Algérie-Maroc: Nouvelle ingérence israélienne depuis Rabat

Algérie-Maroc: Nouvelle ingérence israélienne depuis Rabat. Daniel Govrin, le nouvel ambassadeur d’Israël, accuse l’Algérie d’instrumentaliser les tensions qui l’opposent au Maroc

A peine a-t-il pris ses quartiers à Rabat que Daniel Govrin, le nouvel ambassadeur d’Israël, s’immisce déjà dans la crise entre l’Algérie et le Maroc, sans la moindre retenue et avec une arrogance qui est la marque de fabrique du gouvernement ultra-sioniste qu’il représente.

Sans user de la langue de bois diplomatique, cet émissaire de l’Etat d’apartheid dans le royaume de l’Atlas n’aura pas mis longtemps avant de donner le ton de son mandat… Il fustige l’Algérie, allant jusqu’à l’accuser d’instrumentaliser les tensions qui l’opposent au Maroc pour mieux occulter ses problèmes intérieurs.

Sans mots couverts, et à l’unisson de Yamir Lipid, le ministre israélien des Affaires étrangères, dont les propos, sciemment outranciers, heurtèrent profondément le gouvernement algérien, entraînant la rupture de ses relations diplomatiques avec Rabat, Daniel Govrin s’ingénie à jeter de l’huile sur le feu.

Fort de l’insolente impunité dont jouit Israël, son ambassadeur, fraîchement nommé au Maroc, s’autorise donc à jeter le discrédit sur l’Algérie, dès sa prise de fonction. Mais de quoi se mêle-t-il ?

Comment peut-il oser donner des leçons à l’Algérie, tout en diffamant publiquement son gouvernement, alors même qu’il ferait mieux de balayer devant sa porte ? N’est-il pas le représentant d’un Etat qui, depuis des décennies, bafoue allègrement le droit international, viole massivement les droits des Palestiniens, emprisonne des parlementaires, des enfants et des femmes dans des geôles infâmes, à l’issue de mascarades de procès, devant des tribunaux militaires, où l’arbitraire règne en maître ?

Un Etat israélien accusé de « crimes de guerre » abominables par des ONG phares – Amnesty International, Human Rights Watch, ou encore l’association humanitaire israélienne B’Tselem – notamment dans la bande de Gaza, la plus grande prison à ciel ouvert du monde, qui porte encore les stigmates de sa dernière offensive meurtrière, en mai dernier.

Un Etat qui, faut-il le rappeler, s’escrime à coloniser à marche forcée et à torpiller toutes les tables rondes depuis des lustres, au profit de l’apartheid qu’il a instauré en système de gouvernance, sous le regard complaisant de la communauté internationale qui ne dit mot et donc consent… La même communauté internationale qui, il y a plus de quarante ans, se dressait comme un seul homme contre l’apartheid en Afrique du Sud, exhortant à son boycott tous azimuts.

Daniel Govrin, le nouvel ambassadeur d’Israël au Maroc, a crânement placé son mandat sous le signe de l’ingérence incendiaire dans la crise entre Alger et Rabat. Il serait infiniment mieux avisé de faire profil bas et de s’en tenir à son devoir de réserve, en songeant que d’autres pays, coupables de bien moins d’exactions que le sien, seraient aussitôt mis au ban des nations.

Oumma, 21/10/2021