Dialogue interactif informel sur la coopération entre l’ONU et la Ligue Arabe

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Dialogue interactif informel sur la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes

Demain (22 septembre), les membres du Conseil de sécurité tiendront un dialogue interactif informel (IID) sur la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes (LEA). Simon Coveney, ministre irlandais des affaires étrangères et ministre de la défense, présidera la réunion. Les intervenants attendus sont le sous-secrétaire général pour le Moyen-Orient, l’Asie et le Pacifique, Khaled Khiari, et le secrétaire général de la LEA, Ahmed Aboul Gheit. L’Algérie, l’Arabie saoudite et la Tunisie, membre du Conseil, les membres de la troïka du sommet arabe – un groupe de trois pays en rotation qui surveillent la mise en œuvre des résolutions et des engagements adoptés par la LEA – devraient participer au niveau ministériel.

Contexte

Au cours de la dernière décennie, le Conseil de sécurité a cherché de plus en plus à améliorer et à renforcer sa coopération avec les organisations régionales et sous-régionales. Le chapitre VIII de la Charte des Nations unies encourage le règlement pacifique des différends locaux par des arrangements ou des organismes régionaux, pour autant que leurs efforts soient compatibles avec les principes et les objectifs des Nations unies, tandis que la note 507 sur les méthodes de travail du Conseil souligne l’importance d’une coordination et d’une interaction accrues entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales. Parallèlement à l’accroissement de la coopération avec les organisations régionales, les réunions sur les relations avec diverses organisations régionales et sous-régionales, telles que l’Union africaine (UA) et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), sont devenues un élément régulier du programme de travail du Conseil.

La nécessité de renforcer la coopération entre le Conseil de sécurité et la LEA a été mise en évidence pour la première fois pendant la présidence allemande du Conseil en septembre 2012, lorsqu’elle a organisé une réunion de haut niveau sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient, en mettant l’accent sur les relations du Conseil avec la LEA. Lors de cette réunion, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle qui reconnaissait la contribution de la LEA à la résolution pacifique des conflits au Moyen-Orient et exprimait la détermination du Conseil à prendre des mesures efficaces pour renforcer la coopération entre les deux organes. En mai 2016, le Conseil a tenu sa première réunion consultative avec les membres du Conseil de la LEA – le principal organe politique et décisionnel de la Ligue qui est composé de représentants des 22 États membres de la LEA – au Caire lors de sa mission de visite en Égypte, au Kenya et en Somalie.

La relation entre le Conseil et la LEA a également été discutée pendant la présidence koweïtienne du Conseil en juin 2019, lorsque les membres du Conseil se sont réunis pour un briefing de haut niveau sur la coopération entre le Conseil et la LEA. Cette réunion d’information a eu lieu en même temps que l’ouverture d’un bureau de liaison de l’ONU auprès de la LEA au Caire. Dans une déclaration présidentielle adoptée lors de cette réunion, le Conseil a encouragé la tenue d’un briefing annuel par le Secrétaire général de la LEA et d’une réunion informelle annuelle entre les membres du Conseil de sécurité et les membres du Conseil de la LEA.

Le dernier briefing annuel du Secrétaire général de la LEA a eu lieu pendant la présidence tunisienne du Conseil en janvier. Une déclaration présidentielle adoptée lors du briefing a encouragé la tenue d’une réunion informelle entre le Conseil et les représentants de la Troïka du Sommet arabe et le Secrétaire général de la LEA en marge du segment de haut niveau de l’Assemblée générale. La LEA a exprimé son soutien à une telle réunion lors de sa 155ème session ordinaire le 3 mars.

Dialogue interactif informel

La Tunisie a préparé une note conceptuelle en vue de la réunion de demain, qui indique que le DII sera l’occasion pour les membres du Conseil de discuter des moyens concrets de renforcer la coopération entre le Conseil de sécurité et la LEA. La réunion vise également à servir de plateforme pour partager des évaluations et développer des solutions efficaces aux conflits et aux crises auxquels le Moyen-Orient est confronté.

Aboul Gheit, qui a été reconduit au poste de secrétaire général de la LEA pour un mandat supplémentaire de cinq ans le 8 septembre, devrait informer le Conseil de plusieurs décisions clés prises par la LEA lors de sa 156e session ordinaire, qui s’est tenue le 9 septembre. Il pourrait noter que la question palestinienne reste au centre des préoccupations, compte tenu notamment de la situation sécuritaire instable dans la bande de Gaza et de la poursuite des activités de colonisation en Cisjordanie. Il est probable qu’Aboul Gheit réaffirmera le soutien de la LEA à une solution à deux États, dans les frontières de juin 1967, comme condition préalable à la paix dans la région.

L’établissement de liens ouverts et cordiaux entre Israël et plusieurs États arabes du golfe Persique est apparu comme une dynamique importante parmi les membres de la LEA. Fin 2020, Bahreïn et les Émirats arabes unis (EAU) ont accepté de normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël dans le cadre d’un accord négocié par les États-Unis, connu sous le nom d’accords d’Abraham. En réponse, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad al-Maliki, a annoncé que l’Autorité palestinienne cédera son tour de présidence tournante du Conseil de la LEA en 2021, arguant qu' »il n’y a aucun honneur à voir les Arabes se précipiter vers la normalisation pendant sa présidence ». Lors de la réunion de demain, l’Arabie saoudite devrait insister sur la nécessité de promouvoir l’initiative de paix arabe, proposée par Riyad en 2002 et approuvée par la LEA cette année-là, puis réaffirmée en 2007. Elle stipule qu’une paix globale et une normalisation des relations avec Israël doivent être précédées de la fin de l’occupation par Israël des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.

D’autre part, les États-Unis devraient encourager davantage de pays à normaliser leurs relations avec Israël lors de la réunion de demain. Lors d’un événement marquant la signature des accords d’Abraham, le 17 septembre, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a présenté un plan visant à « élargir le cercle de la diplomatie pacifique » avec Israël, affirmant que cela est « dans l’intérêt des pays de la région et du monde entier ».

M. Khiari devrait discuter des défis auxquels la région est confrontée en raison de la pandémie de COVID-19. Selon le dernier rapport biennal du Secrétaire général sur la coopération entre l’ONU et les organisations régionales, publié le 11 septembre 2020, le partenariat entre l’ONU et les organisations régionales a « pris une importance encore plus grande dans le contexte de [la pandémie de COVID-19], qui exige une réponse collective, coordonnée et unifiée de toutes les régions ». Il pourrait décrire plusieurs domaines de coopération entre l’ONU et la LEA, notamment en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et les questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité.

Lors de la réunion de demain, les membres du Conseil sont susceptibles de souligner l’importance de la coopération entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales et les mérites d’une coopération accrue avec la LEA. Certains pourraient également noter la nécessité de renforcer la coordination trilatérale entre l’ONU, l’UA et la LEA sur les questions de paix et de sécurité transrégionales. Ces membres peuvent se référer à la neuvième réunion de coopération générale entre la Commission de l’UA et la LEA, qui s’est tenue le 1er février, au cours de laquelle il a été question de la nécessité de renforcer le partenariat Afrique-Arabe dans le contexte des négociations sur la Libye, le Soudan, la Somalie et le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD).

Les membres sont également susceptibles de soulever plusieurs situations régionales qui sont à l’ordre du jour du Conseil et de discuter du rôle de la LEA dans leur traitement. Certains pourraient saluer la contribution de la LEA au soutien des efforts de l’ONU en Libye, en notant sa participation active au Comité international de suivi sur la Libye et sa coprésidence du groupe de travail politique du comité. En outre, certains membres peuvent mettre en avant la situation au Liban, se félicitant de la récente formation du nouveau gouvernement libanais le 10 septembre, qui constitue une étape importante vers la fin de la crise politique prolongée du pays et le rétablissement de la stabilité économique. Ils peuvent également discuter de la détérioration de la situation humanitaire en Syrie et au Yémen, ainsi que des problèmes plus larges auxquels la région est confrontée, tels que le changement climatique et la pénurie d’eau.

Source: Security Council Report, 21/09/2021