Danse au Maroc, expo au Sénégal, débat d’idées en Mauritanie

Biennale de la danse en Afrique – Danse au Maroc, expo au Sénégal, débat d’idées en Mauritanie

Chaque vendredi, l’agenda culturel du Monde Afrique vous propose des événements à suivre sur le continent, en France et ailleurs dans le monde.
Marrakech accueille jusqu’au samedi 27 novembre 34 compagnies de danse du continent. Maintes fois reportée en raison de la crise sanitaire, la 17e édition de la Biennale de la danse en Afrique s’est ouverte lundi sur plusieurs scènes de la ville marocaine. La manifestation s’est tenue par le passé à Luanda, Antananarivo ou Ouagadougou. Lancée par l’Institut français en 1997, elle est désormais dirigée par un comité artistique rassemblant plusieurs chorégraphes du continent, dont le Marocain Taoufiq Izediou, fondateur du festival de danse « On marche » dans la ville rouge.

Parmi les 20 chorégraphes débutants à découvrir dans le cadre du volet « Génération 2020 » figurent la Malgache Gwen Rakotovao avec son solo « Fitiavana » et la Malienne Bibata Ibrahim Maiga, née en 1993 à Gao et membre du Faso Danse Theatre, pour sa chorégraphie « Esprit bavard ». Les jeunes et les femmes sont mis en valeur dans une programmation qui souhaite également raconter l’histoire des danses en Afrique par le biais de films. Le public n’est pas que spectateur, puisque des formations et initiations à la danse sont également proposées.

La biennale est enfin l’occasion d’avoir une vision de la création du continent dans toute sa diversité : des chorégraphies intimes ou conceptuelles, des compagnies francophones ou arabophones, des danseurs originaires du Sénégal, d’Afrique du Sud, des Comores, d’Algérie, du Mozambique, de République démocratique du Congo (RDC) ou d’Egypte, pays qui participe pour la première fois à une biennale africaine, avec la chorégraphe Salma Salem, qui danse son solo « Anchoring », une variation sur la condition contemporaine des femmes.

Créée en 2020, la galerie et résidence d’artistes Selebe Yoon, à Dakar, a pour ambition de mêler accompagnement d’artistes, collaboration entre créateurs et accès du grand public à l’art contemporain. L’exposition « Entre-acte », qui se tient du 2 décembre au 5 mars, est née de la résidence de trois jeunes artistes qui offrent au visiteur une plongée dans leur univers esthétique. Tous ont exploré la représentation figurative avec des matériaux différents.

Le portrait à partir de plastique recyclé pour Rufai Zakari, né en 1990 au Ghana et fondateur de la Rujab Eco-Art Foundation à Bawku, dans le nord du pays. L’artiste travaille à partir de déchets récupérés dans les rues. Son œuvre réfléchit à la pollution et aux dérives du consumérisme et de l’industrialisation au Ghana.

Né en 1991 à Dakar, Khadim Bamba a travaillé à partir de textiles variés récupérés dans la ville. L’œuvre figurative de cet artiste diplômé des Beaux-Arts de Dakar se caractérise en effet par un assemblage de tissus – du wax, des imitations de bogolan malien, des « naat » de la confrérie mouride au Sénégal –, de peinture et de tissage. Ses portraits troublants interrogent le devenir des identités collectives.

Enfin, la Française Rebecca Brodskis présente des portraits réalisés à la peinture à l’huile. Des personnages ancrés dans un espace-temps indéfini et dont les visages froids, aux angles acérés, semblent annoncer un avenir déshumanisé.

L’exposition « Entre-acte » s’inscrit dans le cadre de la dixième édition de « Partcours », du 26 novembre au 12 décembre à Dakar, un événement lors duquel plus de 30 espaces d’art et acteurs culturels ouvrent leurs portes, organisant vernissages et rencontres.

Du 1er au 18 décembre, le festival littéraire « Traversées mauritanides », lancé par le journaliste, poète et romancier mauritanien Bios Diallo, se tiendra à Nouakchott mais aussi à Ouadane, au cœur du désert, et à Sélibabi, à la frontière avec le Mali et le Sénégal. Des lieux idoines pour réfléchir au thème de cette treizième édition : « Au-delà de nos frontières… nos mémoires ».

Ce festival de débats d’idées réunit autour de la même table des romanciers, poètes, chercheurs et journalistes venus de Mauritanie, du Cameroun, du Sénégal et de Guinée, mais aussi des médecins, des politiciens, des entrepreneurs et d’anciens migrants, pour débattre de questions essentielles : la diaspora, entre fuite des cerveaux et espoirs ; la crise de l’école ; la santé maternelle ; l’extrémisme dans les villes frontières ; le tabou du sida.

Avec, entre autres, le romancier mauritanien Beyrouk, le poète camerounais Paul Dakeyo et le sociologue Samba Yatéra.

Le Monde, 27/11/2021

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