Sahara : Les premières réserves du Polisario

Sahara : Les premières réserves du Polisario – La résolution ne répond pas à la gravité de la situation actuelle dans la région et la possibilité d’une grave détérioration

Le Conseil de sécurité de l’Onu a renouvelé pour une année le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).

Ce mandat, devant expirer aujourd’hui, a en effet été reconduit d’une année et expirera donc le 31 octobre 2022. La résolution du Conseil de sécurité a eu l’adhésion de 13 membres alors que la Russie et la Tunisie se sont abstenues de voter. Une position significative qui exprime nombre de réserves de ces deux pays.

Car la résolution, quoique appelant le Maroc et le front Polisario à la reprise des négociations pour parvenir à une solution garantissant au peuple sahraoui son autodétermination, ne semble pas avoir été à la hauteur de certaines espérances nourries par certains pays et les représentants du peuple sahraoui. D’ailleurs dans une première réaction à chaud l’ambassadeur Sidi Mohamed Ammar, représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordonnateur auprès de la Minurso, a clairement laissé transparaître sa frustration et celle, par ricochet, du Polisario. « Face à la nouvelle agression marocaine et à l’inaction totale du Conseil de sécurité, le peuple sahraoui, dirigé par le Front Polisario, n’ d’autre choix que d’exercer son droit légitime à la défense, l’autodéfense pour faire face à l’agression marocaine et défendre les droits et la souveraineté de notre pays. Le Conseil de sécurité, qui assume la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, n’a pas fait quoi que ce soit pour faire face aux conséquences de la violation du cessez- le-feu marocain est donné l’impression qu’il ne s’est rien passé de grave.

Malgré les efforts louables déployés par toutes les parties prenantes concernées pour parvenir à une décision équilibrée, orientée vers l’action et comprenant des mesures concrètes pour mettre en évidence les nouvelles réalités sur le terrain et y faire face, le résultat est très décourageant car il ne répond pas à la gravité de la situation actuelle dans la région et la possibilité d’une grave détérioration » a indiqué l’ambassadeur sahraoui en faisant allusion à la reprises des hostilités armées suite à la volonté du Maroc de vouloir = imposer le fait accompli dans la région d’El-Guergaret en violant le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991. Car depuis maintenant une année le Polisario a repris les armes et ne compte pas les abandonner tant que la communauté internationale continue de faire comme si de rien n’était. « Aujourd’hui, la Fédération de Russie et la Tunisie se sont abstenues, auxquelles nous exprimons notre gratitude pour leurs positions. En principe, il exprime clairement de sérieuses réserves sur la lettre et l’esprit de la résolution adoptée » a ajouté l’ambassadeur sahraoui en précisant que cela constitue « un message très fort à ceux qui cherchent à dévier le processus de paix au Sahara occidental ». Il a estimé, enfin, que cette résolution « pourrait sérieusement saper les perspectives de relance du processus de paix et prolonger l’impasse actuelle ».

Après le vote de la résolution la Russie a exprimé ses regret s’agissant de la non prise en charge par les états-Unis, qui sont à l’origine de ce texte, des observations formulées par le représentant russe. Bien avant l’adoption de la résolution, la Russie et le Kenya ont clairement souhaité « introduire des amendements de substance pour rééquilibrer un tant soit peu le texte », a déclaré l’envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb, Amar Belani. Cette position de ces deux pays a retardé la séance de vote pour permettre plus de consultations, mais apparemment le représentant des états-Unis n’a pas lâché du lest. Selon Amar Belani les deux pays contestent le fait que ceux qui ont$élaboré ce texte « brouillent les paramètres » du règlement de la question sahraouie qui est, rappelle-t-il, encore, « une question de décolonisation qui doit trouver son règlement conformément à la légalité internationale, c’est-à-dire permettre l’exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit imprescript ble et inaliénable à l’autodétermination ».

Par : KAMEL HAMED

Le Midi libre, 31/10/2021