Algérie. Le pétrole est un leurre

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Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on. Ce dicton trouve une application dans la bonne tenue des prix du pétrole sur le marché international. C’est ainsi que le malheur des pays consommateurs, qui font les équilibristes pour éviter une explosion sociale en rapport avec l’augmentation du prix de l’essence à la pompe, fait le bonheur des pays producteurs, tout contents d’offrir à leur société une petite lucarne d’espoir, même si celui-ci demeure fictif en raison principalement de la volatilité du marché de l’or noir. Et pour cause, tous les économistes savent que ce n’est pas là forcément la hausse du prix du brut qui participe à booster l’économie, mais plutôt le contraire.

En effet, à terme, beaucoup d’argent facile nuit à la productivité d’une société. Disons-le clairement, c’est le dynamisme des principales poches de croissance qui provoque une augmentation pérenne du PIB et crée de l’emploi. N’y a-t-il donc pas d’heureux dans ce qui arrive au pétrole ? Forcément oui, puisque une telle perspective sur les hydrocarbures implique systématiquement une aisance financière conjoncturelle dans les pays producteurs comme l’Algérie. Mais il faut dés aujourd’hui expliquer et insister auprès des acteurs économiques nationaux le concept de «conjoncture». Car, il n’y a pas si longtemps, la courbe pétrolière était inversée et l’Algérie était en situation de stress. Un gros souci.

Et qui dit souci financier, dit désinvestissement, conduisant à une montée du chômage et une fragilité sociale qui ne trouvera un débouché que sur une violence urbaine, laquelle conduit à d’importantes perturbations d’ordre politique. On aura évité pour les deux prochaines années cette perspective noire, grâce au renchérissement de l’or noir. Mais l’épée de Damoclès est toujours suspendue sur la tête de l’Algérie. Il ne faut pas croire que cette embellie fera oublier aux Occidentaux leurs plans impérialistes d’affaiblissement de toute nation émergente. L’Algérie n’est pas exclue de cette logique prédatrice de certains pays du nord.

C’est dire que le risque d’un autre remodelage de la géographie politique mondiale est toujours présent. Les Occidentaux ne laisseront pas passer une prochaine grave déprime du marché pétrolier. C’est dire que, malgré quelques apparences, nous ne sommes pas sortis de l’auberge et que la nouvelle « guerre froide » connaîtra d’autres épisodes. La seule issue viable pour l’Algérie sera d’édifier une économie diversifiée où le pétrole ne pèse pas aussi lourd…

Nabil G.

Ouest tribune, 16/11/2021

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