La Libye: quel dénouement pour quelle machination?

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Un printemps arabe particulièrement sentimental et émotif, sans stratégie et sans la moindre implication de la raison, était logiquement, prédisposé à aboutir aux conséquences désastreuses que nous connaissons tous.. Le cas de la Libye est un exemple frappant de ce qu’allait devenir quelques pays ayant vécu les soulèvements populaires, dits du «printemps arabe», où dans la majorité des cas, étaient des emportements, voire des aventures non calculées sans lendemain.. Les puissances du monde étaient là, afin d’intervenir et voir comment l’on pourrait tirer profit de ces situations extrêmement et tragiquement chaotiques.

Ces puissances qui dirigent la planète sont là, afin d’empêcher tout nouveau pouvoir pouvant mettre leurs intérêts en danger réel ou potentiel, notamment en ce qui concerne les matières premières et les sources de l’énergie …Ils veillent, en outre, soigneusement à foutre le désordre dans ce pays insurgé, pour qu’après quelques années, ils reviennent pompeusement avec leurs compagnies pour procéder à la reconstruction de ce pays ruiné.. Bien sûr, cette reconstruction ne sera ni gratuite, ni bénévole. La Libye aurait pu connaître une issue à sa crise, quelle que soit sa gravité, juste après la chute du régime du colonel Kadhafi …

Une panoplie de facteurs extérieurs et intérieurs réunis ont pu faire de la Libye ce qu’elle est devenue. Sur le plan interne, il y a eu le facteur le plus important, celui de l’inexistence d’une armée nationale forte pouvant intervenir à n’importe quel moment afin d’empêcher toute dérive fatale. Kadhafi avait affaibli -avec préméditation- son armée, afin de fortifier les milices lui ayant prêté allégeance et dévouement, agissant sous le commandement de l’un de ses fils…après la chute du régime qui n’était pas le moins despotique de la région, le pays était entré dans un tourbillon de violence caractérisé par la vengeance et les règlements de compte, sectaires et tribales…

En l’absence de vraies institutions, puisque tout tournait sur la personne du «guide la révolution» qui incarnait en sa personne le présent du pays, son passé et son avenir …Et, dès que cette dictature omnipotente a disparue brusquement, c’était très normal que le pays soit livré au chaos le plus total..

Les puissances mondiales et régionales qui faisaient semblant, selon le discours officiel, de prôner le retour au calme, à la stabilité, au dialogue, étaient, en effet, en train d’attiser le feu dans les coulisses… Américains, italiens, français, britanniques, égyptiens, émiraties, turcs : tout le monde s’était octroyé un droit d’ingérence dans les affaires libyennes. Sauf bien sûr les Libyens…Il n’y avait que l’Algérie et la Tunisie, pourtant pays limitrophes, qui ont eu des positions irréprochables à l’égard de cette guerre civile.

Abdelkader Benabdellah

Le Carrefour d’Algérie, 14/11/2021

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