L’Espagne entame l’agrandissement du gazoduc Medgaz

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-Le gouvernement oblige les sociétés de négoce à augmenter leurs réserves de gaz de 70%
-La capacité de transport quotidienne augmente et devrait l’augmenter de 20 % cette année
-Exteriors se rend aujourd’hui à Alger avec Llardén et Bassolas

Naturgy et Sonatrach viennent de mettre en service une première augmentation de capacité de Medgaz. Selon Enagás, le responsable technique du système, la capacité physique d’entrée de la connexion internationale d’Almería est passée de 325 GWh/jour à 338 GWh/jour.

Cette augmentation n’est qu’un apéritif de la forte augmentation que cette canalisation qui relie l’Espagne et l’Algérie va enregistrer, de manière prévisible, avant la fin de l’année où elle augmentera sa capacité de 2 Gm3, soit 25% de plus, pour dépasser les 10 Gm3/an.

Cette prochaine augmentation ne permettra d’alimenter qu’une petite partie d’une coupure du Maghreb Gas Pipeline, qui à 13,5 Gm3/an est la plus grande interconnexion gazière que possède l’Espagne avec l’Algérie.

L’activation de l’extension, convenue en juin, renforcera l’alliance stratégique entre Naturgy et Sonatrach. La compagnie algérienne, en plus d’être le principal fournisseur de gaz de l’Espagne, est le quatrième actionnaire de Naturgy avec une participation de 4 %.

C’est précisément aujourd’hui que le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, se rend avec le président d’Enagás, Antonio Llardén, et le directeur de la stratégie de Naturgy, Antoni Bassolas, à Alger pour tenter de faciliter les relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc et poursuivre l’approvisionnement en gaz. du gazoduc du Maghreb.

La semaine dernière, le ministre Albares a profité de la rencontre organisée par les Nations unies à New York pour entretenir des contacts bilatéraux avec les deux gouvernements, comme l’indique The Economist. Le voyage en Algérie devient ainsi la première étape pour tenter de parvenir à un accord et son succès dépendra d’un deuxième voyage, qui pour le moment n’a pas de date, au Maroc.

Début septembre, le directeur de la stratégie de Naturgy, Antoni Bassolas, participait déjà à des réunions de haut niveau au Maroc en vue du maintien de l’approvisionnement en gaz par cette canalisation, une activité qui rapporte à Naturgy de l’ordre de 70 millions par année, mais qui est l’une des principales voûtes d’approvisionnement de l’Espagne avec les usines de regazéification.

Le projet Medgaz a été attribué en 2006 par l’Etat algérien pour une durée de 35 ans (jusqu’en 2041), prorogeable pour une période supplémentaire de 15 ans.

Fin 2019, Naturgy a transformé sa participation de 14,95 % dans Medgaz en une participation stratégique de 49 %, après avoir racheté 34,05 % à Mubadala via un véhicule spécial (SPV). Plus tard, en mars de l’année dernière, la société a fermé son entrée dans le SPV avec BlackRock.

Ainsi, Medgaz est actuellement détenue par Sonatrach (avec une participation de 51%) et Naturgy (avec les 49% restants, via le SPV auquel BlackRock participe) où il existe un pacte d’actionnaires qui leur accorde le contrôle conjoint du gazoduc.

Forfait hiver

Le gouvernement a également approuvé cette semaine le plan hivernal qui oblige les commerçants à augmenter les réserves de gaz pour éviter un manque d’approvisionnement, comme l’a annoncé ce journal.

Le ministère de la Transition écologique a décidé de durcir notablement le plan dit Hiver -qui n’a pas été actualisé depuis 2017- et obligera les agents de la filière à augmenter leurs réserves de plus de 70% pour janvier par rapport à une première ébauche en dont il a à peine augmenté de 28%. Ainsi, l’obligation de stockage de gaz passera des 3,5 jours qui étaient en vigueur aux 5,5 jours qui seront obligatoires pour janvier. Le ministère impose également quatre jours pour novembre et décembre ; quatre jours en février et 1,5 jour en mars.

Actuellement, les réserves de gaz en Espagne se situent dans la moyenne européenne, c’est-à-dire de l’ordre de 71% et sont bien en deçà des 90% habituels atteints à ce stade de l’année. La situation de l’approvisionnement en gaz est donc compliquée dans un contexte de forte demande mondiale.

El Economista, 30/09/2021