AGNU: Interventions des pétitionnaires sur le Sahara Occidental

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À la Quatrième Commission, les pétitionnaires continuent d’afficher leurs divergences de vue sur le Sahara occidental

La Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, a consacré l’intégralité de sa séance d’aujourd’hui aux auditions des pétitionnaires inscrits sur la question du Sahara occidental, qui avaient débuté hier, s’en prenant tour à tour au Front POLISARIO et au Maroc.

Une tragédie est en cours dans les camps de Tindouf, a estimé M. Roberto Leon, de Fundación Global Chile Marruecos, qui a estimé qu’ils deviennent des centres de formation pour les terroristes. Pour M. Youssouf Coulibaly, de l’Université de Bamako, ces camps placés sous le contrôle du Front POLISARIO depuis un demi-siècle sont devenus une « plaque tournante » de la criminalité organisée, avec un impact sur le développement de la sous-région, nécrosant son tissu économique.

Selon lui, toutes les formes de criminalité y seraient observées: trafics de stupéfiants, d’armes, traite humaine, prise d’otages, actes de terrorisme et cybercriminalité. M. Coulibaly a appelé la communauté internationale à soutenir la solution, proposée par le Maroc, d’autonomie élargie pour le Sahara occidental.

Si plusieurs intervenants ont dénoncé la « militarisation » accrue des camps de Tindouf, Mme Romina Perino a, en revanche, déclaré qu’elle y a toujours été bien reçue, contestant l’accusation de dangerosité portée par le Maroc.

Certains pétitionnaires ont exprimé leur lassitude à propos de l’ONU sur cette question qui, selon eux, est dans l’impasse. Ainsi, Mme Fatimetu  Bachir  Jatri  Emhamed, de Peace and Justice Center in Decorah, a condamné l’absence d’action de la Quatrième Commission à laquelle elle a reproché d’adopter la même résolution chaque année. De son côté, Mme Sherry Erb, de Erb Law, a mis en cause l’ONU s’agissant de l’absence d’établissement des responsabilités pour les actes commis par le Front Polisario.

Mme Salma Barca, de Karama Sahara, a demandé à la Quatrième Commission de faire son travail sur la décolonisation. Jugeant cette séance « inutile », elle a estimé qu’il n’y a ni paix ni justice « sous occupation marocaine », avant d’exiger des preuves s’agissant des accusations de terrorisme prononcées ici et là contre le Front POLISARIO. M. Andrès Rodriguez et M. El Mahjoub Maliha, du « Sahara occidental occupé », ont tous deux estimé que l’enceinte où délibérer de cette question devrait être le Conseil de sécurité. C’est le Front POLISARIO et non le Maroc qui a la légitimité de défendre les intérêts des Sahraouis, a estimé ce dernier, tout en expliquant que son peuple commence à perdre sa foi en l’Organisation des Nations Unies.

Ainsi, M. Pablo De La Vega, de Asociación Ecuatoriana de Amistad con el Pueblo Saharaui, a déploré que le référendum d’autodétermination n’ait toujours pas été organisé, tandis que M. Ahmed Mohammed Fall, de Codesa, a demandé à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités et d’arrêter une date.

Pour d’autres pétitionnaires en revanche, la question du référendum ne se pose plus, les scrutins de septembre 2021 y ayant répondu. M. Brahim El Ahmadi a par exemple estimé que les résultats des élections locales, régionales et législatives organisées le 8 septembre dernier, constituent une forme incontestable de l’exercice du droit à l’autodétermination, compte tenu de leur forte participation. Il s’agit là d’une réalité tangible que « la propagande, la manipulation et le mensonge » auxquels le « Polisario » et ses commanditaires ont toujours eu recours, ne peuvent démentir. Cette participation massive des Sahraouis a infligé un revers cinglant aux séparatistes, a-t-il estimé.

En fin de séance, la représentante de Cuba a exercé son droit de réponse au pétitionnaire Zardini, qui a cité son pays à propos « d’un cas de lavage de cerveau ». Elle a déclaré s’opposer à ce que le dialogue avec les pétitionnaires de la Quatrième Commission soit instrumentalisé à des fins politiques contre les États Membres.

La prochaine séance publique de la Quatrième Commission se tiendra lundi 11 octobre, à partir de 15 heures.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR LES POINTS RELATIFS À LA DÉCOLONISATION (SUITE)

Suite de l’audition des pétitionnaires du Sahara occidental

M. NAAMA SGHAYER s’est présenté comme un citoyen sahraoui, qui a évoqué sa frustration au sujet du Conseil de sécurité, qui selon lui ne remplit pas ses obligations. Il a estimé que le cessez-le-feu qui était en vigueur est désormais un fait du passé, car le Maroc l’a violé. Nous souffrons d’un blocus militaire et du pillage de nos ressources naturelles et de violations de droits de la personne, s’est élevé le pétitionnaire, qui a en conclusion demandé à la Commission et au Conseil de sécurité de trouver une date pour que l’on puisse accéder à la décolonisation.

M. PABLO ZARDINI, de la John F.Kennedy Argentine University, en tant que professeur de droit, a voulu mettre l’accent sur la situation des femmes dans le camp de Tindouf. La plupart sont victimes d’abus sexuels de la part de Membres du Front POLISARIO, a-t-il assuré. Elles sont condamnées à l’esclavage et souvent séparées de leurs enfants, qui sont envoyés à Cuba où ils subissent un lavage de cerveau. Malgré cela, certaines ont pu rompre le silence et faire connaître leur situation, a-t-il observé.

Mme TOURIA HMYENE, de l’Association for the freedom of women sequestered in the Tindouf camps, a accusé le Front POLISARIO d’agir sous les instructions d’un pays « que nous connaissons tous ». Le Front POLISARIO est responsable d’abus des droits de la personne commis dans ces « prisons à ciel ouvert », où l’aide humanitaire est détournée par les dirigeants du Front depuis des décennies, a-t-elle poursuivi. Elle a également affirmé que le Hezbollah forme des membres du Front POLISARIO et lui fournit des armes. Les actions terroristes qu’ils commettent sont utilisées par le pays hôte alors que les habitants des camps de Tindouf continuent de souffrir, tandis que les Sahraouis dans les provinces du sud du Maroc jouissent de droit et ont élu leurs représentants.

M. KHALID BENDRISS, de l’Association for the support of the Moroccan Autonomy Initiative, a plaidé en faveur du plan d’autonomie élargie que propose le Maroc pour la région du Sahara. Il s’agit du fruit d’une consultation avec toutes les parties prenantes et qui permet d’aller de l’avant pour régler la question du Sahara occidental en y apportant une solution durable et conforme au droit international, a-t-il expliqué. Les Sahraouis peuvent élire leurs représentants locaux et ce plan garantit l’intégrité territoriale du Maroc, a-t-il fait valoir en conclusion

M. MOHAMMED ELAISSAOUI, pétitionnaire, a déclaré que la présence d’éléments armés à l’intérieur des camps de réfugiés constitue une menace pour leur caractère civil et humanitaire. C’est le cas des camps de Tindouf, qui ont été transformés en camps d’entraînement des milices. Les enfants de ces camps ont été contraints de participer à des activités militaires, exploitées par le Front POLISARIO, a-t-il souligné. En outre, les camps sont devenus un terrain fertile pour les groupes terroristes cherchant à recruter des membres parmi des jeunes désabusés privés de leurs droits, a-t-il déclaré.

M. HAMMADA EL-BAIHI, de la Ligue du Sahara pour la démocratie et les droits de l’homme, a déclaré que les camps de Tindouf étaient devenus un foyer de fabrication de haine et d’extrémisme, un vivier de violence et de terrorisme. Il a déploré que le leadership du Front POLISARIO n’ait pas évolué depuis sa création, attirant l’attention sur le détournement de l’aide humanitaire qui atteint les camps de Tindouf. Il est également revenu sur le développement important qu’a constitué la reconnaissance par les États-Unis du Sahara marocain et l’ouverture de consulats à Dakhla par plusieurs pays.

M. ROBERTO LEON, Fundación Global Chile Marruecos, a déclaré que le monde change sauf dans les camps de Tindouf où une tragédie est en marche. Il a regretté que personne ne s’en préoccupe alors que les sécessionnistes du Front POLISARIO en coopération avec des organisations terroristes font maintenant du chantage aux pays voisins. Les camps sont devenus des centres de formation pour les terroristes dans le Sahara et le Front POLISARIO y trompe la population des camps, dont les droits fondamentaux sont violés. Il y entraîne des enfants au maniement des armes. Le pétitionnaire a également dénoncé les détournements de l’aide humanitaire envoyée aux résidents des camps de Tindouf.

M. SAAD BENNANI s’est dit préoccupé par le sort des enfants dans les camps de Tindouf. Il s’agit d’une zone de non-droit où le Front POLISARIO a recours à des pratiques inhumaines, a-t-il dit. Mais les crimes les plus terribles sont ceux qui ont été commis contre les enfants, a-t-il déploré. Ils sont traités comme des esclaves et embrigadés comme des terroristes, les filles étant soumises au mariage forcé. Plusieurs organisations internationales comme Human Rights Watch ont dénoncé ces pratiques dans leurs rapports, a relevé le pétitionnaire, avant de dénoncer le Front POLISARIO de ces crimes inhumains.

M. GODWIN ICHIMI, du Nigerian Institute of International Affairs, de Lagos, a rappelé que le Sud-Sahara marocain avait par le passé un des pires indices de pauvreté pendant des décennies, le niveau de vie y ayant été très faible. Aussi a-t-il loué l’action du Maroc, dont le plan d’autonomie constitue un modèle, sur lequel le Front POLISARIO devrait s’aligner.

Mme CYNTHIA BASINET, artiste nominée pour le prix Nobel de la paix et militante du changement social, a tenu à préciser qu’elle avait visité les camps de réfugiés sahraouis 20 ans avant les attentats du 11 septembre. Depuis, son nom et ses photos continuent d’apparaître sur les réseaux sociaux, a-t-elle expliqué, avant de dénoncer l’idée selon laquelle les problèmes du monde vont être réglés par les « riches et célèbres », en occultant la voix des personnes directement concernées, les Sahraouis dans ce cas. « Nous avons créé un monde qui nie les droits des 99,99%, et vous vend à la place de la culture pop, des marques et des armes », s’est-elle indignée. Outrée, elle a demandé que la jeunesse saharienne puisse plaider sa cause ici, à l’ONU, en rappelant aux États Membres « que lorsqu’ils plaident leur cause, ils plaident celle des 99,99% ».

M. MOHAMMED AHMED GAIN, de African Institute for Peacebuilding and Conflict Transformation, a attiré l’attention sur la situation dangereuse dans les camps de Tindouf ainsi que les actions provocatrices menées par le Front POLISARIO, qui sapent les efforts de la communauté internationale pour trouver une solution politique au conflit. Il est revenu sur les inaugurations historiques de consulats généraux par 16 pays ainsi que sur la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Royaume du Maroc sur son Sahara. L’heure est à la reprise du processus politique dans le cadre exclusif du Conseil de sécurité, a conclu le pétitionnaire.

Mme YVONNE LODICO, la représentante de Grace Initiative Global, a rappelé que le Comité spécial considérait le Sahara occidental comme un territoire non autonome en attente d’être décolonisé et que l’ONU avait réaffirmé le droit du peuple sahraoui à son autodétermination, y compris l’option de l’indépendance. Elle a aussi souligné que la MINURSO devrait également recevoir pour mandat de signaler les violations des droits de la personne commises sur ce territoire.

M. ZINE EL AABIDINE EL OUALI, de African Forum for Research and Studies in Human Rights, a estimé que l’ouverture de consulats dans de nombreuses villes du « Sahara marocain » représente la manière la plus solennelle pour les États d’exprimer leur solidarité avec les revendications légitimes du Maroc et de « dénoncer les convoitises hégémoniques qui visent l’intégrité territoriale de notre pays ». La liste des consulats qui s’ouvrent dans le Sahara marocain ne cesse de s’allonger au fil des semaines, beaucoup de pays à travers le monde n’attendant que l’occasion propice pour franchir le pas, a-t-il ajouté. Le pétitionnaire a également noté que si la majorité « écrasante » des pays africains « s’oppose aux velléités séparatistes qui guettent le Sahara marocain », la présence de « l’entité fantomatique des séparatistes au sein de l’Union africaine constitue une aberration flagrante ».

M. YOUSSOUF COULIBALY, de l’Université de Bamako, a regretté que depuis un demi-siècle, la communauté internationale assiste passivement au développement de la plaque tournante du crime organisé que sont devenus les camps de Tindouf sous contrôle du Front POLISARIO. Cela a un impact sur le développement des pays de la sous-région, a-t-il souligné, et affecte leur tissu économique. Toutes les formes de criminalité transnationale sont observées dans la zone du Sahara: trafics de drogues, d’armes, traite humaine, prise d’otages, actes de terrorisme et cybercriminalité. Par ailleurs, la MINURSO doit prioriser la sécurité humaine sans pour autant abandonner le processus politique, a estimé M. Coulibaly, en appelant l’ONU et la communauté internationale à opter pour la solution, proposée par le Maroc, d’autonomie élargie pour le Sahara occidental.

Mme SHERRY ERB, de Erb Law, a déclaré que, dès que les camps de Tindouf ont été installés en 1975, le Front POLISARIO y a assumé un pouvoir complet « sans aucun contrôle extérieur ou interne ». Cette situation distingue les camps sahraouis de la plupart des camps de réfugiés sous tutelle de l’ONU à travers le monde, a assuré la pétitionnaire. Pourquoi l’ONU permet-elle à un groupe militaire de gérer des personnes sans avoir de comptes à rendre? a demandé Mme Erb. À ce jour on ne sait combien de personnes reçoivent de l’aide dans ces camps; or, si le Front POLISARIO donnait un décompte, il ferait au moins preuve de bonne foi pour régler l’affaire au plus vite. En attendant, on a permis au Front POLISARIO de gouverner les camps pendant des décennies et même de se présenter comme État, « ce qu’il n’est pas ». Le Front POLISARIO n’a même pas de statut d’observateur à l’ONU, a relevé la pétitionnaire, cependant, ses représentants continuent de s’entretenir avec des chefs d’État pour obtenir un soutien en se présentant comme un pays indépendant qui a perdu ses droits légaux sur le Sahara occidental. L’intervenante a conclu en demandant que des agences extérieures vérifient les conditions de vie dans les camps et interrogent leurs résidents.

M. PABLO DE LA VEGA, Asociación Ecuatoriana de Amistad con el Pueblo Saharaui, a attiré l’attention sur la situation dramatique du peuple sahraoui qui vit dans le Sahara sous contrôle marocain. Il a rappelé que cela fait 40 ans que le Comité spécial des Vingt-Quatre a été créé et que la Cour internationale de Justice a conclu à l’absence de lien de souveraineté entre le Maroc et le territoire du Sahara occidental. Il a déploré que le référendum d’autodétermination auquel s’était engagé le Roi Hassan II n’ait toujours pas été organisé et que se poursuivent les violations des droits humains des Sahraouis par les forces de sécurité du Maroc.

Mme FATIMETU BACHIR JATRI EMHAMED, de Peace and Justice Center in Decorah, Iowa, s’est dite fatiguée de l’absence d’action de la Commission face à la situation au Sahara occidental. Je perds espoir comme beaucoup de Sahraouis, a ajouté la pétitionnaire. Chaque année, je me demande si je dois venir alors que chaque année la Commission adopte toujours la même résolution, a-t-elle poursuivi. « Mettez-vous à la place des Sahraouis. Ressentez-vous leur souffrance? » s’est interrogée Mme Emhamed. Mais nous sommes résilients, a-t-elle assuré, avant de dénoncer l’occupation marocaine. Notre éducation est inutile à cause de l’occupation. Mais nous sommes prêts à tout sacrifier. Tout, a insisté la pétitionnaire, car nous n’avons rien à perdre. Nous n’avons plus confiance en l’ONU et en la France qui soutient le Maroc, a ajouté l’intervenante, qui a demandé une enquête sur les abus des droits humains par le Maroc et l’organisation d’un référendum au Sahara occidental.

Mme SALKA BARCA, de Karama Sahara, a jugé cette séance inutile, estimant qu’il n’y a ni paix ni justice sous occupation marocaine. « Je vous demande donc que l’occupation du Sahara occidental prenne fin. Le temps nous est compté. La population perd patience. » « En 40 ans notre souffrance s’est prolongée », a plaidé l’intervenante, avant d’exiger des preuves sur les accusations de terrorisme entendues ici et là contre le Front POLISARIO.

M. ANDRES RODRIGUEZ, de John Jay College of Criminal Justice, a déclaré avoir entendu parler des problèmes qui se poseraient dans les camps de réfugiés. Même s’ils étaient avérés, est-ce un argument suffisant pour envahir un pays? s’est-il demandé. En fait, l’enceinte où délibérer de cette question devrait être le Conseil de sécurité, a-t-il déclaré. Pour qu’un État soit reconnu, il faut un territoire, un peuple et une organisation politique. Pourquoi ne pas demander aux Sahraouis eux-mêmes s’ils veulent vivre sous occupation ou s’ils veulent gérer leur territoire eux-mêmes? a-t-il conclu.

Mme KHADIJA EZAOUI, de African Forum of Research and Studies in Human Rights, a déclaré parler au nom de nombreuses femmes sahraouies qui vivent au Sahara, et a expliqué que la région connaissait une dynamique de développement unique, à laquelle les femmes sahraouies contribuaient efficacement. Le nouveau modèle de développement du Sahara marocain, doté d’un budget de 8 milliards de dollars a été adopté après de larges consultations avec la population locale, a-t-elle ajouté, avant d’appeler la communauté internationale à sauver les populations des camps des horreurs du « Polisario » et de leur donner la liberté de retourner dans leur patrie, le Maroc.

Mme ROMINA PERINO a déclaré que sa première visite dans les camps sahraouis remonte à 2017. Or, le Maroc continue de raconter que ces camps sont dangereux, a relevé l’oratrice, qui a assuré que c’est faux. Depuis que le Maroc a rompu le cessez-le-feu, de nombreuses familles ont dû fuir le Sahara occidental, a-t-elle dit. L’occupation du Maroc a fait des Sahraouis des réfugiés dans leur propre pays, a-t-elle déploré, avant de dire qu’ils attendent de pouvoir participer à un référendum d’autodétermination.

M. AHMED MOHAMMED FALL, de CODESA, a fait remarquer que le cadre légal et les résolutions du Comité spécial des Vingt-Quatre, du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale reconnaissent le droit à l’autodétermination des Sahraouis depuis des décennies et pourtant, son peuple n’a toujours pas pu l’exercer. M. Fall a demandé à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités et de sélectionner une date pour le referendum d’autodétermination. Il a également demandé la levée du blocus du Sahara occidental ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis. Le pillage des ressources naturelles du Sahara doit également cesser, a ajouté le pétitionnaire.

M. El MAHJOUB MALIHA, du « Sahara occidental occupé », a rappelé que ce territoire est inscrit sur la liste de la Quatrième Commission depuis 1975. Il a dénoncé l’occupation brutale qui fait des points de passage une réalité quotidienne. Pour l’orateur, le sort des Sahraouis repose aujourd’hui dans les mains du Conseil de sécurité. C’est le Front POLISARIO et non le Maroc qui a la légitimité de défendre les intérêts des Sahraouis, a-t-il martelé en expliquant que son peuple commence à perdre sa foi en l’ONU. « Ma population veut une situation pacifique », avec la création de mécanismes pour superviser le respect des droits humains et le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental.

Mme FATMA EL GHALIA CHARRADI, Association féminine pour le développement durable, a affirmé que les Sahraouis ont toujours été pro-marocains. Plus de 85% des Sahraouis se trouvent au Sahara marocain et ont élu leurs représentants librement, a-t-elle rappelé. Ce n’est pas le cas des habitants des camps de Tindouf qui sont privés du droit de vote et victimes de torture, de viols et de disparitions forcées. Le chef du Front POLISARIO, qui a été expulsé d’Espagne, a regagné les camps de Tindouf qui est une « zone de non-droit ». Il n’y a même pas de recensement de la population dans ces camps, s’est émue la pétitionnaire, qui a appelé la Commission à regarder la vérité en face: il existe une minorité qui souffre et une majorité qui a parcouru le chemin du développement et de la démocratie.

M. BRAHIM EL AHMADI a rappelé que le dernier scrutin législatif au Sahara marocain a connu un succès massif auprès des Sahraouis à Laâyoune et Dahla. Aujourd’hui, les Sahraouis gèrent leurs propres affaires, ce qui constitue un revers cinglant pour les séparatistes et démontre la « faillite » du Front POLISARIO.

Mme GHALLA BAHIYA, du Conseil Régional de Dakhla-Oued Eddahab, a estimé que la grande majorité des Sahraouis qui se sont rendus aux urnes pour voter ne doivent pas avoir leur choix dicté par une minorité menée par le Front POLISARIO. Ces élections sont une étape vers une structure locale, a-t-elle déclaré. Sa Majesté le Roi du Maroc, qui supervise le processus, a dit que le progrès passe par une approche décisive visant à moderniser les structures publiques

M. EL FADEL BUA DA MOHAMED, de Human rights defenders, a raconté avoir été torturé en représailles dans des camps de détention pendant six mois, pour avoir dénoncé les pratiques du Front POLISARIO, dont les actes d’esclavage, entre autres. Malheureusement, a-t-il dit, j’ai remarqué qu’il n’y a pas suffisamment de personnes qui s’expriment depuis les camps et beaucoup d’étrangers qui parlent en leur nom. Les milices armées y imposent leur programme par la force et la situation dans les camps ne fait qu’empirer, a argué le pétitionnaire. La violation de l’accord du cessez-le-feu montre bien que les terroristes sont du côté du Front POLISARIO, a-t-il ajouté en conclusion.

Mme CARMEN JOHNS, ancienne chargée d’affaire de la MINURSO, est venue témoigner de la situation sur place à Laâyoune en évoquant une série de drapeaux marocains, mais aussi des graffitis et des drapeaux du Front POLISARIO dans les quartiers pauvres soigneusement effacés et enlevés par la police marocaine « qui est partout à Laâyoune ». Elle a également témoigné d’un incident où deux voyous marocains auraient maltraité des Sahraouis sous les yeux de la police marocaine.

M. RAFAEL JORGE ESPARZA MACHÍN, de l’Asociación de Amistad y Cooperación Canario-Marroquí, a affirmé que le Sahara a toujours fait partie intégrante du Maroc, regrettant que la situation au Sahel-Sahara soit devenue de plus en plus compliquée et dangereuse ces dernières années avec la présence de groupes terroristes islamistes, notamment dans les camps de Tindouf. Il a estimé que la seule solution viable pour ce territoire reste la large autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine, « comme celle des Canaries » dont il est originaire.

Mme ERIKA PATRICIA BOTERO VARGAS, de Derechos Humanos Sin Fronteras, a salué la volonté de paix témoignée par le Gouvernement marocain, qui a adopté des mesures économiques et politiques en faveur du Sahara occidental. Elle a regretté les maladresses de certains acteurs étrangers, en notant que l’Union européenne a souhaité primer une personne qui appelle ouvertement à la lutte armée au Sahara occidental. Elle a aussi relevé que 25 dirigeants du Front POLISARIO sont aujourd’hui accusés de crimes contre l’humanité par des juridictions espagnoles.

M. JUAN CARLOS MORAGA, de Rehabilitación y Esperanza, a fait part de sa profonde préoccupation face aux récents événements au Sahara. Alors que certains acteurs du Front POLISARIO sont poursuivis pour crimes contre l’humanité devant les tribunaux espagnols, ils sont dans le même temps soutenus par un pays du Maghreb, l’Algérie, État Membre des Nations Unies. Ce pays déforme la réalité en parlant de colonialisme pour résoudre une soi-disant crise du Sahara, a soutenu le pétitionnaire. Or, le peuple sahraoui a manifesté sa volonté lors des dernières élections, dont la forte participation leur donne valeur de référendum, a-t-il estimé.

M. JEROME BESNARD, enseignant français en droit public, a salué la dynamique démocratique qui s’est exprimée lors des élections de septembre 2021, qui résulte selon lui de la réussite institutionnelle du processus marocain de décentralisation et d’investissements massifs pour développer le Sahara et le sentiment d’une appartenance de la population de ses provinces à un destin partagé avec la nation marocaine. Le pétitionnaire a ajouté que les dernières élections ont été conduites avec la participation de 129 observateurs internationaux et 4 000 observateurs nationaux. Il a estimé en conclusion que le succès de ces élections a démontré que seule la souveraineté du Maroc est garante du droit à l’autodétermination de la population des provinces du Sahara.

Mme FERNANDEZ PALACIOS (Cuba) s’est dit heurtée par la déclaration faite par le pétitionnaire Zardini, qui a cité Cuba dans le cadre « d’un cas de lavage de cerveau ». Le pétitionnaire doit faire allusion aux programmes d’étude au titre desquels le Gouvernement cubain propose des formations aux territoire non autonomes, a-t-elle ironisé, en expliquant que ces programmes sont notamment fondés sur l’humanisme, « ce que le pétitionnaire semble ignorer ». Cuba a déclaré s’opposer à ce que le dialogue avec les pétitionnaires de la Quatrième Commission soit instrumentalisé à des fins politiques contre certains pays.

Nations Unies, 07/10/2021