FMI: « Les mesures de l’Etat ont sauvé l’économie algérienne »

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/Le conseil d’administration du FMI a examiné le rapport de la mission de consultation conduite sur l’Algérie du 14 septembre au 3 octobre 2021. A ce titre, le Fonds monétaire a reconnu dans son rapport que les mesures prises au cours de cette année par l’Etat algérien ont sauvé l’économie du pays.

Le conseil d’administration du FMI «a salué les réformes envisagées par l’Algérie, visant à renforcer les attributions de la Banque d’Algérie et a félicité les autorités algériennes pour leur stratégie de relance de la croissance et de réduction de la dépendance de l’économie vis-à-vis des hydrocarbures». Le CA du FMI a également «salué le nouveau plan d’action du Gouvernement, tout en partageant les priorités de réformes identifiées pour aider à la transition de l’Algérie vers un modèle de croissance plus inclusif et durable», indique un communiqué du ministère du Commerce, qui rappelle que la reprise graduelle est toujours en cours, avec une croissance économique projetée à plus de 3% cette année.

L’économie protégée, mais les vulnérabilités persistent

Le conseil d’administration du FMI a cependant relevé des vulnérabilités persistantes, qui s’expliquent par la Covid-19 et la prépondérance des hydrocarbures dans la structure de l’économie algérienne, mais «pas que», souligne Geneviève Verdier, cheffe de mission du FMI en Algérie. «Les déséquilibres macroéconomiques de longue date causés par la politique budgétaire expansionniste menée depuis plusieurs années a contribué à porter les déficits extérieurs courants à des niveaux élevés», écrit-elle dans son rapport du 4 octobre dernier. Le FMI met le doigt sur les conséquences de cette situation, qui a «réduit», selon elle, «considérablement la marge de manœuvre des décideurs actuels, obligés de compresser les importations, contrôler les dépenses internes et booster la production locale», l’endettement extérieur étant exclu de manière formelle par le président Tebboune. «Ces mesures ont permis de protéger l’économie», reconnaît le FMI.

Politique monétaire et flexibilité du taux de change

Les déficits budgétaires et extérieurs se sont creusés en 2020, passant de 62,8 milliards de dollars en 2019 à 48,2 milliards de dollars à la fin de 2020. «Ça aurait pu être pire estiment plusieurs spécialistes», mais «ça aurait pu être mieux», pense le FMI. «Il faut soutenir la stabilité macroéconomique et promouvoir une croissance durable, résiliente et inclusive», indique le CA du FMI qui met l’accent «sur la nécessité de poursuivre les efforts de la consolidation budgétaire en adaptant son rythme et sa composition à l’évolution de la pandémie et aux conditions économiques nationales afin de protéger les populations les plus vulnérables». Le Fonds monétaire préconise aussi l’amélioration de l’efficacité du secteur public et la diversification des sources de financement du budget. A la fin, le conseil d’administration du FMI a recommandé le «calibrage de la politique monétaire tout en l’associant à une plus grande flexibilité du taux de change».

L’endettement extérieur exclu par le président

Le FMI avait prévu en début octobre dernier l’essoufflement à moyen terme de la croissance que connait l’Algérie ces derniers temps. Elle avait justifié sa prévision par «l’érosion probable de la capacité de production dans le secteur des hydrocarbures dans un contexte de réduction des projets d’investissements décidée en 2020». «De l’avis de l’équipe de la mission, la persistance de déficits budgétaires élevés à moyen terme engendrerait des besoins de financement sans précédent, qui épuiseraient les réserves de change, et présenteraient des risques pour l’inflation, la stabilité financière et le bilan de la banque centrale. Globalement, la capacité des banques à prêter au reste de l’économie serait fortement entravée, ce qui aurait des conséquences négatives pour la croissance», avait constaté le FMI. Pour éviter d’en arriver là, le Fonds Monétaire International recommandait «un ajustement budgétaire général qui devrait être entamé en 2022 et s’échelonner sur plusieurs années pour maintenir la viabilité de la dette. Cet ajustement devrait être étayé par des politiques visant à améliorer le recouvrement des recettes, à réduire les dépenses et à accroître leur efficacité». Le rapport du FMI préconisait aussi «une interdiction de tout financement monétaire afin dit-il d’endiguer l’augmentation de l’inflation et l’épuisement rapide des réserves de change, tout en diversifiant les sources de financement budgétaire y compris à travers le recours à l’emprunt extérieur», une recommandation (l’endettement extérieur) que Abdelmadjid Tebboune a exclue lors de sa dernière rencontre avec la presse nationale. «Ils veulent absolument voir l’Algérie contracter des prêts auprès du FMI et des organismes financiers internationaux ! On ne le fera pas ! On est souverains, on fera ce qu’on jugera bien pour nous.»

Y. C.

L’Algérie d’aujourd’hui, 22/11/2021

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