Algérie: Des chiffres et des maux

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Comme il fallait bien s’y attendre, les débats à l’assemblée populaire nationale (APN) entamés lundi sur le Plan d’action du gouvernement, présenté par le Premier ministre, Aïmen Benabderrahmane, ont sombré dans un fastidieux ronron qui n’éclaire pas vraiment sur les projections économiques et sociales du gouvernement.

Pour cause, le document-programme de 89 pages du Premier ministre s’apparente à une enfilade de promesses et d’ambitions théoriques certes bonnes à entendre mais qui ne vont pas être forcément tenues. Et pour certaines, on ne connait même pas les délais de concrétisation.

Il est connu de par le monde, qu’un programme de gouvernement est censé être accompagné d’un chiffrage plus au moins exhaustif et naturellement de délais que celui ci se donne pour réaliser ses projets. Or, une lecture sommaire du Plan de Aïmene Benabderrahmane renseigne sur le fait qu’il pèche par un manque criant de chiffres, de données et de délais.

De nombreux députés dont une bonne partie soutient pourtant le programme du président Tebboune, n’ont pas manqué de souligner justement l’absence de chiffres dans le plan du Premier ministre. Pis encore, certains reproches même au gouvernement de ne pas avoir donné suffisamment de temps aux élus pour mieux examiner le document.

Du coup, ce qui était censé être un débat d’idées fructueux sur la pertinence du plan du Premier ministre s’est transformé en une longue séance d’intervention sans relief où les préoccupations du douar ont pris le dessus sur le programme du gouvernement.

La majorité des députés de différents partis, faute de pouvoir souligner les « imperfections » du plan de Benabderrahmane, qu’ils n’ont visiblement pas lu, se sont rabattus sur des questions d’intérêt local, histoire d’honorer avec effet rétroactif les voix de ceux qui les ont élus.

En résumé, hier lors de la plénière de l’APN, au palais Zighoud, on a parlé des chiffres, ou plus exactement de l’absence de chiffres et des maux.

De la gestion de la pandémie du Covid-19, à la pénurie d’eau en passant par les logements et la hausse des prix, les députés ont hélas zappé le plan du Premier ministre qui sera tout de même, mis en application une fois adopté, on s’en doute, à l’écrasante majorité. Précisément, mis à part les députés du MSP qui ont fait de la résistance bien malgré eux, tous les autres donnaient la nette impression qu’ils ne vont pas s’opposer à l’adoption du projet.

L’APN, même humainement renouvelée, reste une chambre d’enregistrement où l’exécutif dicte ses lois.

Imane B.

L’Est Républicain, 15/09/2021