Espagne-gaz: Les non-dits de la visite de Teresa Ribera

Espagne-gaz: Les non-dits de la visite de Teresa Ribera – Elle s’était déplacée à Alger, pour discuter avec les responsables sur les prix concernant les 5 milliards de M3, que l’Algérie livrera en GNL, à l’Espagne et le Portugal, en plus des 10 milliards de M3, que livrera annuellement le Medgaz

La ministre espagnole de la Transition écologique et du Défi démographique, Mme Teresa Ribera Rodriguez s’était rendue il y a quelques jours à Alger, pour s’entretenir avec les responsables algériens sur l’approvisionnement de la péninsule ibérique en gaz algérien, au lendemain de la fermeture des vannes du GME, traversant le Maroc.
La propagande marocaine avait évoqué la médiation espagnole entre Alger et Rabat, en vue d’approvisionner le royaume alaouite à partir des terres espagnoles.

« Les autorités algériennes se sont engagées à offrir plus de gaz à l’Espagne si le pays en a besoin », avait déclaré la troisième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique et du Défi démographique, Mme Rodriguez, dans une interview accordée à la chaîne de télévision espagnole TVE.

Mme Rodriguez a ajouté que « l’Espagne avait constitué un stock des réserves de gaz équivalant à 43 jours de consommation » lui permettant de faire face à d’éventuels besoins urgents.Pour l’expert international en Énergie et analyste boursier, l’algérien Nouredine Leghliel, établi à Stockholm, la ministre espagnole Teresa Ribera Rodriguez, s’était déplacée à Alger, pour discuter avec les responsables sur les prix concernant les 5 milliards de M3, que l’Algérie livrera en GNL, à l’Espagne et le Portugal, en plus des 10 milliards de M3, que livrera annuellement le Medgaz, dont le prix avait été déjà fixé l’année dernière lors de la signature de l’accord à long terme conclu entre la Sonatrach et Naturgy,.

Les 5 milliards de mètres cubes en GNL que livrera l’Algérie à l’Espagne, seront payés dans le cadre de la vente à sport, suivant le cours du marché mondial du gaz qui frôle aujourd’hui la barre des 30 dollars, alors que pour l’année dernière, le prix avait connu un creux historique, exploité à bon escient par les espagnols pour signer un accord à long terme avec l’Algérie à hauteur de 4 dollars le NBTU, et qui fait perdre à l’Algérie aujourd’hui entre 8 à 10 milliards de dollars.

La ministre avait effectué le 27 octobre dernier une visite de travail en Algérie au cours de laquelle elle s’était entretenue avec le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, le ministre de l’Énergie et des mines, Mohamed Arkab ainsi que le ministre de la Transition énergétique et des énergies renouvelables, Benattou Ziane.

Les déclarations de la vice-présidente du gouvernement espagnol intervenait au lendemain de la décision du président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune, ordonnant à la Sonatrach de rompre ses relations commerciales avec l’Office marocain de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), mettant fin au contrat du Gazoduc Maghreb Europe (GME) qui alimentait l’Espagne en passant par le Maroc.

Dans ce cadre, l’Algérie continuera à honorer ses engagements avec son partenaire espagnol, à travers le gazoduc Medgaz et l’utilisation de méthaniers. L’arrêt de l’exploitation du GME, qui acheminait le gaz des champs de Hassi R’mel vers l’Espagne, n’aura pas d’incidence sur les volumes destinés à la péninsule ibérique grâce à l’augmentation des capacités de production du Medgaz reliant BéniSaf (Ain Témouchent) à Almeria en Espagne, qui passeront de 8 à 10,5 milliards m3 par an, avant la fin de l’année.

Algérie54, 04/11/2021