Climat : Le temps presse

A polar bear is seen on ice floes in the British Channel in the Franz Josef Land archipelago on August 16, 2021. (Photo by Ekaterina ANISIMOVA / AFP)

Près de 200 délégations et des dirigeants influents vont se réunir pour discuter et se mettre d’accord sur des mesures à mettre en œuvre pour réduire les émissions de CO2.

Comme le rappelle le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en août 2021, le monde n’est pas sur la bonne voie pour rester en dessous des 2 °C, voire 1,5 °C de réchauffement global, même si certains scientifiques se résignent à affirmer qu’il est déjà trop tard, et que l’objectif de 1,5°C est déjà derrière nous. Le monde se dirige inexorablement vers un réchauffement d’au moins 2°C. Les pays participants doivent répondre à quatre grands enjeux : rehausser l’ambition climatique, finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris, mobiliser la finance du climat, renforcer l’Agenda de l’action. Et pour cause.

La crise climatique représente une alerte rouge pour l’humanité, a averti le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Son pessimisme se justifie.

Il a déjà tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme, mettant en garde contre la catastrophe climatique à venir, soulignant la responsabilité particulière des pays du G20 qui représentent la plus grosse part des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’occasion est propice pour les dirigeants des pays en développement, notamment africains, de faire cause commune pour dire aux nations industrialisées combien leurs responsabilités sont importantes dans le changement climatique. Les grands pollueurs n’ont pas encore pris toute la mesure de leur implication néfaste sur le processus de dérèglement climatique.

Les pays en développement sont en droit de revendiquer légitimement une aide financière importante pour pouvoir s’adapter à la hausse des températures parce qu’ils ne polluent presque pas et ne sont pas responsables de la plupart des émissions émises dans le passé.

Les pays riches ne respectent pas leurs engagements financiers, se contentant d’accumuler des richesses au détriment de la préservation du climat et de la sécurité des populations les plus vulnérables. Ce n’est pas une accusation mais une vérité.

De surcroît, la solidarité entre le Nord opulent et le Sud précarisé est en deçà des attentes. L’égoïsme des nantis a encore de beaux jours devant lui.

Les observateurs espèrent des annonces d’envergure comme une sortie accélérée du charbon, une réduction drastique des coupes d’arbres , l’accélération de la transition vers les voitures électriques, ou enfin un financement des aménagements des zones côtières.

Même s’ils ne font pas preuve d’un enthousiasme béat, les défenseurs de l’environnement et des négociations internationales sur le climat accueillent avec satisfaction la fin du mandat de Donald Trump, climato-sceptique notoire, et le retour des USA sur la scène climatique. Le président Joe Biden a promis une diminution de moitié des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. C’est peut-être un motif d’espoir.

EL MOUDJAHID, 31/10/2021