À 85 dollars le baril, le Maroc jaloux et Macron déprimé

À 85 dollars le baril, le Maroc jaloux et Macron triste, va regretter ses dernières déclarations hostiles à l’Algérie.

De longue date, avant de prendre mon petit déjeuner, je surveille le prix du pétrole que l’Algérie vend à l’étranger pour se procurer des devises. (Mon moral, pendant la journée, en dépend). Et bien, depuis quelques jours, il est monté à 85 dollars le baril. Youpi ! Quelle bonne nouvelle ! Sûrement que les choses vont aller mieux dans les semaines et les mois à venir : nos pauvres esprits fatigués vont commencer à se détendre, on va pouvoir respirer. À 85 dollars le baril, l’Algérie va devenir un peu une superpuissance, non ? Nos voisins de l’ouest, en tout cas, vont tomber raides morts de jalousie. Le président français Emmanuel Macron va regretter amèrement ses dernières déclarations hostiles à notre pays.

À 85 dollars le baril, certains vont ricaner, prétendre qu’une partie de cet argent va finir dans les poches de nos mafiosi locaux, mais moi je crois qu’après le Hirak, les escrocs de tous bords vont réfléchir à deux fois avant de détourner un centime. À 85 dollars le baril, les mêmes questions lancinantes vont néanmoins continuer à être posées douloureusement : est-ce que l’Algérie ne va pas refaire les mêmes erreurs qu’auparavant ? Est-ce qu’on ne va pas s’obstiner à prendre des décisions hâtives qu’on va regretter aussitôt après ? Est-ce qu’on ne va pas persister à être davantage cigales que fourmis ?

Même à 85 dollars le baril, n’est-il pourtant pas grand temps pour nous de devenir des gens sérieux, de renouer, par exemple, avec l’amour du travail bien fait, de construire non des murs mais des ponts et libérer les énergies, de nous regarder en face avec nos qualités mais aussi nos défauts afin de pouvoir avancer ? Alors, à 85 dollars le baril, peut-être qu’il y aura moins, demain, de jeunes harragas qui, pour fuir la mal-vie et la peur du lendemain iront chercher un peu de bonheur ailleurs, au risque de perdre leur vie; peut-être qu’il y aura moins, demain, de désillusions et de rêves brisés, d’opportunités ratées, dans une Algérie aussi belle et fraternelle que l’auront imaginée nos valeureux chouhadas.

Algérie1, 23/10/2021