Plus de visibilité et de crédibilité

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L’un des fronts sur lesquels le président de la République veut s’engager avec le plus de détermination est celui de la diplomatie. La Conférence des chefs de missions diplomatiques et consulaires algériennes qui vient de se dérouler au Palais des nations, à Alger, est l’un des signes manifestes de ce désir de renouveau dicté par les transformations rapides de notre pays et de notre environnement géopolitique. Il y a en premier une forte communauté algérienne à l’étranger qu’il faut associer au développement du pays auquel elle n’a jamais tourné le dos. L’épisode du Hirak avait de nouveau révélé avec éclat cet attachement. L’appareil diplomatique doit se redéployer et se tourner davantage vers elle pour capitaliser son expertise et ses capacités.

Cette démarche n’est pas à vrai dire nouvelle, mais il y a visiblement plus d’efforts dans ce sens. Tebboune a évoqué dans son allocution l’entrepreneuriat innovant, l’échange d’expertises et la formation qui sont autant d’outils pour séduire ces Algériens qui restent à l’écoute du pays. Il y a également un travail de communication dans ce sens. C’est de son absence ou de sa déficience que se plaignent souvent nos ressortissants. Ces dernières années, un autre concept a fait son apparition. Il s’agit de la diplomatie économique. L’image de l’ambassadeur qui passe son temps à discourir sur les grandes questions internationales où l’on donne libre cours aux envolées lyriques est quelque peu passée de mode. Il est de bon ton de donner de la voix dans les forums et autres conférences, mais personne ne se suffit de cette vocation.

Une mission diplomatique en ces temps de concurrence et d’ouverture des marchés doit faire connaître les potentialités du pays. Elle doit aussi être une sorte de guide pour les hommes d’affaires qui partent à la conquête de marchés étrangers. La vocation d’un diplomate est d’abord politique, mais elle est de plus au service de l’économie et de la culture qui donnent plus de visibilité et de crédibilité à l’action diplomatique, a souligné le Président. Le soft power est un aspect de la diplomatie qui rentabilise les atouts d’un pays et construit son image à l’heure où les médias font et défont les réputations des dirigeants.

Alors que l’Algérie affiche sa volonté de préserver et de ne pas marchander la souveraineté de ses décisions, elle ne peut se passer d’une présence plus visible sur la scène internationale. Elle ne peut pas également faire l’économie d’une telle démarche à l’heure où dans son voisinage le plus immédiat, notre pays affronte des problèmes qui ne peuvent souffrir d’indifférence.

Nos diplomates doivent porter et défendre ce que le pays propose comme règlements à des conflits où s’imbriquent beaucoup d’intérêts et se manifestent des appétits qui menacent d’une manière ou d’une autre notre stabilité. L’Algérie a longtemps vécu du prestige de sa Révolution qui a enfanté sa diplomatie. Celle-ci ne veut pas sacrifier ses principes mais s’en servir dans un mouvement où la visibilité s’accompagne de crédibilité.

Horizons, 10/11/2021

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