte reste l’un des principaux destinataires des équipements militaires français.

Middle East Eye, 25/11/2021

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