Algérie. Vision novatrice

Algérie, diplomatie économique – Algérie. Vision novatrice

Les nouvelles relations internationales ont rendu nécessaire l’extension des prérogatives de la diplomatie classique au champ économique.
Certes, la diplomatie économique n’a pas remplacé la diplomatie politique, mais elle en est devenue le complément indispensable, un outil imparable dans la conquête des marchés.
L’image du diplomate traditionnel, discret, voire effacé, ne s’occupant que des affaires politiques, a tendance à s’estomper devant celle d’un représentant incisif, parfaitement informé des questions économiques et commerciales.
La diplomatie algérienne s’inscrit dans cette nouvelle démarche en opérant des changements de fond pour être dans l’air du temps. C’est aussi la mission à laquelle s’attelle le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra.

Les défis multiples qu’impose une concurrence acharnée entre les nations dans la conquête de débouchés extérieurs, requièrent de s’adapter à cette nouvelle donne sans faillir à ses principes et à sa doctrine.
La prise de conscience est perceptible à travers la mise en place des fondements d’une stratégie nationale de captation de toute opportunité économique susceptible de contribuer à l’essor d’un pays entreprenant, confiant en ses possibilités et en ses capacités.

Il s’agit de saisir toutes les occasions favorables sur lesquelles l’Algérie peut et doit s’appuyer afin de se faire une place de choix sur l’échiquier mondial. Une place qui soit au diapason de son histoire et de son rang.
Dans ce nouveau redéploiement d’envergure, il y a lieu de relever la mise en place d’une action culturelle au service du rayonnement et de l’influence de notre pays, notamment par le développement d’un réseau de centres et instituts culturels algériens et d’écoles algériennes à l’étranger.

C’est d’autant plus utile que l’Algérie ne manque pas de ressources culturelles et touristiques qui n’ont pas encore été exploitées de manière satisfaisante.
Corrélativement, la diplomatie sera également un levier d’action en faveur du rehaussement de notre présence cultuelle dans le monde. Là encore, il suffit de rappeler que l’Algérie a le privilège de compter un nombre considérable d’édifices religieux datant d’époques les plus reculées, qui constituent un patrimoine inestimable et un pan de notre histoire.

Il n’est pas excessif de dire que la diaspora algérienne est un atout de poids pour le développement du pays. Disséminée dans de nombreux pays, c’est un réservoir de compétences et de savoir-faire d’une grande valeur, pétrie d’un patriotisme jamais mis en défaut.
L’enjeu consiste, pour les diplomates algériens et le gouvernement, à parvenir à mettre en place des dispositifs adaptés et des mécanismes efficaces en vue de remobiliser la diaspora et l’impliquer dans le processus de développement.
Les citoyens établis à l’étranger ne demandent qu’à être utiles au pays, ayant prouvé à maintes occasions, notamment dans l’adversité, combien ils restent attachés à la mère patrie.

Qu’il s’agisse de transferts d’argent ou d’aides multiformes, les émigrés répondent toujours à l’appel et ne lésinent sur aucun moyen, quand bien même ils ne baignent pas dans l’opulence.
Tout le problème est de parvenir à mettre à profit leurs apports.

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Grand Angle : Dilemme

Pour l’UNICEF, «l’heure n’est pas à la politique de la corde raide» en Afghanistan. Et pour cause, selon cette agence «les gens meurent» et ils ont besoin de soutien. Celui de la communauté internationale et des Nations unies à travers ses agences. Et c’est le moins qui puisse être demandé, alors que 70% de l’économie afghane était soutenue par l’aide internationale. Car depuis la prise de pouvoir des Talibans en août dernier, cette aide est gelée. Elle est conditionnée par, entre autres, le nécessaire respect des droits des femmes. Mais les Talibans tardent à satisfaire cette condition, d’où la fermeté de la communauté internationale à leur égard. Pourtant dans ce pays rien ne vas plus. Du système éducatif au système de santé, tout s’effondre. Même l’agriculture se porte mal en raison de la sécheresse généralisée à laquelle est confronté le pays.

Au moins 19 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon la FAO. Un chiffre qui risque d’être revu à la hausse d’ici la fin de l’année, si aucune aide agricole n’est fournie. Près de 23 millions de personnes risquent, selon l’ONU, d’être en situation de crise ou d’insécurité alimentaire. La gravité de la situation est telle qu’elle a été portée à la connaissance des membres du Conseil de sécurité. L’envoyée spéciale du Secrétaire général pour l’Afghanistan s’en est chargée. Elle a aussi rapporté la détresse de la population. «Avec la prise de pouvoir des Talibans, le peuple afghan se sent désormais abandonné, oublié, voire puni par des circonstances qui ne sont pas de sa faute», a dit Deborah Lyons.

En septembre dernier, Antonio Guterres avait également plaidé la cause des Afghans. «Notre devoir c’est d’étendre notre solidarité à un peuple qui souffre énormément», avait-il déclaré. Selon lui, il faut à tout prix éviter une «dégringolade économique», même si aucune garantie n’existe pour la communauté internationale en matière de protection des droits des femmes et des filles. Son envoyée spéciale abonde dans le même sens. Selon elle, «abandonner le peuple afghan maintenant serait une erreur historique». A-t-elle convaincu pour autant les quinze membres du Conseil de sécurité ? Il est prématuré de répondre à cette interrogation.

En fait, l’organe onusien est confronté à un dilemme : ses membres doivent décider qui de l’aspect humanitaire ou politique doit être privilégié dans la gestion du dossier afghan. Face à l’effondrement de l’économie du pays et la dégradation de la situation humanitaire vont-ils rester les bras croisés à attendre que les Talibans répondent à leurs doléances, après qu’ils aient affirmé à l’envoyée onusienne qu’ «il y a pour l’instant des limites aux concessions qu’ils sont prêts à faire sur certaines questions»? Ou bien vont-ils leur accorder le bénéfice du doute, sachant aussi qu’ils ont déclaré qu’ils reconnaissent avoir fait des «erreurs» et qu’ils essayaient «d’y remédier».

Par Nadia Kerraz

El Moudjahid, 20/11/2021

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