Le Maroc fait le choix de l’escalade

Le Maroc fait le choix de l’escalade – Il passe de la stratégie de la tension diplomatique permanente, qui a montré ses limites, à celle du choix de l’option (de) la pleine militarisation de la question du Sahara occidental»

L’ancien ministre et diplomate, Abdelaziz Rahabi, a indiqué jeudi que «la gravité de la situation donne à la réaction de l’Algérie toute sa légitimité», tout comme elle justifie les mesures adaptées qu’elle sera amenée à prendre, après l’assassinat de trois citoyens algériens par les forces d’occupation marocaines sur l’axe Nouakchott-Ouargla. Cette agression «est une provocation qui relève d’une volonté délibérée de passer de la stratégie de la tension diplomatique permanente, qui a montré ses limites, à celle du choix de l’option (de) la pleine militarisation de la question du Sahara occidental», peut-on lire dans une publication Facebook de M. Rahabi.

«Le Maroc fait le choix de l’escalade», relève l’ancien ministre de la Communication. Et ce «au moment où la communauté internationale appelle à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et porte ainsi l’entière responsabilité de son acte et de ses conséquences sur la paix et la stabilité de la région». Et d’enchaîner : «Le Sahara occidental est un territoire non autonome qui relève de la décolonisation, au titre de la Charte des Nations unies et toutes ses déclarations et résolutions pertinentes depuis 1963. Il est reconnu comme tel par la communauté internationale et le Conseil de sécurité vient de le rappeler tout récemment», en référence à la résolution 2602 adoptée vendredi dernier. Et pour M. Rahabi de conclure «qu’à ce titre, il ne peut servir de base arrière à la puissance occupante pour lancer une attaque militaire de quelque nature que ce soit dans ce territoire sous contrôle de la Minurso».

Vigilance et unité

Le régime du Makhzen, par son implication dans l’assassinat de trois ressortissants algériens, aura atteint le paroxysme de ses provocations et aggravé la spirale de tension, mettant en péril, la paix et la stabilité dans la région. C’est un constat que font nombre d’analystes et d’observateurs politiques pour qui, le royaume chérifien, a, une fois de plus, franchi une ligne rouge. Dans son communiqué, la présidence de la République a affirmé que plusieurs facteurs désignent les forces d’occupation marocaines au Sahara Occidental comme ayant commis avec un armement sophistiqué ce lâche assassinat.

Ce faisant, il est historiquement et objectivement établi que le Maroc persévère dans ses attaques et n’a jamais cessé de mener des actions hostiles à l’encontre de notre pays, et ce depuis son indépendance. Cette animosité atavique, dont le caractère systématique et prémédité avait débuté avec la guerre d’agression ouverte en 1963, au moment où l’Algérie sortait exsangue mais victorieuse d’une héroïque lutte de libération nationale. C’était une des perfidies les plus infamantes du Makhzen. D’ailleurs, cette animosité, couvée de longue date, à coup de rancunes tenaces, a poussé le Maroc à faire de son territoire une franchise diplomatique et une tête de pont pour planifier, organiser et soutenir une série d’actions hostiles et caractérisées contre l’Algérie.

La revue El Djeich avait souligné dans son éditorial du 3 octobre dernier que ces hostilités et d’autres telles que la propagande destructrice émanant d’officiels marocains sont intervenues en réaction à la ferme et indéfectible position de principe de l’Algérie quant à la nécessité d’une solution juste à la question sahraouie. C’est là que réside le motif de l’obstination marocaine et son refus de regarder la vérité en face. L’occupant marocain continue de commettre des violations barbares à l’encontre des civils sahraouis.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a adressé des messages à plusieurs organisations internationales, informant leurs responsables de la gravité extrême de l’acte de ce terrorisme d’Etat qu’aucune circonstance ne saurait justifier. Il a souligné la volonté et la capacité de l’Algérie d’assumer ses responsabilités en matière de protection de ses ressortissants et de leurs biens en toutes circonstances. «L’Algérie sait bien ce que coûtent les guerres, car elle compte des millions de chouhada. Nous sommes un peuple résistant qui ne cherche pas la guerre, mais plutôt la paix. Cependant, celui qui cherche la guerre…celui qui nous agressera, le regrettera amèrement», avait mis en garde le Président Tebboune.

Le Parlement, les partis politiques, les associations, les organisations nationales, les citoyens ont énergiquement condamné cet acte odieux et stigmatisé l’horreur de ce crime inqualifiable.

Devant ces circonstances difficiles, ils ont tous appelé à davantage de vigilance et de mobilisation autour des institutions de l’Etat, souligné la nécessité de se rassembler tel un seul homme face à toute agression visant le pays, de repousser le plan haineux de ses ennemis, de ses détracteurs et tous ceux qui tentent de porter atteinte à son unité et à sa stabilité. Ils ont tous insisté sur la nécessité de demeurer vigilants et unis.

El Moudjahid, 05/11/2021