Algérie : «Bouteflika? Connais pas!»

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par Madjid Khelassi

Ils étaient si nombreux qu’ils faisaient foule…les courtisans de Bouteflika vivant, valide et pétaradant.

On pourrait en faire un méga-inventaire avec les ministres, les secrétaires, les laudateurs, les zélateurs, les serviteurs, les profiteurs, les aigres-fins, les opportunistes, et les sous-fifres du système Boutef, qu’on ne pourrait les entasser tous dans un seul registre.

Suite à son décès, tout le monde pensait qu’on entendrait quelques voix murmurant un hommage, une prière, quelques furtives condoléances, pour celui que ce joli linge appelait Fakhamatou (son excellence).

Pusillanimité ? Trouille de se faire cataloguer? Ingratitude lyophilisée? Lâcheté d’assumer un passé pas si loin?

La cohorte des courtisans de Boutef a les chocottes …des ex alliés indignes.

Djaout disait toujours :« Si tu dis tu meurs, , si tu dis pas tu meurs, alors dis et meurs ».

Hier à El Allia et ailleurs, les ex profiteurs du système Bouteflika, étaient morts de trouille sans avoir rien dit. Cela pourrait s’intituler : « Bouteflika ? Connais pas !».

Tellement, tout se fige, dans l’oubli délibéré …des courbettes, des gardes-à-vous , des sourires fabriqués, des postures obséquieuses , des brosses dans le sens du cil, et de l’à plat-ventrisme.

De par le monde, les politiques, comme les courtisans, assument ad vidam aeternam, leur alliance , leur soutien, leur fidélité, voire leur allégeance à leur leader.

C’est l’essence même de l’engagement moral dans une entreprise politique quelle qu’elle soit.

Les ex affidés de Boutef, fragiles de trop de lâcheté et de pusillanimité, furent muets comme des carpes pendant l’intervalle entre sa mort et son enterrement.

Oublieux qu’ils furent pendant 20 ans sur le même pont que l’ex chef de l’Etat, ils s’effacèrent si hideusement jusqu’à oublier le mode d’emploi…de l’obligé face à son faiseur.

Ils sont où les ministres, les walis, les cadreurs, les chauffeurs de salles, et les commis- cochers des attelages équestres offerts à Fakhamatouhou, se demande la rue?

Et si Boutef, n’était qu’une apparition furtive dans la galaxie politique algérienne, faite de piètres bouffons , qui brûlent en une journée, ce qu’ils ont vénéré pendant 20 ans ? On n’est pas loin.

La Nation, 22/09/2021