La Sûreté belge met en garde contre l’ingérence du Maroc

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Sans appeler un chat un chat, le service de renseignement et de sécurité belge (VSSE) met en garde contre l’ingérence étrangère du Maroc. Dans son rapport annuel récemment publié, le Service de sécurité de l’État souligne que certains pays tentent d’exercer une influence sur l’islam belge par le biais de l’ingérence. La VSSE note que « cette politique étrangère agressive a un impact négatif tant sur les droits des croyants individuels que sur la sécurité nationale ». C’est la première fois dans l’histoire que la Sûreté de l’État belge consacre un chapitre distinct à l’ingérence étrangère.

Dans son rapport, le Service de sécurité de l’État déclare : « Le cœur du problème, cependant, est que l’organisation et la ligne idéologique de l’islam institutionnel belge sont déterminées à partir de pays tiers, ce qui leur donne également le contrôle de la reconnaissance des mosquées et de la nomination du personnel religieux. Les choix ainsi opérés ne servent pas les intérêts des musulmans de Belgique mais ceux des puissances étrangères ».

Le fait que cet avertissement s’applique au Maroc, entre autres pays, est incontestable. Rabat essaie depuis longtemps de mettre le pied à l’étrier via les mosquées, les autres organisations religieuses et d’autres réseaux. Cette influence était très tangible récemment. La Grande Mosquée de Bruxelles a été la cible d’activités d’espionnage, dirigées par les services secrets marocains. Le programme de recherche flamand Pano a également révélé cette affaire.

Le bras long de Rabat a également été visible dans le passé d’autres manières.

L’un de ces moyens consiste à envoyer des imams du Maroc. En 2019, un grand groupe d’imams a reçu des instructions de l’ambassadeur du Maroc. Afin d’accroître son influence, le Maroc utilise le « modèle marocain de l’islam » comme contrepoids à l’avancée du salafisme. Un produit d’exportation nuisible que les pays européens considèrent comme acquis.

Le service de renseignement belge note également dans son rapport que des pays comme le Maroc tentent d’étendre le réseau dont ils disposent au sein de l’islam belge. Ce faisant, ils accroissent leur influence au sein de la politique et des institutions belges et européennes. L’un de ces réseaux est le Conseil européen des universitaires marocains, financé par le ministère marocain des affaires religieuses.

L’influence de Rabat a également été mise en lumière après que les services de sécurité belges ont révélé que Kaoutar Fal était un espion des services secrets marocains. L’espionne a finalement été expulsée du pays car elle représentait une menace pour la sécurité de l’État.

De Wereld Morgen, 10/11/2021

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