Sahara Occidental : De Mistura n’aura pas facile

Sahara Occidental : De Mistura n’aura pas facile – Sa mission sera tout aussi compliquée que l’ont été celles de ses prédécesseurs.

Alors qu’il était attendu du Conseil de sécurité de l’ONU qu’il assume pleinement ses responsabilités à l’égard du peuple sahraoui, il a une nouvelle fois déçu. Hormis la Russie et la Tunisie qui ont voté contre le projet de résolution présenté par le porte-plume américain, les treize autres membres n’ont pas été à la hauteur des attentes sahraouies.
Pourtant une semaine avant ce vote, par lequel le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la Minurso d’une année, jusqu’au 31 octobre 2022, le chef de la diplomatie sahraouie avait pris le soin de souligner l’enjeu de ce vote. Ainsi Ould Salek avait indiqué que «le jour où le Conseil de sécurité fixera la date à laquelle la Minurso organisera le référendum, pour lequel elle a été instituée, et qui, en plus, justifie sa présence (au Sahara occidental) et où le Maroc renouvellera son engagement et son adhésion au Plan de règlement, nous pouvons dire que le conflit saharo-marocain est entré dans une étape de solution pacifique, consensuelle, réaliste, juste et définitive «. Cela n’a pas été le cas.

Le Conseil de sécurité s’est contenté d’appeler les parties au conflit à reprendre les négociations «sans pré-conditions et de bonne foi «, feignant d’oublier que c’est la partie marocaine qui n’a eu de cesse d’entraver la recherche d’une solution en multipliant les obstacles sur le chemin de tous les émissaires onusiens, les poussant à la démission pour certains.

Staffan de Mistura, le nouvel Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, doit entrer en fonction demain lundi, et il est à craindre au regard de la séance de vote de ce vendredi que sa mission sera tout aussi compliquée que l’ont été celles de ses prédécesseurs. «Il n’ y a pas un véritable message clair de soutien du Conseil de sécurité derrière l’Envoyé», a regretté Riccardo Fabiani, directeur de programme Afrique du Nord à International Crisis Group.

Et d’ajouter que «les divisions» au sein du Conseil de sécurité «sont un mauvais signal». Et forcément elles ne sont pas pour faciliter la tâche de Staffan de Mistura. C’est dire aussi qu’en exhortant toutes les parties à œuvrer ensemble pour aider les Nations Unies à trouver une solution politique réaliste et acceptable pour les deux parties au conflit, les membres du Conseil de sécurité font preuve de duplicité. Il est certain que les Sahraouis prendront acte et qu’ils en tiendront compte dans le futur.

Mais ont-ils pour autant été surpris, tant il est admis que le Conseil de sécurité de l’ONU a entaché au fil des années sa crédibilité. Les Sahraouis savent désormais qu’ils devront forcer le destin pour arracher leur droit inaliénable à l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Pour cela, ils sont disposés à faire plus de sacrifices. Le chef de la diplomatie sahraouie, M. Ould Salek avait réitéré la position du Front Polisario : «La partie sahraouie n’acceptera pas que l’on porte atteinte, d’un iota, aux droits inaliénables du peuple sahraoui, à la nature juridique de la cause sahraouie comme une question classique de décolonisation», avait-il rappelé. Et de prévenir que «La guerre ne s’arrêtera plus jusqu’à la fin de l’occupation marocaine illégale».

Nadia Kerraz

El Moudjahid, 31/10/2021