France: Tension dans les DOM-TOM

Antilles, Guadeloupe, Martinique, covid 19 – France: Tension dans les DOM-TOM

La situation dans les départements d’Outre-mer continue de se détériorer avec quatre journalistes français, dont un photographe de l’AFP, visés par des coups de feu de la part d’individus à moto dans la nuit de jeudi à hier 26 novembre dans un quartier de Fort-de-France alors qu’ils couvraient les violences urbaines nocturnes dans l’île. Les journalistes ont essuyé trois tirs dans une rue désertée en raison du couvre-feu strict décrété jeudi soir. Des hommes sur deux motos ont tiré sur les journalistes qui étaient en train de filmer et prendre des photos à bonne distance d’un barrage en feu.

Le photographe de l’AFP, Loïc Venance, deux journalistes de BFMTV/RMC Sport, Maureen Lehoux et Julien Taureau, et un photojournaliste d’Abaca Press, Raphaël Lafargue n’ont pas été blessés et ont eu juste le temps de monter à bord de leur véhicule et de quitter précipitamment les lieux. Les individus casqués ne les ont pas suivis. « On est sortis de la voiture pour filmer le barrage de loin. On était près du canal Levassor, tout proche du port de plaisance, un endroit plutôt calme ces derniers jours. On était seuls. J’ai vu deux motos s’arrêter. J’ai crié: Putain y a les motos !», a raconté Loïc Venance.

Les journalistes avaient eu écho que des hommes à moto armés venaient provoquer les forces de l’ordre lors des violences nocturnes. «Au moment de monter dans la voiture, il y a eu un premier tir. Puis deux autres tirs avant qu’on file », a détaillé Julien Taureau. « Ça faisait une heure et demie qu’on tournait dans la ville pour témoigner des violences. On a croisé énormément de policiers qui nous disaient de rentrer. Ils étaient hyper tendus. On s’est dit : c’est hyper calme, c’est pas normal », a rapporté le photographe de l’AFP. « C’était vraiment une nuit pas comme les autres, notre troisième nuit d’affilée. Là, la ville était vide et l’atmosphère très pesante », se souvient Maureen Lehoux.

La Martinique est en proie à des violences nocturnes urbaines depuis l’appel à la grève générale lancé lundi par l’intersyndicale, pour protester notamment contre l’obligation vaccinale. Plusieurs policiers ont été les cibles de tirs depuis lundi, blessant légèrement nombre d’entre eux. La sécurité a été renforcée en amont de la nuit de jeudi à hier, « avec un dispositif plus mobile et plus nombreux pour cibler les points les plus difficiles », selon la préfecture.

La situation aux Antilles qui se dégrade de jour en jour et qui prend des propensions inquiétantes avec des violences accrues et avec de plus en plus de victimes. Reste à voir comment le gouvernement gérera cette situation, et qu’elle sera la prochaine étape après l’envoi du GIGN pour « mater » les manifestants les plus violents. Mais les revendications des antillais, elles, ne vont pas disparaitre avec la violence, d’un côté comme de l’autre et les difficultés de vie qui sévissent en Martinique, en Guadeloupe et ailleurs dans les départements d’Outre-mer demandent une politique de fond et surtout des réponses sur le long terme pour améliorer les conditions de vie des français hors métropole.

Fouzia Mahmoudi

Le Jour d’Algérie, 27/11/2021

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