Algérie. La bataille du recouvrement de la confiance du peuple

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Pour Ibn Khaldoun, la confiance entre gouvernants et gouvernés est la base, le socle et le principe premier de l’État. Elle découle de la justice et abouti à la constitution d’un bloc monolithique, indispensable, dit-il dans ses Prolégomènes, « lors des crises que traverse un pays ».

C’est à peu près à cette conclusion qu’est arrivé, hier, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, qui a affirmé, à Alger, « la détermination de son secteur à recouvrer la confiance du citoyen en les institutions judiciaires et à améliorer « l’image négative » qui a été véhiculée en raison des précédents cumuls. Comprendre les injustices qui se sont entassées depuis longtemps.

Tabi, qui était invité de la Radio nationale, a déclaré en outre : « Nous disposons aujourd’hui de tous les moyens nécessaires pour mener une bataille visant à recouvrer la confiance du citoyen en les institutions de l’État, notamment judiciaires », attribuant « cette confiance ébranlée entre le citoyen et la justice à des cumuls précédents qui ont amené le citoyen à avoir une image négative sur les institutions de son État ».

« L’Algérie jouit d’une indépendance judiciaire selon les normes internationales », a indiqué le ministre, ajoutant que les contours de cette indépendance « se manifestent clairement dans divers domaines, dont la séparation des pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire et la composante du Conseil supérieur de la magistrature, en sus de l’atmosphère favorable dans laquelle travaille la corporation de la justice, notamment les magistrats, et ce pour leur permettre de s’acquitter de leurs tâches et de jouer leur rôle constitutionnel ».

Tabi a relevé, par ailleurs, la nécessité pour « le citoyen de s’impliquer dans cette indépendance qui se veut une revendication sociale car étant le garant des libertés et des droits », ajoutant que « la mise en place des mécanismes et la promulgation des lois consacrant l’indépendance de la justice ne saurait suffire sans l’implication du citoyen dans ce processus ».

Dans le même sillage, il a souligné la poursuite de la réduction « du nombre d’affaires en souffrance devant la Cour suprême et le Conseil d’Etat, en révisant certaines procédures relatives à la justiciabilité et au recours » ; ce problème, at-t-il dit, « est du à l’absence de confiance du citoyen en le jugement rendu à son encontre, lequel fait l’objet souvent d’un pourvoi en cassation au niveau de la Cour suprême ou du Conseil d’Etat ».

Aussi, pour y remédier, « il est procédé actuellement à la révision de certaines procédures liées à la juridiction et au pourvoi pour trouver des dispositions alternatives telles que le règlement et la médiation et ce à l’occasion de l’ouverture d’ateliers d’amendement des lois comme les codes de procédure civile et pénale », a-t-il expliqué.

L’Express, 16/11/2021

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